AnalyseNotion · Glossaire
Grandi Guido
Guido Grandi (1671–1742) est un savant italien dont les travaux relient géométrie, analyse et philosophie naturelle. Son nom est associé à la série alternée 1 − 1 + 1 − 1 + …, étudiée en 1703, et aux rhodonées, des courbes planes en forme de rosaces.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer Guido Grandi dans sa biographie et ses fonctions.
- Relier les rhodonées, la courbe d'Agnesi et la série de Grandi à ses travaux.
- Éviter les confusions entre la personne et les objets mathématiques.
En clair
À Florence, un même savant pouvait enseigner la philosophie, les mathématiques et surveiller les eaux. C'est le parcours de Guido Grandi, né à Crémone en 1671.
Son nom apparaît surtout dans deux images mathématiques. Les rhodonées sont des courbes planes qui dessinent des rosaces. La série de Grandi alterne les termes 1 et −1 : 1 − 1 + 1 − 1 + … . Sa vie relie ainsi géométrie, analyse, enseignement et ingénierie dans l'Italie des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.
Définition
Guido Grandi est un savant italien dont les travaux se situent à la rencontre de la géométrie, de l'analyse et de la philosophie naturelle. Né à Crémone en 1671, il reçoit une formation jésuite, devient camaldule, puis étudie la théologie à Ferrare et à Rome.
À l'université de Florence, il est professeur de philosophie en 1700, puis professeur de mathématiques à partir de 1714. Son activité ne se limite pas à l'enseignement : comme surintendant des eaux de Toscane, il supervise notamment le drainage de la vallée de Chiana.
En mathématiques, son œuvre comprend l'étude des quadratures et des rectifications, des analogies entre le cercle et l'hyperbole équilatère, des loxodromies du cône et des courbes gauches appelées clélies. Il nomme rhodonées les courbes planes en forme de rosaces, décrites dans Flores Geometrici en 1728. Il étudie aussi la cubique appelée courbe d'Agnesi et contribue à diffuser les idées de Leibniz en Italie. La série de Grandi, étudiée en 1703, est la série alternée 1 − 1 + 1 − 1 + … .
Un exemple, pas à pas
Un même fil biographique permet de suivre les changements de rôle de Grandi. Les données de départ sont les suivantes : naissance à Crémone en 1671 ; nomination comme professeur de philosophie à Florence en 1700 ; étude de la série qui portera son nom en 1703 ; début de son enseignement des mathématiques en 1714 ; publication de Flores Geometrici en 1728.
1. En 1671, le lieu de naissance situe Grandi à Crémone. 2. En 1700, sa fonction universitaire est la philosophie. 3. En 1703, l'objet mathématique associé à son nom est la série alternée 1 − 1 + 1 − 1 + … . Pour refaire le calcul, partez de 1, ajoutez −1 pour obtenir 0, puis ajoutez 1 pour obtenir 1 et −1 pour obtenir 0 : ces résultats successifs sont les sommes partielles 1, 0, 1, 0. 4. En 1714, sa fonction universitaire devient celle de professeur de mathématiques. 5. En 1728, Flores Geometrici décrit les rhodonées.
Le contrôle consiste à associer chaque date à un seul résultat. Cette chronologie distingue donc une nomination, une étude, un changement d'enseignement et un ouvrage, sans les fondre dans un événement unique.
En pratique
Pour situer Grandi rapidement, le repère le plus sûr est d'abord biographique : Crémone pour la naissance, puis Florence pour sa carrière universitaire.
Pour reconnaître son apport géométrique, cherchez les rhodonées, c'est-à-dire les courbes planes en forme de rosaces. Le terme renvoie à une famille de courbes, et non à un simple dessin décoratif.
Pour reconnaître son apport en analyse, observez l'alternance 1 − 1 + 1 − 1 + … . Cette écriture suffit à identifier la série de Grandi, mais elle ne résume pas toute l'œuvre du savant.
À ne pas confondre
Guido Grandi ne doit pas être confondu avec la série de Grandi. Le premier est le mathématicien, philosophe et ingénieur italien ; la seconde est la série alternée étudiée en 1703 et nommée d'après lui. Le critère qui tranche est grammatical : une personne a une biographie, une série est une écriture mathématique.
Les rhodonées ne désignent pas non plus la courbe d'Agnesi. Les premières sont des courbes planes en forme de rosaces nommées par Grandi ; la seconde est une cubique qu'il a étudiée. La forme visible d'une rosace ou la nature cubique de la courbe permet de distinguer les deux objets.
Limites et pièges
Le nom de Grandi recouvre plusieurs activités. Une notice qui ne parlerait que de la série ferait disparaître ses travaux sur les courbes, son enseignement et son rôle d'ingénieur. Pour une présentation fidèle, il faut conserver ces domaines distincts.
L'alternance 1 − 1 + 1 − 1 + … appelle une prudence de lecture. Les termes sont bien alternativement positifs et négatifs, mais cette écriture ne fournit pas à elle seule une somme ordinaire stabilisée. Il faut donc parler de la série étudiée par Grandi, sans lui attribuer ici une valeur numérique supplémentaire.
Enfin, une date doit rester attachée à l'événement indiqué. 1700 concerne la philosophie à Florence, 1703 l'étude de la série, 1714 les mathématiques et 1728 Flores Geometrici. Toute autre association serait une confusion chronologique.
Pour aller plus loin
La série de Grandi ouvre sur une question plus générale : comment une expression infinie peut-elle être étudiée lorsque ses termes alternent sans se stabiliser ? Cette piste conduit à distinguer l'écriture d'une série, ses sommes partielles et les différentes notions de convergence.
Les rhodonées offrent une autre ouverture conceptuelle. Elles montrent comment une courbe peut être classée par sa forme globale, tandis que les quadratures et les rectifications interrogent respectivement des aires et des longueurs. L'œuvre de Grandi relie ainsi représentation géométrique et calcul.
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