Histoire et cultureNotion · Glossaire
Agnesi Maria
Maria Gaetana Agnesi est une mathématicienne et autrice de plusieurs ouvrages, dont l’un décrit la cubique plane aujourd’hui appelée « sorcière d’Agnesi ». Son nom relie ainsi une figure des mathématiques à cette courbe, sans que le surnom « sorcière » désigne la personne ni une propriété de l’objet.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier les principaux éléments du parcours de Maria Agnesi présents dans la source.
- Distinguer la personne de la courbe qui porte son nom.
- Relier Fermat, Grandi, Agnesi et Colson sans confondre étude, description et traduction.
- Expliquer l'origine du surnom « sorcière d'Agnesi ».
En clair
Mathématicienne italienne née en 1718, Maria Gaetana Agnesi se distingue très jeune par sa maîtrise de langues anciennes et des mathématiques. Instruite par des précepteurs, elle publie plusieurs ouvrages. L'un d'eux décrit une courbe plane aujourd'hui attachée à son nom.
Son parcours relie ainsi une savante, un objet mathématique et un étonnant accident de vocabulaire. Le mot « sorcière » ne décrit ni Agnesi ni la courbe : il vient d'une confusion de traduction.
Définition
Maria Gaetana Agnesi est une mathématicienne italienne née en 1718 et morte en 1799. Enfant prodige formée par des précepteurs, elle maîtrisait plusieurs langues anciennes ainsi que les mathématiques. Elle est l'autrice de plusieurs ouvrages, dont l'un décrit une cubique plane passée à la postérité sous le nom de « sorcière d'Agnesi ».
L'association de cette courbe à Agnesi ne signifie pas qu'elle en fut la première observatrice. Fermat l'avait étudiée en 1630, puis Guido Grandi en 1703. L'histoire a néanmoins retenu le nom d'Agnesi pour la courbe qu'elle a décrite dans son œuvre.
Le surnom français vient d'une erreur de traduction de John Colson. Il confondit versiera, nom employé par Grandi et lié à la forme de la courbe, avec avversiera, qui signifie « adversaire » et a conduit à « sorcière ». Après la mort de son père, Agnesi quitta les mathématiques pour se consacrer entièrement aux œuvres de charité.
Un exemple, pas à pas
Pour reconstituer sans raccourci l'histoire de la courbe associée à Agnesi, on dispose de quatre repères : Fermat l'étudie en 1630 ; Guido Grandi l'étudie en 1703 et lui donne le nom versiera ; Maria Agnesi vit de 1718 à 1799 et décrit la courbe dans un ouvrage ; John Colson confond ensuite deux mots lors de sa traduction.
1. Placer 1630 avant 1703 montre que l'étude de la courbe précède Agnesi.
2. Distinguer « étudier » et « décrire dans un ouvrage » évite de lui attribuer la première étude.
3. Suivre versiera, puis la confusion avec avversiera, explique l'apparition du mot « sorcière ».
4. Conserver le nom « sorcière d'Agnesi » rend compte du nom retenu par l'histoire, sans transformer ce nom en attribution de découverte.
2. Distinguer « étudier » et « décrire dans un ouvrage » évite de lui attribuer la première étude.
3. Suivre versiera, puis la confusion avec avversiera, explique l'apparition du mot « sorcière ».
4. Conserver le nom « sorcière d'Agnesi » rend compte du nom retenu par l'histoire, sans transformer ce nom en attribution de découverte.
Le contrôle consiste à retrouver séparément trois éléments : l'antériorité de Fermat et de Grandi, la description publiée par Agnesi et l'erreur de traduction de Colson. Aucun de ces éléments ne suffit seul à raconter correctement l'origine du nom.
En pratique
Dans une chronologie, il faut associer chaque date à son fait précis. On écrit que Fermat étudie la courbe en 1630 et que Grandi l'étudie en 1703, plutôt que d'attribuer globalement ces deux dates à Agnesi.
Dans un texte sur la courbe, le nom consacré « sorcière d'Agnesi » reste utile pour identifier l'objet. Si le sujet porte sur l'origine du terme, il faut toutefois préciser la confusion entre versiera et avversiera.
Dans une notice biographique, le parcours ne s'arrête pas aux mathématiques. Après la mort de son père, Agnesi abandonne cette activité et se consacre entièrement aux œuvres de charité ; ce changement appartient à sa trajectoire.
À ne pas confondre
Maria Agnesi et la sorcière d'Agnesi. La première est une mathématicienne italienne ; la seconde est une cubique plane décrite dans l'un de ses ouvrages. Une phrase qui peut remplacer « Agnesi » par « courbe » sans changer de sens mélange la personne et l'objet.
Versiera et avversiera. Grandi donne à la courbe le premier nom, lié à sa forme. Colson le confond avec le second, qui signifie « adversaire ». Le cas tranche dès que « sorcière » est présenté comme une propriété mathématique : il s'agit en réalité d'un effet de traduction.
Limites et pièges
Le nom n'établit pas la priorité. Dire seulement « courbe d'Agnesi » peut faire croire qu'Agnesi en a mené la première étude. Les dates 1630 pour Fermat et 1703 pour Grandi signalent le piège ; il faut distinguer les études antérieures de la description publiée par Agnesi.
La traduction ne définit pas la courbe. Le surnom « sorcière » renseigne sur l'histoire du mot, non sur une propriété de la cubique. Pour parler de l'objet mathématique, il faut employer « cubique plane » ; pour expliquer son surnom, il faut raconter la confusion de Colson.
Les dates manquantes ne doivent pas être déduites. La source date les études de Fermat et de Grandi, ainsi que la vie d'Agnesi, mais pas l'ouvrage ni la traduction de Colson. Une chronologie fidèle laisse donc ces deux événements sans année précise.
Pour aller plus loin
La fiche sorcière d'Agnesi prolonge le portrait par l'objet mathématique directement associé à son nom.
L'entrée cubique situe la famille de courbes planes à laquelle appartient la sorcière d'Agnesi.
L'article Où sont les femmes dans l’histoire des mathématiques ? replace ce parcours dans une interrogation historique plus large.
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