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Logique et ensemblesThéorème · Glossaire

axiome de l'infini

L'axiome de l'infini est l'un des axiomes de la théorie axiomatique des ensembles (Zermelo-Fraenkel). Il postule l'existence d'au moins un ensemble inductif ; l'ensemble des entiers naturels ℕ est construit ensuite comme le plus petit ensemble inductif. Sans cet axiome, la théorie des ensembles ne pourrait pas justifier l'existence d'objets mathématiques infinis. Il affirme qu'il existe un ensemble I tel que l'ensemble vide appartient à I et tel que, pour tout x dans I, l'ensemble x ∪ {x} appartient aussi à I.
Trois premiers successeurs de von Neumann Les ensembles x zéro, x un et x deux sont alignés et reliés par deux flèches rouges. x₀ = ∅ x₁ = {∅} x₂ = {∅, {∅}}
Les trois premiers stades montrent que chaque successeur reprend les éléments précédents et ajoute l’ensemble précédent lui-même.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Lire l’énoncé formel de l’axiome et chaque condition qui le compose.
  • Suivre la construction de 0, 1, 2 et 3 par l’opération successeur.
  • Distinguer un ensemble inductif quelconque du plus petit ensemble inductif ω.
  • Repérer ce que l’omission ou la négation de l’axiome change dans une théorie.

En clair

Partons d’une boîte contenant l’ensemble vide. Chaque fois qu’elle contient un objet x, elle doit aussi contenir son successeur, obtenu en ajoutant x à tout ce que x contient déjà. On peut donc recommencer sans atteindre un dernier objet.
L’axiome de l’infini affirme qu’une telle boîte existe comme ensemble. Il ne se contente pas de dire que l’on peut toujours imaginer une étape suivante : il rassemble toutes ces étapes dans un même objet mathématique.

Définition

Dans la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel, l’axiome de l’infini pose l’existence d’un ensemble inductif. Un ensemble est dit inductif lorsqu’il contient l’ensemble vide, noté ∅, et qu’il est fermé par l’opération successeur : avec chaque élément x, il contient aussi x ∪ {x}. Cette réunion ajoute x à l’ensemble des éléments qui appartiennent déjà à x.
À partir de ∅, la fermeture impose successivement {∅}, puis {∅, {∅}}, et ainsi de suite. Ces objets représentent respectivement 0, 1, 2, puis les autres entiers naturels dans la construction de von Neumann. L’axiome fournit d’abord au moins un ensemble inductif ; il n’affirme ni que cet ensemble est unique, ni qu’il ne contient rien d’autre.
On peut ensuite isoler, à l’intérieur d’un ensemble inductif, les objets présents dans tous ses sous-ensembles inductifs. Ce plus petit ensemble inductif est noté ω et sert de modèle ensembliste de l’ensemble ℕ des entiers naturels. Ainsi, l’axiome garantit qu’une totalité infinie existe comme ensemble, au-delà de la seule possibilité de prolonger chaque construction finie.

Le principe

Il existe un ensemble, désigné par I, qui contient l’ensemble vide et qui contient le successeur de chacun de ses éléments. Formellement : I  (Ix(xIx{x}I))\exists I\;(\varnothing\in I\land\forall x\,(x\in I\Rightarrow x\cup\{x\}\in I)).
La première condition fournit un point de départ. La seconde assure qu’à tout élément déjà obtenu succède un nouvel élément du même ensemble.

Quand l'utiliser

L’énoncé appartient au cadre de la théorie axiomatique des ensembles. Pour vérifier qu’un ensemble I convient, deux conditions sont nécessaires : ∅ appartient à I ; puis, pour chaque élément x de I, le successeur x ∪ {x} appartient encore à I. Aucune taille précise ni aucun choix d’éléments supplémentaires n’est imposé.
Un ensemble qui contient seulement ∅ et {∅} ne convient pas : le successeur {∅, {∅}} du second élément en est absent. Plus généralement, aucun ensemble fini ne peut contenir ∅ tout en restant fermé sous cette opération. Sans l’axiome, on peut construire chaque étape finie séparément, mais on ne peut pas conclure que toutes ces étapes forment ensemble un objet de la théorie.

Un exemple, pas à pas

On part de deux données : un ensemble inductif I, dont l’existence est posée par l’axiome, et l’ensemble vide ∅, qui appartient à I. On applique uniquement la règle selon laquelle le successeur de tout élément de I appartient encore à I.
Étape 1. Le point de départ est x0 = ∅.
Étape 2. Son successeur est x1 = ∅ ∪ {∅} = {∅}.
Étape 3. Le successeur suivant est x2 = {∅} ∪ {{∅}} = {∅, {∅}}.
Étape 4. La même opération donne ensuite x3 = {∅, {∅}, {∅, {∅}}}.
Les objets x0, x1, x2 et x3 codent 0, 1, 2 et 3. Le contrôle est refaisable à chaque étape : xn+1 doit contenir tous les éléments de xn, plus xn lui-même. Comme la règle se répète sans dernier stade, I contient une suite sans fin d’éléments distincts.

En pratique

Pour construire les entiers naturels dans la théorie des ensembles, on part de ∅ et on répète le successeur x ∪ {x}. L’axiome de l’infini est requis lorsque toutes les étapes doivent être réunies dans un même ensemble ; une étape finie isolée n’en a pas besoin.
Dans une démonstration formelle, le bon réflexe consiste à repérer le passage de « chaque entier peut être construit » à « l’ensemble de tous les entiers existe ». Ce second énoncé mobilise précisément une hypothèse d’infini.
Pour comparer des systèmes axiomatiques, on vérifie si l’axiome de l’infini est admis, omis ou remplacé par sa négation. Ce choix détermine si la théorie garantit une totalité ensembliste infinie, même si elle permet toujours de raisonner sur des constructions finies.

À ne pas confondre

Avec l’axiome d’induction. L’axiome de l’infini affirme l’existence d’un ensemble inductif. L’induction est une méthode de preuve : elle établit une propriété au rang initial puis la transmet au successeur. Construire ℕ et démontrer une propriété sur ℕ sont deux opérations différentes.
Avec l’axiome du choix. L’axiome du choix autorise une sélection simultanée dans une famille d’ensembles non vides. Il ne garantit pas à lui seul l’existence d’un ensemble inductif. Le critère est donc la nature de l’affirmation : succession indéfinie ici, choix simultanés là.
Avec l’infini potentiel. Dire qu’une étape supplémentaire est toujours possible décrit un processus sans fin. L’axiome de l’infini affirme davantage : les étapes peuvent appartenir à un seul ensemble, ce qui correspond à un infini actuel dans le cadre ensembliste.

Limites et pièges

Un ensemble inductif n’est pas forcément ℕ. Il peut contenir des objets supplémentaires. Pour obtenir ω, il faut retenir la partie commune à tous les sous-ensembles inductifs du cadre choisi, et non prendre n’importe quel témoin de l’axiome.
L’axiome ne rend pas tous les ensembles infinis. Il garantit qu’au moins un ensemble inductif existe. Les ensembles finis restent présents, et la taille d’un ensemble donné doit être étudiée séparément.
Omettre l’axiome n’équivaut pas à le nier. Une théorie privée de cet axiome ne prouve simplement plus son énoncé par les autres axiomes seuls. Pour interdire les ensembles inductifs, il faut ajouter explicitement la négation de l’axiome.
La notation dépend de la construction. L’écriture x ∪ {x} est le successeur de von Neumann. D’autres présentations des naturels peuvent être équivalentes, mais l’énoncé ensembliste étudié ici utilise cette opération précise.

Pour aller plus loin

axiomatique de Zermelo-Fraenkel situe l’axiome de l’infini parmi les règles qui fondent la théorie moderne des ensembles.
Entiers naturels prolonge la construction de 0, 1, 2 et des successeurs en un système numérique familier.
Inductif approfondit la fermeture par passage au successeur, propriété centrale de l’ensemble dont l’axiome affirme l’existence.
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