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AnalyseReprésentation graphique · Glossaire

courbe de Minkowski

La courbe de Minkowski est la limite d’une construction fractale partant d’un segment : à chaque étape, chaque segment est remplacé par huit segments quatre fois plus courts, formant deux créneaux carrés opposés. La répétition indéfinie de ce motif produit une courbe autosimilaire de dimension 3/2, utile pour comprendre comment une règle géométrique simple engendre une longueur infinie.
Générateur de la courbe de Minkowski Un segment de seize centimètres est remplacé par huit segments de quatre centimètres formant deux détours carrés opposés. Étape 0 1 segment de 16 cm Étape 1 8 segments de 4 cm
Le générateur conserve les extrémités : un segment de 16 cm devient huit segments de 4 cm, répartis en deux détours opposés.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître le motif de huit segments et ses deux détours opposés.
  • Calculer le nombre de segments et la longueur après une ou plusieurs itérations.
  • Relier le facteur de réduction 4 à la dimension de similitude 3/2.
  • Distinguer une approximation polygonale finie de la courbe limite.

En clair

Tracez un segment, partagez-le en quatre morceaux égaux, puis transformez sa partie centrale en deux créneaux carrés, l'un d'un côté et l'autre du côté opposé. Le trait droit devient ainsi une ligne brisée de huit petits segments.
La courbe de Minkowski naît quand cette même transformation est répétée sur chaque nouveau segment, sans fin. À chaque étape, le dessin gagne des détours plus petits. La courbe limite conserve ce détail à toutes les échelles.

Définition

La courbe de Minkowski est la limite d'une suite de lignes polygonales. On part d'un segment. Chaque segment est remplacé par un motif de huit segments, tous quatre fois plus courts, qui forme deux détours carrés orientés de part et d'autre de la direction initiale. La substitution est appliquée simultanément à tous les segments obtenus.
Après un nombre d'itérations noté n, le tracé compte 8n8^n segments. Si la longueur initiale est notée L0, chacun mesure L0/4nL_0/4^n et la longueur polygonale totale vaut Ln=L02nL_n=L_0\,2^n. La longueur augmente donc sans borne, alors que les extrémités du motif remplacé restent celles du segment précédent.
Le motif étant composé de huit copies réduites d'un facteur 4, sa dimension de similitude, notée d, vérifie l'égalité suivante : 8=4d8=4^d. On obtient exactement d=log8/log4=3/2d=\log 8/\log 4=3/2, une valeur strictement supérieure à 1.

Où on le rencontre

On rencontre généralement la courbe de Minkowski sous la forme d'une ligne brisée dessinée à une étape finie. Le tracé comporte seulement des segments horizontaux ou verticaux, de même longueur à une étape donnée. Deux détours carrés successifs se placent de côtés opposés. Le même motif réapparaît, réduit, sur chacun des segments.
Ce dessin porte deux informations : le rang de l'itération, visible par le nombre de segments, et le facteur d'échelle, lisible dans leur longueur. Une approximation finie montre la règle de construction ; elle ne montre jamais tous les détails de la courbe limite.

Le mode d'emploi

La grandeur la plus directe à lire est la longueur polygonale à une étape donnée. 1. Repérez le segment initial et sa longueur. 2. Comptez les itérations : chacune multiplie le nombre de segments par 8 et divise leur longueur par 4. 3. Multipliez le nombre de segments par la longueur d'un segment. 4. Pour la dimension de similitude, comparez huit copies au facteur de réduction 4.
La convention essentielle est de préciser le rang : une image affichée est une approximation polygonale, tandis que la courbe de Minkowski désigne la limite de toutes les étapes. À petite échelle, l'œil peut prendre les créneaux pour une épaisseur ou un flou. Il faut revenir au motif élémentaire et compter ses huit segments distincts.

Un exemple, pas à pas

On construit les deux premières approximations à partir d'un segment de 16 cm. Données : longueur initiale 16 cm ; huit segments remplacent chaque segment ; le facteur de réduction est 4.
1. À l'étape 0, il y a 1 segment de 16 cm. La longueur totale est donc 16 cm.
2. À l'étape 1, il y a 8 segments de 4 cm. La longueur totale vaut 8 × 4 cm = 32 cm.
3. À l'étape 2, chacun des 8 segments produit 8 nouveaux segments : il y en a 64, longs de 1 cm. La longueur totale vaut 64 × 1 cm = 64 cm.
4. Le passage d'une étape à la suivante double donc la longueur polygonale.
Le contrôle se refait sans dessin : à l'étape 2, la formule donne 16×22=64 cm16\times2^2=64\ \mathrm{cm}. Pour la dimension, huit copies quatre fois plus petites donnent log8/log4=3/2\log 8/\log 4=3/2.

En pratique

Pour construire le dessin, on choisit une étape finie, puis on remplace chaque segment par le même motif orienté dans sa propre direction. Un tracé polygonal ordinaire suffit si l'on veut seulement montrer quelques rangs ; la règle itérative devient préférable dès qu'il faut produire beaucoup de segments sans oubli.
Pour comparer la complexité d'échelle, on relève huit copies réduites d'un facteur 4 et on calcule la dimension 3/2. La longueur du dessin convient plutôt pour comparer deux étapes finies, car elle double à chaque itération.
Pour contrôler une reproduction, on vérifie que les deux extrémités restent fixes, que tous les petits segments ont la même longueur et que les deux détours sont opposés. Un seul de ces critères en défaut signale que le générateur a été déformé.

À ne pas confondre

La dimension fractale. La courbe de Minkowski est un objet géométrique ; sa dimension fractale est un nombre qui décrit son changement d'échelle. Dans l'exemple, le tracé est la courbe, tandis que 3/2 est sa dimension de similitude.
L'espace-temps de Minkowski. Le nom de Hermann Minkowski est aussi associé à la théorisation de l'espace-temps en relativité restreinte. Le critère décisif est le contexte : une substitution répétée de segments concerne la courbe fractale, pas l'espace-temps.

Limites et pièges

Une étape finie reste une ligne polygonale. Son nombre de segments et sa longueur sont finis, et sa dimension usuelle est 1. Il faut réserver la dimension 3/2 à la courbe limite définie par l'itération indéfinie.
La longueur ne converge pas. Elle vaut 16 cm, 32 cm, puis 64 cm dans l'exemple et double ensuite à chaque étape. Chercher une longueur finale finie masque donc le comportement de la construction ; il faut décrire sa croissance avec le rang.
Le facteur 4 porte sur chaque petit segment. Il ne signifie pas que la longueur totale est divisée par 4. Comme huit segments remplacent un segment, la longueur totale est multipliée par 8/4, donc par 2.
Le dessin doit conserver les deux côtés du motif. Placer les deux détours du même côté ne respecte pas la construction donnée. Pour contrôler l'orientation, on suit le tracé depuis une extrémité et on vérifie l'alternance des deux créneaux.

Pour aller plus loin

La fiche dimension fractale précise la mesure qui associe la valeur 3/2 à cette courbe autosimilaire.
L'article La dimension fractale replace ce calcul d'échelle dans une présentation plus large de la géométrie fractale.
La fiche fractale déterministe situe la courbe de Minkowski parmi les objets engendrés par une règle répétée sans hasard.
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