Histoire et cultureNotion · Glossaire
van der Waerden Bartel Leendert
Bartel Leendert van der Waerden (1903-1996) est un mathématicien néerlandais. Son traité Modern Algebra, publié à Berlin en 1930 et fondé sur les cours et travaux associés à Emmy Noether et Emil Artin, a exercé une influence durable sur l’algèbre abstraite ; la même année, il a résolu le quinzième problème de Hilbert sur les fondements algébriques de la géométrie énumérative de Schubert. Attention : « van der Waerden » peut aussi désigner une fonction ou plusieurs théorèmes ; le contexte précise alors le sens.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier le mathématicien et les étapes datées de son parcours.
- Relier Modern Algebra et le quinzième problème de Hilbert à l'algèbre abstraite et à la géométrie de Schubert.
- Distinguer la personne, la fonction de van der Waerden et les théorèmes homonymes.
En clair
En 1930, dans le contexte académique de Göttingen, un livre de mathématiques publié à Berlin devient une référence mondiale : Modern Algebra, associé à Bartel Leendert van der Waerden, Emmy Noether et Emil Artin. Cet épisode donne un visage concret à l'algèbre abstraite : une discipline où l'on étudie des structures et leurs relations, plutôt que des calculs isolés.
Van der Waerden n'est pourtant pas seulement l'auteur d'un traité. Sa trajectoire relie l'algèbre, la géométrie algébrique, la topologie, la théorie des nombres, la combinatoire et l'histoire des mathématiques. Son nom désigne aussi une fonction continue partout mais dérivable nulle part, ainsi que plusieurs théorèmes.
Définition
Bartel Leendert van der Waerden est un mathématicien néerlandais, né en 1903 et mort en 1996. Ses travaux touchent notamment l'algèbre, la géométrie algébrique, la topologie, la théorie des nombres et la combinatoire. Il a également consacré la fin de sa carrière à l'histoire des mathématiques.
Après des études à l'université d'Amsterdam, il soutient en 1926 une thèse de géométrie algébrique, Les fondements algébriques de la géométrie des nombres, sous la direction de Hendrik de Vries. À Göttingen, il rejoint le cercle constitué autour d'Emmy Noether et d'Emil Artin, puis y soutient son habilitation en 1928. Sa carrière se déroule principalement à Leipzig, Amsterdam et Zurich.
Son traité Modern Algebra, publié à Berlin en 1930, est un ouvrage de van der Waerden fondé sur les cours et travaux associés à Emmy Noether et Emil Artin. Il exerce une influence durable sur l'algèbre abstraite. La même année, van der Waerden résout le quinzième problème de Hilbert, consacré à une fondation algébrique rigoureuse de la géométrie énumérative de Schubert. Le nom de van der Waerden désigne aussi une fonction continue en tout point mais nulle part dérivable, ainsi que plusieurs théorèmes. Son refus d'adopter la nationalité allemande rend la période de la Seconde Guerre mondiale particulièrement éprouvante.
Un exemple, pas à pas
Le quinzième problème de Hilbert fournit un exemple historique du rôle de van der Waerden. La situation de départ est une géométrie énumérative : la géométrie de Schubert devait recevoir une fondation algébrique rigoureuse.
Les données sont les suivantes :
1. le domaine est la géométrie énumérative ;
2. le cadre visé est la géométrie de Schubert ;
3. la difficulté porte sur la rigueur de sa fondation ;
4. le problème est le quinzième de la liste de Hilbert.
1. le domaine est la géométrie énumérative ;
2. le cadre visé est la géométrie de Schubert ;
3. la difficulté porte sur la rigueur de sa fondation ;
4. le problème est le quinzième de la liste de Hilbert.
Pour appliquer ces indices à une occurrence, on relève d'abord les mots voisins. Dans « la géométrie de Schubert reçoit une fondation algébrique rigoureuse », « géométrie de Schubert » et « fondation algébrique » conduisent au quinzième problème de Hilbert ; la décision est donc de lire « van der Waerden » comme le mathématicien et son rôle historique, non comme la fonction ou un théorème homonyme. Le contrôle consiste à vérifier que le passage mentionne bien ces deux indices et le quinzième problème.
Le résultat historique attribué à van der Waerden est la résolution du quinzième problème de Hilbert en 1930. Le contrôle consiste à vérifier que l'on parle bien de ce problème et de cette géométrie, plutôt que de la fonction ou d'un autre théorème portant son nom.
En pratique
Pour découvrir l'algèbre abstraite par son histoire, Modern Algebra constitue le point d'entrée naturel de cette fiche. Le lecteur y cherche l'influence durable d'un traité publié à Berlin en 1930, plutôt qu'une biographie complète.
Pour situer un résultat de géométrie énumérative, le bon geste consiste à relever le contexte du quinzième problème de Hilbert. Cette piste est préférable lorsque le texte mentionne la géométrie de Schubert ou ses fondements algébriques.
Pour interpréter une occurrence du nom « van der Waerden », il faut observer le mot qui l'accompagne. « Fonction » renvoie à la fonction continue partout mais nulle part dérivable ; « théorème » renvoie à l'un des plusieurs théorèmes portant son nom ; le contexte biographique renvoie au mathématicien.
À ne pas confondre
Le nom du mathématicien ne se confond pas avec la fonction de van der Waerden. Le critère testable est le vocabulaire environnant : une phrase sur la continuité et la dérivabilité parle de la fonction ; une phrase sur Göttingen, Leipzig, Amsterdam ou Zurich parle de la personne.
Il ne faut pas non plus confondre le quinzième problème de Hilbert avec un théorème de van der Waerden. Le cas qui tranche est la présence de la géométrie énumérative de Schubert et d'une fondation algébrique : ces indices identifient le problème résolu en 1930, tandis que la mention d'un énoncé théorique demande de préciser le théorème concerné.
Limites et pièges
Le syntagme « van der Waerden » est ambigu lorsqu'il apparaît seul. Le symptôme est une phrase qui passe sans transition de la biographie à une propriété de fonction ou à un théorème. Il faut alors lire le domaine et les mots voisins avant d'attribuer le nom à une notion précise.
Il faut distinguer l'auteur du traité Modern Algebra de l'influence des cours et travaux de Noether et Artin. Cette influence ne permet pas, à elle seule, de déterminer la part exacte de chacun dans le traité. Pour une analyse historique plus fine, il faut une source dédiée plutôt que de déduire une répartition absente de cette fiche.
La chronologie comporte deux faits distincts en 1930 : la publication à Berlin de Modern Algebra, dans le contexte scientifique de Göttingen, et la résolution du quinzième problème de Hilbert. Les regrouper sous un seul résultat ferait disparaître cette différence ; le bon réflexe est d'associer l'année à chaque événement.
Pour aller plus loin
Le glossaire Algèbre permet de replacer Modern Algebra dans le domaine auquel le traité a durablement contribué : l'algèbre abstraite. Le lecteur y gagne un cadre conceptuel pour relire l'épisode de 1930.
L'article L'histoire des mathématiques autrement ouvre un prolongement sur la dimension historique mentionnée dans la fiche. Il aide à situer le choix de van der Waerden de consacrer la fin de sa carrière à l'histoire des mathématiques.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
