GéométrieNotion · Glossaire
trisecteur de Laisant
Le trisecteur de Laisant est décrit comme un mécanisme articulé destiné à réaliser mécaniquement la trisection d'un angle. Pour que cette fonction donne une sortie θ/3, il faut une géométrie complète et une loi cinématique établie ; les seuls parallélogrammes ne la garantissent pas. Ce dispositif a été inventé en 1875.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Repérer le côté mobile, les parallélogrammes articulés et la tige de sortie dans la structure du trisecteur.
- Présenter conditionnellement le rapport entre l'angle d'entrée et l'angle de sortie.
- Illustrer ce calcul conditionnel avec un angle d'entrée de 90°.
- Distinguer le modèle idéal des limites mécaniques.
En clair
Imaginez un petit assemblage de tiges reliées par des articulations. Dans une configuration précisément définie et dont la loi cinématique est établie, lorsque vous faites tourner un côté, une tige de sortie peut tourner dans le même mouvement, mais trois fois moins. Le mécanisme transforme alors un angle donné en une ouverture qui en représente exactement le tiers ; la description présente ici ne permet pas, à elle seule, de vérifier cette loi.
Le résultat ne vient pas d'une estimation visuelle. Il vient de la géométrie complète du dispositif et de ses contraintes de liaison ; des parallélogrammes articulés pris isolément ne suffisent pas à garantir ce rapport.
Définition
Le trisecteur de Laisant est un mécanisme plan composé de parallélogrammes articulés. Dans cette fiche, cette description sert à présenter une propriété conditionnelle : elle ne suffit pas à établir qu'une rotation d'entrée est transmise à une tige avec un rapport angulaire de trois à un. Sans géométrie complète ni loi cinématique démontrée pour la configuration considérée, on ne peut pas conclure que l'angle de sortie vaut .
La notion s'applique donc à la construction mécanique d'un tiers d'angle, et non à une construction réalisée uniquement à la règle et au compas. Pour repérer la configuration, on distingue le côté mobile qui reçoit l'angle, le système de parallélogrammes articulés qui relie les tiges et la tige déterminée qui porte la sortie. Les directions de référence sont leurs positions initiales : on lit l'angle d'entrée et l'angle de sortie par rapport à ces directions. Les parallélogrammes imposent les relations de direction entre les tiges ; les articulations autorisent leur mouvement.
Une relation θ/3 ne peut être dite exacte que dans un modèle géométrique dont les points fixes, les directions et les contraintes sont explicitement définis et dont la loi est établie. En pratique, une telle relation suppose aussi un assemblage correctement articulé et une lecture des directions sans jeu mécanique notable. Le trisecteur ne prétend pas rendre constructible à la règle et au compas toute trisection : il change le type d'instrument disponible.
Un exemple, pas à pas
Pour illustrer le calcul associé à la propriété annoncée, considérons un angle d'entrée de 90°. Il s'agit d'un exemple conditionnel, et non d'une démonstration du mécanisme : on utilise les données suivantes : l'angle d'entrée vaut 90° ; le rapport de transmission angulaire est de trois à un ; la tige déterminée porte l'angle de sortie.
L'angle à transmettre est 90°.
Le rapport demandé est un tiers.
L'angle de sortie vaut 90° ÷ 3 = 30°.
La tige déterminée doit donc s'écarter de 30° par rapport à sa direction de référence.
Le rapport demandé est un tiers.
L'angle de sortie vaut 90° ÷ 3 = 30°.
La tige déterminée doit donc s'écarter de 30° par rapport à sa direction de référence.
Le contrôle consiste à multiplier l'angle de sortie par trois : 30° × 3 = 90°. Le résultat retrouve exactement l'angle d'entrée ; dans ce calcul sous hypothèse, la trisection mécanique donne un angle de sortie de 30°, sans établir à elle seule la loi du mécanisme.
En pratique
Pour examiner un trisecteur de Laisant, repérez d'abord le côté mobile qui reçoit l'angle, le système de parallélogrammes articulés qui relie les tiges et la tige déterminée qui porte la sortie. Prenez leurs positions initiales comme directions de référence. Avec les seules données de cette fiche, vous pouvez contrôler le calcul d'un cas annoncé, par exemple 90° et 30° ; pour mesurer un dispositif réel en faisant varier l'ouverture, il faut disposer de sa configuration géométrique explicitement définie. Dans les deux cas, une mesure ne remplace pas l'établissement de la loi du mécanisme.
Pour une démonstration pédagogique, un rapporteur permet de contrôler les angles obtenus. Il sert à vérifier le résultat annoncé par la configuration complète ; il ne remplace pas la loi de transmission géométrique établie pour cette configuration.
Pour une construction purement géométrique, on choisit une autre méthode lorsque les instruments autorisés excluent les mécanismes articulés. Le critère observable est alors la liste des instruments admis, et non la seule possibilité de mesurer le résultat.
À ne pas confondre
Le trisecteur de Laisant ne doit pas être confondu avec une trisectrice au sens géométrique. Le trisecteur est un dispositif matériel articulé ; une trisectrice est une courbe ou une construction géométrique permettant, selon sa définition, d'obtenir la trisection d'un angle. Le cas qui tranche est la présence d'un assemblage de tiges et d'articulations.
Il ne faut pas non plus l'assimiler à une simple règle graduée ou à un rapporteur. Ces instruments indiquent ou mesurent une ouverture ; le trisecteur transmet une rotation selon une relation géométrique imposée par sa structure.
Limites et pièges
Dans une configuration cinématique précisément définie et dont la loi est établie, le rapport θ/3 décrit le modèle géométrique du mécanisme. Les angles doivent être mesurés entre les mêmes directions de référence, l'une liée à l'entrée et l'autre à la tige de sortie. Si une articulation prend du jeu, si une tige se déforme ou si les axes ne restent pas dans la disposition prévue, l'angle lu peut s'écarter de cette valeur. Le symptôme est un contrôle par rapporteur qui ne retrouve pas trois fois l'angle de sortie ; il faut alors vérifier l'alignement et les articulations. À défaut de géométrie et de loi explicites, ce contrôle ne suffit pas à établir le rapport.
Une autre confusion apparaît lorsqu'on parle de trisection sans préciser l'instrument. Dans la configuration géométrique définie et sous la loi cinématique démontrée, le trisecteur réalise mécaniquement le tiers d'un angle ; cette possibilité ne constitue pas une construction à la règle et au compas. Pour énoncer correctement le résultat, il faut toujours préciser le dispositif autorisé.
Le cas limite θ = 0° donne également 0° ÷ 3 = 0° : aucune ouverture n'est créée. Cette égalité décrit le rapport angulaire, mais elle ne suffit pas à identifier visuellement le mécanisme, puisque toutes les tiges peuvent alors rester dans une position superposée.
Pour aller plus loin
Pour prolonger l'étude, on peut comparer la transmission d'une rotation par un parallélogramme articulé avec celle d'autres mécanismes de géométrie plane. La question centrale devient alors : quelles contraintes de forme imposent un rapport angulaire donné, et dans quelle mesure les articulations conservent-elles cette relation pendant le mouvement ?
Cette piste mène à la cinématique, qui étudie les mouvements sans commencer par les forces. Elle permet de distinguer la loi idéale θ/3 propre à la configuration prévue du trisecteur des écarts introduits par les dimensions réelles, les frottements ou le jeu des pièces.
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