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AnalyseObjet mathématique · Glossaire
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fonction de Brillouin

La fonction de Brillouin d'ordre J, pour J demi-entier strictement positif, donne à l'équilibre thermique l'aimantation normalisée d'un ensemble de moments magnétiques quantiques identiques et indépendants, en fonction du rapport entre énergie magnétique et énergie thermique. Elle relie ainsi le champ appliqué et la température à la saturation de l'aimantation.
Courbe de la fonction de Brillouin pour J égal à un demi La courbe rouge de tanh passe par trois points jaunes : moins un demi, zéro et un demi, et approche les plateaux moins un et un. x B₁/₂(x) 1 −1 B₁/₂(x) = tanh(x)
Pour J = 1/2, la courbe passe par (0, 0) et (ln(3)/2, 1/2), puis se rapproche du plateau 1.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le rôle de J, de x et des deux cotangentes hyperboliques dans la formule.
  • Calculer exactement B₁/₂(ln(3)/2) = 1/2 et contrôler ce résultat par deux voies.
  • Interpréter les plateaux de la courbe et la singularité seulement apparente en x = 0.
  • Distinguer le cas J = 1/2 de la limite classique J → ∞.
  • Relier la pente à l'origine, la saturation et l'imparité de la fonction.

En clair

Imaginez que l'on fasse varier un curseur x lié au champ magnétique et à la température d'un solide paramagnétique. La fonction de Brillouin transforme cette valeur en une réponse d'aimantation. Près de zéro, la réponse part de zéro ; lorsque x devient très grand en valeur absolue, elle se rapproche d'un plateau.
La forme précise de la courbe dépend du moment cinétique total J. Dans le cas J = 1/2, le calcul se simplifie complètement : la courbe est celle de la tangente hyperbolique.

Définition

La fonction de Brillouin d'ordre J s'applique au paramagnétisme quantique. Le paramètre J est un demi-entier positif qui représente le moment cinétique total, et x est l'argument réel dans lequel interviennent le champ magnétique et la température. La notation coth désigne la cotangente hyperbolique.
BJ(x)=2J+12Jcoth ⁣(2J+12Jx)12Jcoth ⁣(x2J)B_J(x)=\frac{2J+1}{2J}\operatorname{coth}\!\left(\frac{2J+1}{2J}x\right)-\frac{1}{2J}\operatorname{coth}\!\left(\frac{x}{2J}\right)
Les deux termes pris séparément ne sont pas définis en x = 0, mais leurs singularités se compensent : la fonction se prolonge par BJ(0) = 0. Elle est impaire et tend vers 1 quand x tend vers +∞, vers −1 quand x tend vers −∞. Pour J = 1/2, B1/2(x) = tanh(x). Lorsque J tend vers l'infini, on obtient la fonction de Langevin, qui correspond à la limite classique mentionnée dans la définition source.

De quoi c'est fait

Quatre éléments font fonctionner BJ(x). Le paramètre J fixe l'ordre de la fonction et intervient dans tous les coefficients. L'argument réel x porte la variation liée au champ magnétique et à la température. Deux cotangentes hyperboliques évaluent ensuite des multiples différents de x. Enfin, leur différence pondérée produit la valeur de la fonction. Les deux termes dépendent donc à la fois de J et de x, et leur soustraction est essentielle : elle annule la singularité apparente en zéro. Ces données suffisent à calculer un point de la courbe pour un ordre donné. Elles définissent la fonction elle-même ; la couleur, l'échelle ou le tracé choisis pour la représenter n'en font pas partie.

Un exemple, pas à pas

Prenons l'ordre J = 1/2 et l'argument x = ln(3)/2. Les données sont donc 2J = 1, 2J + 1 = 2 et exp(2x) = 3. Le but est de calculer exactement B1/2(x).
1. En remplaçant J, la formule devient B1/2(x)=2coth(2x)coth(x)B_{1/2}(x)=2\operatorname{coth}(2x)-\operatorname{coth}(x).
2. L'identité entre fonctions hyperboliques donne exactement B1/2(x) = tanh(x).
3. Comme exp(2x) = 3, on obtient tanh(x)=313+1=12\tanh(x)=\frac{3-1}{3+1}=\frac12.
4. Le résultat est donc B1/2(ln(3)/2) = 1/2, sans arrondi.
Un contrôle repart de la formule initiale : coth(2x) = 5/4 et coth(x) = 2, donc 2 × 5/4 − 2 = 1/2. La courbe calculée point par point permet aussi de vérifier les passages par (0, 0) et par (ln(3)/2, 1/2).

En pratique

Pour modéliser l'aimantation d'un paramagnétique quantique de moment cinétique total fini, on choisit l'ordre J correspondant puis on évalue BJ. La fonction de Langevin devient l'alternative appropriée dans la limite classique J → ∞.
Lorsque J = 1/2, remplacer directement la combinaison de cotangentes par tanh évite un calcul inutile. Le critère est exact : cette simplification dépend de la valeur de J, pas d'une approximation numérique.
Au voisinage de x = 0, l'expression avec deux coth affiche deux termes singuliers alors que leur différence reste finie. Il faut utiliser le prolongement BJ(0) = 0, ou une forme développée adaptée, plutôt que d'évaluer séparément les deux cotangentes en zéro.

À ne pas confondre

La cotangente hyperbolique coth et la tangente hyperbolique tanh ne sont pas deux noms pour la même fonction. Là où les deux expressions sont définies, elles sont réciproques au sens multiplicatif : coth(x) = 1/tanh(x) ; ce ne sont pas des fonctions inverses. Dans la fonction de Brillouin, coth intervient dans chacun des deux termes ; c'est seulement leur combinaison complète pour J = 1/2 qui se réduit à tanh(x). Par exemple, avec x = ln(3)/2, coth(x) = 2 tandis que B1/2(x) = tanh(x) = 1/2.

Limites et pièges

En x = 0. Chaque coth de la formule paraît diverger, mais les termes dominants s'annulent. Le symptôme trompeur est une soustraction de deux valeurs infinies ; il faut employer le prolongement continu BJ(0) = 0.
Pour J = 1/2. Ce cas charnière donne exactement B1/2(x) = tanh(x). Il ne faut pas appliquer cette égalité à un autre ordre : on revient alors à la formule complète de Brillouin.
Quand J → ∞. La fonction tend vers la fonction de Langevin. Une grande valeur finie de J n'est toutefois pas l'infini : si une valeur exacte est requise, il faut conserver BJ et annoncer toute approximation.
Quand |x| devient grand. La courbe approche les plateaux +1 ou −1 sans les atteindre pour un argument réel fini. Lire exactement 1 sur un tracé traduit donc une précision graphique ; le calcul doit conserver une valeur approchée.

Pour aller plus loin

Le comportement près de l'origine se lit par un développement limité : BJ(x)=J+13Jx+O(x3)B_J(x)=\frac{J+1}{3J}x+O(x^3). La pente initiale dépend donc de J, même si toutes les courbes passent par l'origine et tendent vers les mêmes plateaux ±1. Cette comparaison relie trois échelles de lecture : la réponse presque linéaire pour un petit argument, la courbure intermédiaire et la saturation pour un grand argument. L'imparité BJ(−x) = −BJ(x) permet enfin de déduire toute la moitié négative de la courbe à partir de la moitié positive.
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