AnalyseNotion · Glossaire
branche infinie
Soit (C) une courbe plane représentant une fonction f ou définie paramétriquement. On dit que (C) présente une branche infinie lorsque la distance du point courant à l'origine tend vers l'infini. L'étude des branches infinies comprend la recherche d'asymptotes (verticales, obliques) ou de branches paraboliques selon le comportement de la courbe à l'infini.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Déterminer si une courbe possède une branche infinie à partir de ses coordonnées.
- Tester une asymptote verticale ou oblique avec des limites.
- Reconnaître le cas où une branche reste infinie sans se rapprocher d’une droite.
- Éviter de conclure à partir de la seule fenêtre d’un graphe.
En clair
Imaginez le point qui trace une courbe sur une feuille. Quand ce point finit par sortir de tout cadre, horizontalement ou verticalement, la portion qu’il dessine est une branche infinie. Une de ses coordonnées au moins grandit alors sans borne, en valeur positive ou négative.
Cette fuite peut suivre de plus en plus près une droite : cette droite est alors une asymptote. Elle peut aussi conserver une allure courbe sans se rapprocher d’une droite ; l’étude conduit alors, selon son comportement, à une branche parabolique.
Définition
Une branche infinie est une portion d’une courbe plane C parcourue tandis qu’un paramètre approche une borne de son domaine ou devient infini. Pour le graphe d’une fonction f, le point courant a pour coordonnées x et f(x). Pour une courbe paramétrée, ses coordonnées sont x(t) et y(t), où t désigne le paramètre. Il y a branche infinie si la distance du point courant à l’origine tend vers l’infini. En particulier, c’est le cas lorsqu’une coordonnée tend vers +∞ ou −∞.
Cette condition établit que la courbe s’éloigne indéfiniment, mais elle ne détermine pas encore sa forme. Une asymptote verticale d’équation x = x₀ apparaît lorsque x tend vers le nombre réel x₀ tandis que l’autre coordonnée devient infinie. Pour une courbe donnée par f, une droite d’équation y = mx + b est asymptote à +∞ lorsque , ou à −∞ lorsque . Les nombres réels m et b fixent sa pente et son ordonnée à l’origine. L’asymptote est horizontale si m = 0 et oblique si m ≠ 0.
Si aucune droite ne satisfait un tel rapprochement, le comportement dominant peut révéler une branche parabolique. La courbe part encore à l’infini, mais son écart à toute asymptote candidate ne tend pas vers zéro. L’étude complète compare donc les limites des coordonnées, puis les rapports et les différences qui décrivent sa direction.
Un exemple, pas à pas
On étudie la courbe C de la fonction f définie, pour un nombre réel x strictement positif, par .
Données : le domaine est x > 0 ; la droite candidate est y = x ; les deux passages étudiés sont x vers +∞ et x vers 0 par valeurs positives ; les valeurs de contrôle sont x = 10, x = 100 et x = 0,1.
Données : le domaine est x > 0 ; la droite candidate est y = x ; les deux passages étudiés sont x vers +∞ et x vers 0 par valeurs positives ; les valeurs de contrôle sont x = 10, x = 100 et x = 0,1.
1. On soustrait l’expression de la droite candidate : .
2. Quand x tend vers +∞, la différence 1/x tend vers 0, tandis que f(x) tend vers +∞. La courbe possède donc une branche infinie d’asymptote oblique y = x.
3. Quand x tend vers 0 par valeurs positives, 1/x et f(x) tendent vers +∞. Comme x reste proche de 0, la droite x = 0 est une asymptote verticale.
4. Le contrôle numérique donne f(10) = 10,1, puis f(100) = 100,01 : l’écart à y = x passe de 0,1 à 0,01. De l’autre côté, f(0,1) = 10,1, ce qui rend visible la montée près de x = 0.
Le graphe présente ainsi deux branches infinies de comportements différents. Les calculs de limite, et non la seule impression visuelle, confirment chaque asymptote.
En pratique
Dans une étude de fonction, on commence par calculer les limites aux bornes du domaine. Si x approche une valeur finie a tandis que f(x) devient infinie, on teste l’asymptote verticale x = a. Si x tend vers +∞ ou −∞ tandis que f(x) approche une valeur finie b, on teste l’asymptote horizontale y = b. Si x et f(x) s’éloignent tous deux, on compare plutôt la courbe à une droite. Si l’écart ne tend pas vers zéro, cela ne suffit pas à conclure : une éventuelle direction parabolique doit être établie par ses propres critères de direction et de comportement dominant.
Sur un tracé numérique, une courbe qui quitte la fenêtre n’apporte pas encore de preuve. On agrandit la fenêtre pour explorer son allure, mais on préfère ensuite un calcul de limite dès que le comportement dépend fortement de l’échelle choisie.
Pour une courbe paramétrée, on examine séparément les deux coordonnées lorsque le paramètre approche chaque borne. Cette lecture remplace l’étude d’une seule fonction lorsque la courbe revient en arrière ou ne peut pas s’écrire globalement sous la forme y = f(x).
À ne pas confondre
Une branche infinie et une asymptote. La branche est une portion de courbe ; l’asymptote est une droite dont cette portion se rapproche selon un critère de limite. Le graphe de y = x2 possède une branche infinie quand x tend vers +∞, mais aucune droite asymptote dans cette direction.
Une branche parabolique et une parabole. La première décrit un comportement à l’infini, tandis que la seconde est une courbe d’une nature précise. Le graphe de y = x3 n’est pas une parabole, même si sa branche à droite a une direction parabolique verticale.
Une branche infinie et une limite infinie de fonction. La première concerne la position d’une courbe dans le plan ; la seconde concerne une valeur. Pour la courbe paramétrée par x(t) = t et y(t) = sin(t), x(t) tend vers +∞ mais y(t) reste bornée : la courbe a pourtant une branche infinie.
Limites et pièges
Des valeurs très grandes ne suffisent pas. Observer une ordonnée élevée sur quelques points ne prouve pas une tendance vers l’infini. Le symptôme est une conclusion tirée d’un tableau fini ; il faut étudier la limite à la borne concernée.
Une distance bornée n’est pas forcément une distance qui s’annule. Pour f(x) = x + sin(x), l’écart à y = x reste compris entre −1 et 1, mais il ne tend pas vers 0. La droite y = x n’est donc pas une asymptote ; il faut calculer la limite de la différence.
Une même courbe peut changer de comportement selon la borne. Pour f(x) = x + 1/x sur x > 0, la borne 0 donne l’asymptote verticale x = 0, tandis que +∞ donne l’asymptote oblique y = x. Chaque borne du domaine doit être traitée séparément.
Une direction parabolique n’est pas une asymptote oubliée. Pour f(x) = x2 quand x tend vers +∞, le quotient f(x)/x = x tend vers +∞ : la direction devient verticale, sans rapprochement d’une droite. Il faut alors conclure à une branche parabolique de direction verticale.
Pour aller plus loin
asymptote — Approfondir le critère qui transforme une droite candidate en véritable asymptote.
Tangente ou asymptote ? — Distinguer une proximité locale d’un rapprochement observé à l’infini.
parabole — Identifier la courbe précise qu’il ne faut pas confondre avec toute branche parabolique.
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