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corps gauche
Un corps gauche, également appelé corps non commutatif ou anneau à division non commutatif, est un corps dont la loi multiplicative n'est pas commutative. Tout élément non nul y possède un inverse, mais le produit de deux éléments dépend en général de l'ordre des facteurs. Le prototype des corps gauches est le corps des quaternions, introduit par William Rowan Hamilton en 1843, formé d'éléments de la forme a + bi + cj + dk avec les règles ij = k, ji = −k et leurs permutations cycliques.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Distinguer l’inversibilité des éléments non nuls et la non-commutativité.
- Vérifier sur i·j et j·i que l’ordre des facteurs peut changer le produit.
- Situer les quaternions comme prototype d’un corps gauche.
En clair
Prenez les deux unités imaginaires i et j des quaternions. Dans cet ordre, leur produit vaut k. En inversant les facteurs, le produit devient −k. L’ordre du calcul change donc le résultat.
Un corps gauche conserve pourtant une propriété très forte : chaque élément autre que zéro possède un inverse. On peut donc y diviser par un élément non nul, à condition de respecter le côté et l’ordre de la multiplication.
Définition
Un corps gauche est un anneau unitaire : son addition en fait un groupe abélien, et sa multiplication est associative, distributive sur l’addition et possède un élément unité. De plus, tout élément non nul possède un inverse multiplicatif et la multiplication n’est pas commutative. Il est aussi appelé corps non commutatif ou anneau à division non commutatif.
La non-commutativité signifie qu’il existe des éléments dont le produit dépend de l’ordre. Si les deux éléments sont notés x et y, on peut avoir . Cela n’impose pas que tous les couples se comportent ainsi. La condition d’inversibilité, elle, exclut seulement zéro.
Le prototype est le corps des quaternions de Hamilton. Ses éléments s’écrivent a + bi + cj + dk. Les règles i·j = k et j·i = −k rendent immédiatement visible l’effet de l’ordre des facteurs.
De quoi c'est fait
Dans le prototype des quaternions, un élément a + bi + cj + dk réunit quatre coefficients, a, b, c et d, et quatre composantes portées par 1, i, j et k. Le coefficient a accompagne la composante sans unité imaginaire ; les trois autres accompagnent i, j et k.
La forme a + bi + cj + dk relie chaque coefficient à une composante déterminée. La multiplication dépend ensuite des règles entre les unités imaginaires. Ainsi, la composante obtenue de i puis j est k, tandis que l’ordre j puis i donne −k. La forme des éléments et ces règles organisent les calculs dans cet exemple de corps gauche.
Un exemple, pas à pas
On veut vérifier sur les unités i et j des quaternions que l’ordre des facteurs peut modifier un produit. Les données sont les deux règles fournies par la structure : i·j = k et j·i = −k.
1. Multiplier d’abord i par j. La règle donne i·j = k.
2. Reprendre les mêmes facteurs dans l’ordre inverse. La règle donne j·i = −k.
3. Comparer les résultats : k et −k ne sont pas le même élément.
2. Reprendre les mêmes facteurs dans l’ordre inverse. La règle donne j·i = −k.
3. Comparer les résultats : k et −k ne sont pas le même élément.
Le contrôle consiste à relire les facteurs : seul leur ordre a changé. Cette paire fournit donc un cas vérifiable où i·j ≠ j·i, ce qui établit la non-commutativité de la multiplication des quaternions. La figure synthétise les deux calculs sans ajouter de nouvelle règle.
En pratique
Dans un calcul avec des quaternions, on conserve l’ordre écrit des facteurs. Si deux unités imaginaires sont permutées, on réapplique la règle correspondant au nouvel ordre au lieu de traiter la multiplication comme commutative.
Pour reconnaître un corps gauche à partir de ses opérations, on vérifie d’abord qu’elles définissent un anneau unitaire : l’addition doit former un groupe abélien, et la multiplication doit être associative, distributive sur l’addition et munie d’un élément unité. On contrôle ensuite deux points distincts : chaque élément non nul doit être inversible, et au moins une paire doit donner des produits différents selon l’ordre. Si aucun changement d’ordre ne modifie jamais le produit, la multiplication est commutative.
À ne pas confondre
Un corps commutatif possède lui aussi un inverse pour chaque élément non nul, mais l’ordre des facteurs n’y change pas le produit. Le test i·j = k tandis que j·i = −k place les quaternions du côté non commutatif.
Un quaternion est un élément de la structure des quaternions ; le corps des quaternions est la structure entière munie de ses opérations. L’expression a + bi + cj + dk décrit un élément, pas à elle seule la famille de toutes les règles.
Limites et pièges
Dire que la multiplication n’est pas commutative ne signifie pas que chaque paire de facteurs change de résultat lorsqu’on l’inverse. Il suffit qu’une paire échoue au test ; pour les quaternions, i et j fournissent ce cas.
L’inverse multiplicatif est garanti seulement pour un élément non nul. Inclure zéro dans cette affirmation ferait disparaître la condition décisive de la définition ; avant toute division, il faut donc vérifier que l’élément choisi n’est pas nul.
Enfin, échanger deux facteurs sans recalculer est un piège de lecture. Le signe opposé entre k et −k montre le symptôme : il faut conserver l’ordre initial ou appliquer explicitement la règle du produit inversé.
Pour aller plus loin
La fiche quaternion permet d’approfondir l’élément a + bi + cj + dk qui sert ici d’exemple conducteur.
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