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AnalyseNotion · Glossaire

campylographe

Un campylographe est un instrument mécanique destiné à tracer des courbes mathématiques. Son système de bielles, de roues et de bras réglables transforme des mouvements combinés en tracés variés.
campylographe
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le campylographe comme instrument mécanique.
  • Comprendre le rôle des bielles, roues, bras et de la feuille tournante.
  • Suivre la représentation d'une trajectoire apparente et ses limites.

En clair

Imaginez une feuille posée sous un petit assemblage de tiges et de roues. Lorsque certaines pièces tournent, un point relié au mécanisme se déplace et laisse une trace. En réglant les vitesses de rotation, les angles et les longueurs des bras, on obtient des courbes très différentes. Le campylographe est cet instrument mécanique à tracer. Il avait d'abord été imaginé pour représenter, depuis la Terre, les trajectoires apparentes des planètes, mais son mécanisme pouvait produire bien davantage.

Définition

Un campylographe est un instrument mécanique qui convertit des rotations et des déplacements transmis par des bielles en un tracé sur une feuille. Une bielle est une tige qui transmet un mouvement entre deux pièces. Les roues intermédiaires relaient et combinent les rotations, tandis que le plateau inférieur à dents circulaires organise les réglages mécaniques.
Les réglages portent notamment sur les vitesses de rotation, les angles et les longueurs des bras. La feuille de tracé peut elle-même tourner. Cette combinaison explique que l'appareil puisse produire une grande variété de courbes planes, c'est-à-dire situées dans un même plan, ainsi que des représentations stéréoscopiques de courbes gauches, dont les points ne sont pas tous dans un même plan.
La conception est attribuée à Marc Devrechens, moine jésuite, météorologiste et directeur de l'observatoire de Jersey. L'instrument fut inventé vers 1900 et conçu initialement pour représenter les trajectoires des planètes vues depuis la Terre. La complexité de son mécanisme explique qu'il en existe très peu d'exemplaires.

Un exemple, pas à pas

On considère le cas décrit par la conception initiale de l'instrument : représenter une trajectoire de planète telle qu'elle est vue depuis la Terre. Les données disponibles sont les suivantes : la Terre sert de point d'observation ; une planète fournit le mouvement à représenter ; les bielles, roues et bras transmettent et combinent les mouvements ; la feuille reçoit le tracé.
Première étape : le mouvement à représenter est traduit par un réglage mécanique. Les vitesses de rotation, les angles et les longueurs de bras sont les paramètres disponibles.
Deuxième étape : les bielles et les roues intermédiaires transmettent les mouvements réglés jusqu'au point de tracé. Chaque pièce ne dessine donc pas isolément la trajectoire observée.
Troisième étape : le point de tracé se déplace sur la feuille et laisse une courbe plane. Si la feuille est mise en rotation, le mouvement relatif entre le point et le support change encore la figure obtenue.
Le résultat est une représentation mécanique de la trajectoire apparente, et non la trajectoire observée directement dans l'espace. Pour une vérification qualitative, on conserve la même feuille, le même mouvement d'observation, les mêmes conditions initiales et la même phase, puis on compare un premier tracé avec un second obtenu en modifiant seulement la rotation de la feuille. La figure obtenue doit alors changer par rapport au tracé réalisé avec la feuille immobile ; aucun nombre n'est déduit lorsque les réglages précis ne sont pas fournis.

En pratique

Pour étudier une trajectoire apparente, on règle le mécanisme puis on observe la trace produite sur la feuille. Le critère visible est la forme de la courbe obtenue, que l'on compare au phénomène que l'on cherche à représenter.
Pour explorer des courbes mathématiques, on modifie un réglage à la fois : vitesse de rotation, angle ou longueur de bras. Cette méthode aide à isoler l'effet de ce réglage et à comparer sa variation avec celle du tracé, sous réserve de contrôler les autres paramètres et les conditions initiales.
Pour obtenir une figure comparable, on relève les réglages et on conserve le même support de tracé. Le support est ainsi une variable contrôlée, mais les autres conditions mécaniques et expérimentales doivent également rester constantes pour pouvoir attribuer une variation du dessin aux réglages modifiés.

À ne pas confondre

Un campylographe ne se confond pas avec une courbe mathématique. La courbe est le résultat visible du tracé ; le campylographe est l'instrument mécanique qui la produit. Le cas qui tranche est donc la nature de ce que l'on désigne : un dessin obtenu sur une feuille ou l'appareil composé de bielles, de roues intermédiaires et d'un plateau à dents circulaires.

Limites et pièges

Une courbe produite par le campylographe n'est pas nécessairement une trajectoire planétaire. La conception initiale visait les trajectoires des planètes vues depuis la Terre, mais le mécanisme peut produire une grande variété de courbes planes. Le symptôme d'une lecture trop étroite est de prendre chaque dessin pour une orbite ; il faut d'abord identifier le réglage et la fonction du tracé.
Une courbe gauche ne peut pas être observée comme une simple courbe plane. La source indique que l'appareil peut en donner des représentations stéréoscopiques, c'est-à-dire destinées à faire percevoir la profondeur. Si la figure utilise deux vues ou un effet de relief, il faut parler de représentation et non prétendre que toute la courbe est contenue dans la feuille.
La rotation de la feuille augmente encore les possibilités de tracé, mais l'expression « quasi infinies » décrit l'étendue des combinaisons de réglages. Elle ne fournit pas un nombre exact de figures ni un réglage particulier. Il faut donc distinguer une possibilité générale annoncée par la source d'une courbe précise dont les paramètres ne sont pas donnés.
La mention « très peu d'exemplaires » décrit la rareté de l'instrument, pas une impossibilité de reproduire une courbe. Pour étudier une figure, il faut conserver les paramètres disponibles ou employer une représentation mathématique équivalente, sans inventer un réglage absent de la source.

Pour aller plus loin

La fiche Courbe représentative aide à relier le tracé visible par le campylographe à la notion mathématique de courbe et à comprendre ce qu'une figure permet réellement de lire.
L'article La mécanique du calcul offre un prolongement sur la manière dont un assemblage mécanique peut matérialiser une opération ou une relation mathématique.
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