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AnalyseReprésentation graphique · Glossaire

courbe de Lipsey-Phillips

La courbe de Phillips-Lipsey représente une relation empirique de court terme entre le taux de chômage et le taux d'inflation. Sous des conditions comparables et tant que les anticipations d'inflation restent stables, elle suggère qu'une baisse du chômage peut s'accompagner d'une hausse de l'inflation, et inversement.
Deux scénarios sur une courbe de Lipsey-Phillips simplifiée Le point A associe 8 % de chômage à 2 % d'inflation. Le point B associe 5 % de chômage à 4 % d'inflation. 0 2 4 6 8 10 0 1 2 3 4 5 Chômage (%) Inflation (%) A B
De A à B, le chômage baisse de 3 points tandis que l'inflation augmente de 2 points ; le segment montre ce mouvement opposé.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier les axes et lire un couple chômage-inflation.
  • Refaire un exemple chiffré de variation en points de pourcentage.
  • Distinguer une relation empirique de court terme d'un arbitrage permanent.
  • Situer la remise en cause fondée sur les anticipations inflationnistes.

En clair

Imaginez deux situations économiques simplifiées à court terme. Dans la première, le chômage vaut 8 % et l'inflation 2 %. Dans la seconde, le chômage descend à 5 %, tandis que l'inflation monte à 4 %. Une courbe de Lipsey-Phillips place ces couples de valeurs sur un graphique et rend visible leur mouvement en sens opposé.
Cet arbitrage est une relation observée, pas une promesse permanente : il aide à raisonner sur le court terme, sous des conditions comparables.

Définition

La courbe de Lipsey-Phillips, aussi appelée courbe de Phillips-Lipsey dans la définition source, est une représentation d'une relation empirique entre taux de chômage et taux d'inflation. Chaque point associe les deux taux correspondant à une même situation. La relation suggère qu'à court terme une baisse du chômage peut s'accompagner d'une hausse de l'inflation, et inversement.
A. W. Phillips a mis cette relation en évidence vers 1960 à partir de données britanniques, puis Richard Lipsey l'a précisée théoriquement. Dans les années 1960 et 1970, elle a fortement influencé le pilotage de la demande globale, envisagé comme un compromis entre inflation et chômage.
La comparaison n'est pertinente que dans un cadre de court terme. À partir des années 1970, Friedman et Phelps ont mis en avant les anticipations inflationnistes : lorsque ces anticipations changent, la relation n'est plus stable. La courbe ne fournit donc ni loi universelle ni arbitrage durable à long terme.

Où on le rencontre

On rencontre la courbe dans un graphique macroéconomique qui rapproche deux taux. Un axe porte le chômage, l'autre l'inflation ; les graduations sont exprimées en pourcentage. Des points associent les deux mesures d'une même situation, et une ligne résume leur relation. Une pente descendante signale que les valeurs évoluent en sens opposé dans les observations représentées.
Ce support porte une information de comparaison à court terme. Les dates, la population étudiée et le cadre des données doivent accompagner le graphique pour savoir quelles situations sont effectivement rapprochées.

Le mode d'emploi

La lecture porte sur un couple : un taux de chômage et un taux d'inflation observés dans la même situation.
1. Repérez quel axe correspond à chaque taux et vérifiez que les deux graduations sont en pourcentage.
2. Choisissez un point, puis projetez-le sur chaque axe pour lire les deux valeurs.
3. Comparez-le à un autre point appartenant au même cadre de court terme.
4. Décrivez seulement ce qui est visible : l'un des taux baisse tandis que l'autre monte, ou l'inverse.
Une convention fréquente place le chômage horizontalement et l'inflation verticalement, mais les titres des axes priment toujours. Une pente descendante peut donner l'impression qu'une variable cause automatiquement l'autre. Le bon réflexe consiste à y voir d'abord une relation empirique et à contrôler la période ainsi que les anticipations inflationnistes.

Un exemple, pas à pas

Considérons deux scénarios illustratifs de court terme, exprimés dans les mêmes unités et sous des conditions supposées comparables. Données :
• scénario A : chômage de 8 % et inflation de 2 % ;
• scénario B : chômage de 5 % et inflation de 4 %.
1. Placez A au couple (8 % ; 2 %) et B au couple (5 % ; 4 %).
2. Du scénario A au scénario B, le chômage varie de 5 % − 8 % = −3 points de pourcentage.
3. Sur le même passage, l'inflation varie de 4 % − 2 % = +2 points de pourcentage.
4. Les variations ont des signes opposés : cet exemple suit donc le sens de l'arbitrage représenté par la courbe.
Le contrôle se refait en relisant chaque coordonnée : B combine bien 3 points de chômage en moins et 2 points d'inflation en plus que A. Ces nombres illustrent une lecture du graphique ; ils ne constituent ni des données historiques ni une prévision.

En pratique

Pour lire un graphique, on relève ensemble le chômage et l'inflation de chaque situation. Si les dates ou le cadre diffèrent, on préfère séparer les comparaisons plutôt que prolonger une même courbe.
Pour examiner un compromis de court terme, on compare les déplacements des deux taux. Si l'objectif porte sur le long terme, on renonce à lire la courbe comme un menu stable et on tient compte des anticipations inflationnistes.
Pour replacer une politique économique dans son histoire, la courbe éclaire le pilotage de la demande globale des années 1960 et 1970. Lorsque l'on étudie sa remise en cause, les travaux de Friedman et Phelps deviennent le repère pertinent.

À ne pas confondre

Relation empirique et loi causale. La courbe résume une association observée entre deux taux ; elle n'affirme pas qu'une baisse du chômage produit automatiquement une inflation donnée. Si deux situations ont des cadres différents, la seule pente ne tranche pas une causalité.
Arbitrage de court terme et compromis permanent. Le premier compare inflation et chômage dans un cadre limité ; le second supposerait que la même relation demeure stable. Un changement des anticipations inflationnistes fait précisément échouer cette seconde lecture.

Limites et pièges

Extrapolation à long terme. Le symptôme est l'emploi d'une même courbe comme arbitrage permanent. Les travaux de Friedman et Phelps, mis en avant à partir des années 1970, imposent de traiter la relation comme instable à long terme et d'intégrer les anticipations inflationnistes.
Scénarios pris pour des prévisions. Dans l'exemple, passer de (8 % ; 2 %) à (5 % ; 4 %) illustre des variations de −3 et +2 points. Ces valeurs ne permettent pas d'annoncer qu'un chômage de 5 % entraînera toujours une inflation de 4 %. Il faut revenir aux données et au cadre observés.
Lecture isolée des axes. Comparer le chômage d'une situation à l'inflation d'une autre fabrique un couple inexistant. Le symptôme est un point dont les deux coordonnées ne partagent ni période ni contexte ; il faut reformer des couples cohérents avant toute interprétation.

Pour aller plus loin

Un prolongement naturel consiste à étudier le rôle des anticipations inflationnistes dans la remise en cause de l'arbitrage durable. Cette piste conduit à distinguer soigneusement ce qu'une relation empirique décrit à court terme et ce qu'un raisonnement macroéconomique peut soutenir à long terme.
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