GéométriePersonnage · Glossaire
brique de Pythagore
Le terme brique de Pythagore désigne deux types de parallélépipèdes rectangles. Le premier est un parallélépipède rectangle dont les longueurs des arêtes et de la diagonale principale sont toutes entières. Le second désigne un parallélépipède rectangle dont les arêtes, de longueurs entières, forment un triplet pythagoricien. Dans les deux cas, la notion renvoie à des propriétés diophantiennes de la géométrie tridimensionnelle, en lien avec le théorème de Pythagore généralisé.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier les deux sens de l’expression brique de Pythagore.
- Calculer la diagonale principale à partir des trois arêtes.
- Distinguer une brique de Pythagore d’un triplet pythagoricien et d’une brique d’Euler.
En clair
Imaginez une boîte rectangulaire dont les trois arêtes mesurent 1, 2 et 2 unités. Un segment tendu entre deux sommets opposés traverse l’intérieur de la boîte : il mesure exactement 3 unités. Les quatre longueurs sont donc entières. Cette boîte donne un exemple très simple de brique de Pythagore au premier sens du terme.
Le nom souligne le même phénomène que dans un triangle rectangle : des carrés de longueurs s’additionnent. Ici, le calcul porte sur trois directions au lieu de deux.
Définition
Une brique de Pythagore est un parallélépipède rectangle, autrement dit un pavé droit, étudié par les relations arithmétiques entre ses trois arêtes. Notons leurs longueurs positives a, b et c, et la longueur de la diagonale principale d. Le théorème de Pythagore appliqué dans l’espace donne :
Dans le premier sens donné au terme, a, b, c et d sont des entiers. Le quadruplet correspondant fournit donc une solution entière de cette équation diophantienne. Les diagonales des faces ne sont pas tenues d’être entières. Dans le second sens, les trois arêtes sont des entiers positifs formant un triplet pythagoricien : deux arêtes jouent les rôles des cathètes et la troisième celui de l’hypoténuse, avec . Ces deux conditions ne sont pas équivalentes et doivent être précisées lorsque l’expression est employée.
Où on le rencontre
On rencontre cette notion devant le dessin d’un pavé droit ou un problème demandant des longueurs entières. Quatre marqueurs permettent de la reconnaître : trois directions perpendiculaires deux à deux, trois arêtes issues d’un même sommet, un sommet opposé et le segment intérieur qui les relie. Les dimensions peuvent être données sans unité ou dans une même unité.
Le support géométrique porte alors une information arithmétique : certaines longueurs liées par le théorème de Pythagore sont des nombres entiers, ou les arêtes satisfont un rapport pythagoricien explicitement annoncé.
Le mode d'emploi
La grandeur à déterminer est la diagonale principale, mesurée entre deux sommets opposés du pavé. Pour lire une brique candidate, procédez ainsi :
1. Relevez les trois arêtes issues d’un même sommet, dans une unité commune.
2. Élevez chaque longueur au carré.
3. Additionnez ces trois carrés, puis prenez la racine carrée de la somme.
4. Comparez le résultat au critère annoncé : entier pour le premier sens, ou relation pythagoricienne entre arêtes pour le second.
1. Relevez les trois arêtes issues d’un même sommet, dans une unité commune.
2. Élevez chaque longueur au carré.
3. Additionnez ces trois carrés, puis prenez la racine carrée de la somme.
4. Comparez le résultat au critère annoncé : entier pour le premier sens, ou relation pythagoricienne entre arêtes pour le second.
Un dessin en perspective peut faire paraître certaines arêtes obliques ou plus courtes. Cette déformation vient de la représentation plane : les trois directions du pavé restent perpendiculaires dans l’espace. Il faut donc utiliser les longueurs indiquées, pas mesurer le dessin.
Un exemple, pas à pas
Considérons un pavé droit. Ses trois arêtes issues d’un même sommet mesurent 1 unité, 2 unités et 2 unités. La longueur inconnue est sa diagonale principale d.
1. Les carrés des trois arêtes valent respectivement 1, 4 et 4.
2. Leur somme vaut 1 + 4 + 4 = 9.
3. La diagonale est la racine carrée de cette somme : .
2. Leur somme vaut 1 + 4 + 4 = 9.
3. La diagonale est la racine carrée de cette somme : .
Le résultat est donc 3 unités. Les trois arêtes et la diagonale principale sont entières : le pavé est une brique de Pythagore au premier sens. Le contrôle consiste à refaire l’égalité en sens inverse : 32 = 9, tandis que 12 + 22 + 22 = 9. La figure schématise ces quatre longueurs sans imposer une échelle de perspective.
En pratique
Dans un exercice de géométrie dans l’espace, on emploie la relation à trois carrés pour calculer la diagonale principale. Une construction en deux triangles rectangles reste possible, mais la formule directe est préférable lorsque les trois arêtes sont déjà connues.
Dans un problème d’arithmétique, on teste des triplets d’entiers en additionnant leurs carrés. Si la somme est elle-même un carré parfait, sa racine fournit une diagonale entière et le candidat satisfait le premier sens.
Pour classer un exemple, on annonce toujours le critère retenu. Si les arêtes entières forment un triplet pythagoricien, l’exemple relève du second sens ; si les arêtes et la diagonale principale sont entières, il relève du premier. Un même pavé peut satisfaire simultanément les deux critères.
À ne pas confondre
Une brique de Pythagore au premier sens n’est pas nécessairement une brique d’Euler. Le premier critère exige que les trois arêtes et la diagonale principale soient entières ; celui de la brique d’Euler exige que les trois arêtes et les trois diagonales de face soient entières. Avec les arêtes 1, 2 et 2, la diagonale principale vaut 3, mais deux diagonales de face valent √5 et la troisième √8 : cet exemple tranche.
Elle ne se réduit pas non plus à un triplet pythagoricien. Un triplet décrit trois longueurs liées dans un triangle rectangle. Une brique est un objet tridimensionnel avec trois arêtes et une diagonale principale ; le calcul mobilise quatre longueurs dans son premier sens.
Limites et pièges
Le terme possède deux sens dans la définition de référence. Écrire seulement « brique de Pythagore » ne suffit donc pas toujours : il faut annoncer si l’on exige une diagonale principale entière ou un rapport pythagoricien entre les arêtes.
Une longueur d’arête nulle produit une figure aplatie, et non un parallélépipède rectangle tridimensionnel non dégénéré. Les trois longueurs a, b et c doivent donc être strictement positives.
Une diagonale entière ne rend pas automatiquement entières les diagonales des faces. Pour les arêtes 1, 2 et 2, la diagonale principale vaut 3, alors que √5 et √8 ne sont pas des entiers. Il faut tester séparément les longueurs exigées par le problème.
Pour aller plus loin
La recherche de briques à longueurs entières conduit à une équation diophantienne : on cherche des nombres entiers positifs satisfaisant une relation issue de la géométrie. On peut prolonger l’étude en imposant successivement l’intégralité de la diagonale principale, de certaines diagonales de face, puis des trois diagonales de face. Chaque condition supplémentaire transforme le problème arithmétique et doit être distinguée des précédentes.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
