Histoire et cultureNotion · Glossaire
Al-Samaw'al
Al-Samawal est un médecin et mathématicien dont la méthode algébrique consiste à traiter les inconnus à l’aide des outils de l’arithmétique. Il a développé le concept de nombre négatif et une forme de raisonnement par induction.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Al-Samawal, ses dates et son lien avec Bagdad.
- Relier al-Bahir fi al-jabr aux travaux antérieurs qu'il complète et documente.
- Distinguer le traitement des inconnus, les nombres négatifs et l'induction.
- Éviter les attributions et datations que la source ne permet pas.
En clair
En 1130, à Bagdad, naît Al-Samawal, médecin et mathématicien. Pour faire progresser l'algèbre, il reprend les travaux d'Abu Kamil, d'Al-Karaji et des successeurs d'Al-Khwarizmi, puis cherche à les compléter.
Son traité al-Bahir fi al-jabr conserve notamment la trace de travaux perdus d'Al-Karaji. Il y envisage les inconnus avec les outils de l'arithmétique, développe le concept de nombre négatif et une forme de raisonnement par induction.
Définition
Al-Samawal, ou Ibn Yahya al-Maghribi al-Samawal, est un médecin et mathématicien né en 1130 à Bagdad et mort en 1180. Son travail algébrique s'inscrit dans la continuité d'Abu Kamil, d'Al-Karaji et des successeurs d'Al-Khwarizmi. Il ne se contente pas de transmettre leurs travaux : il cherche à les compléter.
Son traité al-Bahir fi al-jabr, dont le titre signifie « Le brillant en algèbre », contient des idées originales et documente des travaux d'Al-Karaji aujourd'hui perdus. Al-Samawal présente sa méthode comme « le traitement des inconnus à l'aide de tous les outils arithmétiques ». Cette formulation relie explicitement le calcul sur les inconnus aux opérations de l'arithmétique. La source lui attribue aussi le développement du concept de nombre négatif et d'une forme de raisonnement par induction. Elle ne précise toutefois ni la date de ces apports ni leur formulation détaillée. Une vue synthétique des filiations citées permet de distinguer ses trois sources intellectuelles sans les confondre.
Un exemple, pas à pas
Pour situer correctement un apport d'Al-Samawal, partons des données attestées : sa vie va de 1130, avec Bagdad comme lieu associé à sa naissance, à 1180 ; il s'appuie sur Abu Kamil, Al-Karaji et les successeurs d'Al-Khwarizmi ; son traité est al-Bahir fi al-jabr.
Prenons un exemple volontairement élémentaire : x + 3 = 8. L'inconnue x se traite ici avec une opération arithmétique appliquée aux deux membres de l'égalité.
Soustrayons 3 de chaque côté : x + 3 - 3 = 8 - 3, donc x = 5. La vérification consiste à remplacer x par 5 dans l'égalité de départ : 5 + 3 = 8.
Ce calcul moderne ne reconstitue pas une procédure historique d'Al-Samawal. Il rend seulement concrète la formule qui présente sa méthode comme un traitement des inconnus à l'aide des outils de l'arithmétique.
Le contrôle historique reste distinct du calcul : ni cet exemple ni les données attestées ne permettent d'affirmer qu'Al-Samawal a inventé seul l'algèbre, les nombres négatifs ou l'induction.
En pratique
Dans une histoire de l'algèbre, placez Al-Samawal après les travaux qu'il reprend. Si l'objectif est l'origine plus générale de l'algèbre, consultez plutôt Al-Khwarizmi ou ses successeurs.
Pour étudier la circulation des textes, recherchez al-Bahir fi al-jabr. Le traité est pertinent lorsque l'indice observable est une idée d'Al-Samawal ou la trace d'un travail perdu d'Al-Karaji.
Pour classer ses contributions, séparez trois axes : le calcul sur les inconnus, le concept de nombre négatif et le raisonnement par induction. Cette distinction évite d'attribuer à un seul résultat tout son travail.
À ne pas confondre
Al-Samawal et Al-Karaji. Al-Samawal s'appuie sur Al-Karaji et son traité documente certains travaux de ce dernier. Un résultat présenté comme antérieur et aujourd'hui perdu relève donc d'Al-Karaji, tandis que le traité qui en garde la trace est celui d'Al-Samawal.
Al-Samawal et Al-Khwarizmi. La source rattache Al-Samawal aux successeurs d'Al-Khwarizmi, non à Al-Khwarizmi lui-même comme unique prédécesseur. Le critère est la place dans la filiation citée.
Nombre négatif et induction. Le premier est un concept numérique ; la seconde est une forme de raisonnement. Chez Al-Samawal, ce sont deux apports distincts, même s'ils figurent dans le même bilan.
Limites et pièges
Ne pas transformer « développa » en « inventa ». Le symptôme est une attribution d'origine exclusive. Il faut conserver le verbe de la source et rappeler les travaux antérieurs sur lesquels Al-Samawal s'appuie.
Ne pas dater les résultats avec 1130 ou 1180. Ces années bornent sa vie dans la source ; elles ne datent ni al-Bahir fi al-jabr, ni le travail sur les nombres négatifs, ni l'induction. En l'absence d'autre donnée autorisée, aucune année précise ne doit leur être assignée.
Ne pas identifier trop vite cette induction à une formulation moderne. La source parle d'« une forme de raisonnement par induction » sans en donner les étapes. Il faut donc employer cette qualification limitée, puis consulter une source consacrée à l'induction pour comparer les formulations.
Ne pas reconstituer les écrits perdus d'Al-Karaji. Leur présence est documentée par le traité, mais leur contenu exact n'est pas détaillé ici. Le bon réflexe est de distinguer ce témoignage de toute reconstruction historique.
Pour aller plus loin
Al-Karaji éclaire les travaux antérieurs qu'al-Bahir fi al-jabr a contribué à documenter.
Abu-Kamil permet de suivre une autre source algébrique explicitement reprise par Al-Samawal.
Al-Khwarizmi replace la lignée de ses successeurs dans l'histoire de l'algèbre.
Induction donne le cadre nécessaire pour examiner la forme de raisonnement attribuée à Al-Samawal.
algèbre situe le traitement arithmétique des inconnus dans son domaine mathématique.
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