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Processus iteratifs
20 novembre 2020

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Processus itératifs et récurrence

Apparu clairement dans des écrits de Pascal autour de questions arithmétiques et combinatoires (dont le triangle de Pascal), le raisonnement par récurrence trouve une place naturelle dans l'étude des suites, permettant de formaliser, généraliser puis améliorer des méthodes de résolution approchées d'équations connues depuis des siècles. Henri Poincaré dira qu'il est « le raisonnement mathématique par excellence ». La récurrence permet des constructions parmi les plus mémorables, de la suite de Fibonacci à l'algorithme de Héron (pour approcher la racine carrée d'un nombre positif). Si l'itération d'un processus calculatoire répond à des problématiques pratiques depuis l'Antiquité (souvent pour améliorer la précision d'un résultat ou résoudre de façon concrète un problème), itérer un raisonnement permet d'accéder à des considérations plus théoriques.

récurcivité

Appliquer les processus itératifs du passé pouvait s'avérer long et fastidieux. Avec l'avènement de l'informatique, de nouvelles voies se sont ouvertes. L'écriture de programmes récursifs, s'appelant eux-mêmes, permet de prouver plus facilement le bon fonctionnement d'un algorithme. D'un point de vue pratique, la récursivité offre une alternative élégante et souvent limpide aux boucles. L'écriture (courte) de ces programmes récursifs, alliée à une puissance de calcul croissante, ouvre des horizons dans la résolution de problèmes variés qui occupent encore les mathématiciens, en combinatoire, géométrie ou recherche opérationnelle. L'essor des fractales chères à Benoît Mandelbrot permet aussi à tout un chacun d'expérimenter aujourd'hui ce puissant concept d'une fonction qui s'appelle elle-même.

Applications et curiosités

Il serait bien réducteur de penser que les processus itératifs ne concourent qu'à la résolution de problèmes de mathématiques ou d'informatique. L'idée d'itérer un processus fait partie de notre quotidien ! Pythagore a lui-même suivi un processus itératif (la répétition d'un intervalle, la quinte) pour construire les notes de la gamme musicale, une gamme utilisée pendant des siècles. Les liens avec la musique ne s'arrêtent pas là. Deux mille cinq cents ans plus tard, la notion d'itération s'insinue pour le plus grand bonheur de nos oreilles jusque dans les procédés modernes de composition. Musique minimaliste, nombres premiers... toutes les inspirations sont bonnes. Ces mises en abîme récursives peuvent même inspirer des écrivains et des artistes, ou être à l'origine de constructions auto-référentes particulièrement esthétiques. Décidément, même les mathématiques les plus abstraites s'invitent partout pour nous émerveiller !