Probabilités et statistiquesNotion · Glossaire
bobine d'Helmholtz
Les bobines de Helmholtz sont deux bobines circulaires plates, identiques et coaxiales, séparées par une distance égale à leur rayon commun et parcourues par des courants de même intensité et de même sens. Cette configuration produit un champ magnétique presque uniforme dans la région centrale entre les bobines, ce qui la rend utile pour les expériences exigeant un champ contrôlé.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Reconnaître la géométrie exacte d'une paire de bobines de Helmholtz.
- Relier l'addition des champs à l'uniformité locale autour du centre.
- Calculer le champ central à partir du rayon, du nombre de spires et du courant.
- Repérer les écarts de montage qui invalident la configuration ou sa formule.
En clair
Imaginez deux anneaux de fil électrique face à face, centrés sur le même axe. Ils ont le même diamètre et sont écartés d'une distance égale à leur rayon. Le courant tourne dans le même sens dans les deux anneaux.
Chaque bobine crée son propre champ magnétique. Entre elles, ces champs s'ajoutent et leurs variations se compensent près du milieu. On obtient ainsi une petite région où le champ change très peu d'un point à l'autre : c'est l'intérêt essentiel des bobines de Helmholtz.
Définition
Une paire de bobines de Helmholtz comprend deux bobines circulaires plates, identiques et coaxiales. Leur rayon commun est noté R. La distance entre leurs plans est aussi égale à R. Chaque bobine possède le même nombre de spires, noté N, et reçoit un courant de même intensité, notée I, circulant dans le même sens.
Dans l'air, le champ magnétique au point situé à mi-distance des deux bobines est dirigé suivant leur axe commun. Sa valeur centrale, notée B0, fait intervenir la perméabilité magnétique du vide, notée μ0 :
La géométrie particulière ne rend pas le champ parfaitement constant dans tout l'espace. Elle annule la dérivée seconde du champ axial au centre, tandis que la symétrie y annule déjà la dérivée première. Le champ varie donc très peu dans la région centrale. L'égalité entre la séparation et le rayon, l'identité des bobines et l'accord des courants sont des conditions du montage de Helmholtz, et non de simples choix de dessin.
Un exemple, pas à pas
On veut estimer le champ au centre d'une paire placée dans l'air. Les deux bobines ont chacune un rayon R de 10 cm, donc elles sont séparées de 10 cm. Chacune compte N = 200 spires et reçoit un courant I de 0,50 A. On prend μ0 = 4π × 10−7 T·m/A.
1. Convertir le rayon en mètres : R = 0,10 m.
2. Calculer le produit du nombre de spires par le courant : NI = 200 × 0,50 = 100 A.
3. Remplacer les valeurs dans la formule du champ central :
Le champ central vaut donc environ 0,899 mT, soit 0,90 mT arrondi au centième. Un contrôle simple consiste à vérifier l'ordre de grandeur : avec 100 ampères-spires divisés par 0,10 m, μ0 conduit bien à environ 10−3 T.
En pratique
Au laboratoire, une paire de Helmholtz crée une zone de champ presque uniforme autour d'un capteur ou d'un petit échantillon. On la préfère à une bobine seule lorsque plusieurs positions proches du centre doivent subir pratiquement le même champ.
Pour étalonner un magnétomètre, on place sa zone sensible près du milieu et on règle le courant. Si le capteur est trop volumineux pour rester dans la région uniforme, il faut employer un montage adapté à un volume plus grand plutôt que supposer le champ constant.
Le montage peut aussi produire un champ réglable pour une expérience d'électromagnétisme. Le geste décisif consiste à mesurer le rayon, puis à régler l'écartement des plans sur cette même valeur avant d'accorder les deux courants.
À ne pas confondre
Avec une bobine circulaire seule. Une seule bobine peut créer un champ sur son axe, mais elle ne possède ni seconde bobine identique ni séparation égale au rayon. Si le montage ne comporte qu'un anneau bobiné, ce n'est pas une paire de Helmholtz.
Avec un solénoïde. Un solénoïde est un enroulement allongé, tandis qu'une paire de Helmholtz repose sur deux bobines circulaires plates et séparées. Un long cylindre couvert de spires relève donc du solénoïde, même si son champ intérieur peut aussi être assez uniforme.
Limites et pièges
L'uniformité n'est que locale. La valeur 0,899 mT calculée pour l'exemple est celle du centre. Plus le point observé s'éloigne de la région centrale, plus l'hypothèse d'un champ identique doit être vérifiée par une mesure ou un calcul du champ en ce point.
Une séparation incorrecte change le montage. Dans l'exemple, le cas charnière est 10 cm : c'est à la fois le rayon et la distance entre les plans. Un écartement différent conserve deux bobines coaxiales, mais plus la configuration de Helmholtz définie ici.
Des courants opposés ne conviennent pas. Si les courants circulent en sens contraires, leurs champs ne s'ajoutent plus de la manière recherchée au centre. Il faut contrôler le branchement et rétablir le même sens de circulation.
La formule suppose deux bobines identiques dans l'air. Des nombres de spires, rayons ou intensités différents rompent la symétrie utilisée dans le calcul. Il faut alors calculer séparément le champ de chaque bobine dans les conditions réelles.
Illustrations

Pour aller plus loin
La formule centrale montre deux leviers directs : à géométrie fixée, le champ est proportionnel au nombre de spires et à l'intensité du courant. À l'inverse, il diminue quand le rayon augmente si les autres paramètres restent inchangés. Cette lecture permet de comparer des montages sans refaire tout le calcul, tout en gardant à l'esprit que l'uniformité concerne seulement la région centrale.
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