De Bézout pour les polynômes à l'intersection des coniques
Étienne Bézout est à l'origine de deux théorèmes. L'un est une généralisation de celui de Bachet des nombres entiers aux polynômes, l'autre concerne les points d'intersection des courbes algébriques. En fait, les deux sont liés, mais de façon subtile.
D'après le théorème de Bachet, si deux entiers relatifs a et b sont donnés et d est leur plus grand diviseur commun (ou pgcd), il existe deux entiers relatifs u et v tels que au + bv = d. Ce théorème se généralise aux polynômes car leur ensemble est également muni d'une division euclidienne. L'idée pour le démontrer est de considérer l'ensemble des polynômes de la forme A U + B V et, plus précisément, son élément de degré minimal, dont on démontre qu'il s'agit du pgcd de A et B (voir l'encadré). Cette démonstration débouche sur un algorithme de calcul consistant, à partir d'un polynôme de la forme A U + B V, à en déduire un autre, de degré inférieur, et à recommencer tant que cela est possible.
Prenons un exemple pour décrire l'algorithme d'Euclide permettant de déterminer un couple (U, V) tel que le degré de U soit strictement inférieur à celui de B, et le degré de V strictement inférieur à celui de A. Soit *A = 3X3 + 2X2 + 2 et B = X2 – 2. En divisant A par B, on obtient : A – B (3X + 2) = 6X + 6 puis, en divisant B par X + 1 : B = (X + 1)(X – 1) – 1*. On en déduit la relation de Bézout suivante :
A(X−1)+B(−3X2+X−4)=6.
On en tire que le pgcd de A et B est égal à 1, c'est-à-dire que A et B sont premiers entre eux.