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ArithmétiqueNotion · Glossaire
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nombre parfait

Un nombre parfait est un entier positif égal à la somme de ses diviseurs propres, c'est-à-dire tous ses diviseurs à l'exception de lui-même. Le plus petit exemple est 6 = 1 + 2 + 3.
Les diviseurs propres de 28 Les nombres 1, 2, 4, 7 et 14 sont additionnés et donnent exactement 28. Diviseurs propres de 28 1 2 4 7 14 + + + + 28 1 + 2 + 4 + 7 + 14 = 28
Les cinq diviseurs propres de 28 se rassemblent en une somme exactement égale au nombre de départ.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir un nombre parfait par la somme de ses diviseurs propres.
  • Vérifier pas à pas que 28 est parfait.
  • Relier les nombres parfaits pairs aux nombres premiers de Mersenne.
  • Identifier les questions ouvertes et les formulations qui exigent une nuance.

En clair

Prenez 28 et cherchez les nombres qui le partagent sans reste, en laissant 28 de côté. Vous obtenez 1, 2, 4, 7 et 14. Leur somme redonne exactement 28. Cette coïncidence est la marque d’un nombre parfait.
Le mot « parfait » ne signifie donc ni « sans défaut » ni « carré ». Il décrit un équilibre arithmétique précis entre un entier et ses diviseurs propres.

Définition

Un nombre parfait est un entier positif égal à la somme de ses diviseurs positifs autres que lui-même, appelés diviseurs propres. Ainsi, 28 est parfait parce que ses diviseurs propres sont 1, 2, 4, 7 et 14, et que leur somme vaut 28.
La construction d’Euclide part d’un entier premier noté p. Si 2p − 1 est premier, alors le nombre suivant est parfait : 2p1(2p1)2^{p-1}(2^p-1). Le facteur 2p − 1 est un nombre de Mersenne premier. Euler a prouvé que cette formule donne tous les nombres parfaits pairs. On ne sait toujours pas s’il existe un nombre parfait impair, ni si l’ensemble des nombres parfaits est fini ou infini.
Pythagore, Euclide et Nicomaque les étudiaient déjà dans l’Antiquité ; Euler a prolongé cette histoire. Douze étaient connus avant l’informatique. En 2008, on en recensait 46, et le 44e comptait 19 616 714 chiffres. Tous les nombres parfaits pairs sont aussi triangulaires et hexagonaux. À partir de 28, chacun s’écrit comme une somme de cubes d’entiers impairs consécutifs ; 6 est l’exception.

Un exemple, pas à pas

Vérifions si 28 est parfait. Les données sont l’entier 28 et les paires de facteurs positifs 1 × 28, 2 × 14 et 4 × 7. Elles suffisent à retrouver tous ses diviseurs sans en oublier.
1. Relevez dans ces paires les diviseurs positifs de 28 : 1, 2, 4, 7, 14 et 28.
2. Retirez 28 lui-même. Les diviseurs propres restants sont 1, 2, 4, 7 et 14.
3. Additionnez-les : 1+2+4+7+14=281+2+4+7+14=28.
4. Comparez la somme au nombre testé. Comme elle vaut exactement 28, le résultat est : 28 est un nombre parfait.
Le contrôle est refaisable avec la formule d’Euclide. Pour l’entier premier p = 3, le nombre 23 − 1 vaut 7 et il est premier ; puis 22 × 7 vaut bien 28.

En pratique

Pour tester un petit entier, dressez ses paires de facteurs, retirez l’entier lui-même, puis additionnez les diviseurs propres. Le test direct convient quand la factorisation reste courte, comme pour 28.
Pour construire un nombre parfait pair, cherchez plutôt un exposant premier p tel que 2p − 1 soit premier, puis appliquez la formule d’Euclide. Cette voie évite d’essayer au hasard tous les entiers.
Pour reconnaître la structure du résultat, la somme des diviseurs donne le verdict définitionnel. Les formes triangulaire, hexagonale, cubique ou binaire servent ensuite de propriétés de contrôle, pas de définition.

À ne pas confondre

Un carré parfait est le carré d’un entier, tandis qu’un nombre parfait égale la somme de ses diviseurs propres. Ainsi, 36 = 62 est un carré parfait, mais ses diviseurs propres totalisent 55 : il n’est pas parfait.
Un nombre de Mersenne a la forme 2p − 1, où p est un entier positif. Quand cette valeur est première, p est nécessairement premier et elle entre dans la construction d’un nombre parfait pair, mais elle n’est pas elle-même le nombre parfait : 7 conduit à 28.

Limites et pièges

L’exposant premier ne suffit pas. Pour p = 11, le nombre 211 − 1 vaut 2047 = 23 × 89. Comme il n’est pas premier, la formule d’Euclide ne produit pas ici un nombre parfait. Il faut tester la primalité du nombre de Mersenne.
Le cas impair reste ouvert. La classification d’Euclide et Euler concerne tous les nombres parfaits pairs, sans prouver qu’aucun nombre parfait impair n’existe. Il ne faut donc pas transformer l’absence d’exemple connu en impossibilité.
La quantité totale reste inconnue. Une liste de nombres parfaits connus ne permet pas de conclure que la suite s’arrête. On ignore si ces nombres sont en quantité finie ou infinie.
Deux formulations demandent une précision. La somme itérée des chiffres vaut 1 pour les nombres parfaits pairs autres que 6 ; pour 6, elle reste 6. Si l’on pose n = p − 1, l’écriture binaire de 2p−1(2p − 1) comporte n + 1 chiffres 1 suivis de n chiffres 0.

Pour aller plus loin

Le nombre de Mersenne explique le facteur premier qui commande la construction d’Euclide.
Le nombre triangulaire éclaire une autre forme que possède tout nombre parfait pair.
Le nombre premier précise les deux tests de primalité qui interviennent dans la formule d’Euclide.
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