Apollonius de Perge n'a pas inventé les coniques, mais il en a fait une théorie unifiée : un seul cône, trois courbes, une infinité de propriétés. Son traité est si complet qu'il resta la référence sur le sujet pendant près de deux millénaires.
Extrait du frontispice de la première édition imprimée des Coniques, 1537.
Le mot « conique » vient de l'origine géométrique de ces courbes définies comme sections d'un cône par un plan dès le IVe siècle avant J.-C. par les Grecs. Apollonius de Perge (deuxième moitié du IIIe siècle avant J.-C., première moitié du IIe siècle avant J.-C.) est le premier à avoir considéré et étudié les sections d'un cône oblique d'un point de vue relativement unifié. Il en détermine les points, nomme les courbes obtenues, les étudie avec ampleur, constituant de la sorte ce qu'on peut appeler une théorie des coniques exposée dans son traité majeur Les coniques.
Apollonius porte le nom de la ville, Pergé, où il est né sur la côte méridionale d'Asie Mineure, c'est-à-dire dans la Turquie actuelle. Il vit après Euclide (vers −300-300), deux générations après Archimède. Avec ceux-ci, il fait partie des plus éminents savants de l'âge d'or de la mathématique grecque ; il a fréquenté les grands creusets culturels de l'époque, Pergame et Alexandrie. Familier des Éléments d'Euclide, il y fait référence, en adopte la forme de rigueur et a croisé Archimède.

Section plane d'un cône, une propriété déterminante