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GéométrieNotion · Glossaire
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Cues Nicolas de

Nicolas de Cues est un philosophe, théologien et savant allemand du XVe siècle, également cardinal. Ses travaux touchent notamment à la quadrature du cercle et à l'infini mathématique, tandis que sa pensée est marquée par la docta ignorantia et la coïncidence des opposés.
Égalité d'aires recherchée r = 1 aire = π cercle = c = √π aire = π carré
Le cercle de rayon 1 et le carré de côté √π ont chacun une aire π ; la figure montre l'égalité recherchée, pas une construction à la règle et au compas.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer Nicolas de Cues, Nicolas Krebs ou Nicolaus Cusanus entre philosophie, théologie et sciences.
  • Comprendre la quadrature du cercle à partir d'un cercle de rayon 1.
  • Distinguer une égalité d'aires exacte d'une approximation numérique et d'une construction.
  • Relier la docta ignorantia et la coïncidence des opposés à son portrait philosophique.

En clair

Imaginez un cercle dont on voudrait fabriquer un carré de même aire, uniquement avec une règle et un compas. Cette question, appelée quadrature du cercle, oblige à réfléchir au lien entre une figure courbe et une figure droite. Nicolas de Cues s'y intéressa parmi d'autres questions mathématiques, mécaniques et astronomiques.
Son œuvre ne se limite pas au calcul. La docta ignorantia, ou savante ignorance, invite à reconnaître les limites de ce que l'on peut connaître, tandis que la coïncidence des opposés rapproche des idées qui semblent contradictoires.

Définition

Nicolas Krebs, dit Nicolas de Cues ou Nicolaus Cusanus, est un philosophe, théologien et savant allemand né en 1401 et mort en 1464. Son profil est encyclopédique : il s'intéressa aux mathématiques, à la mécanique et à l'astronomie, en parallèle d'une carrière ecclésiastique qui le conduisit au rang de cardinal.
En mathématiques, la quadrature du cercle désigne le problème consistant à construire un carré de même aire qu'un cercle donné. Si le rayon du cercle est noté r, son aire s'écrit A=πr2A=\pi r^2 ; le côté du carré recherché devrait donc être rπr\sqrt{\pi}. Cette écriture décrit l'égalité d'aires, mais elle ne fournit pas à elle seule une construction à la règle et au compas.
Nicolas de Cues travailla sur cette question et proposa aussi des réflexions sur l'infini qui annoncent certains développements ultérieurs de l'analyse. En philosophie, il est surtout connu pour la docta ignorantia et pour sa conception de la coïncidence des opposés. La source le présente ainsi à la fois comme acteur des sciences de son temps et comme penseur des limites de la connaissance.

Un exemple, pas à pas

Prenons un cercle de rayon 1, sans prétendre reconstituer une construction historique de Nicolas de Cues. Les données sont les suivantes : le rayon vaut r = 1 ; l'aire du cercle vaut A=πr2A=\pi r^2 ; le carré recherché doit avoir cette même aire.
Le calcul se déroule ainsi :
1. Le rayon est remplacé par sa valeur : A=π×12A=\pi\times 1^2.
2. Comme 12=11^2=1, l'aire devient A=πA=\pi.
3. Si le côté du carré est noté c, son aire vaut c2c^2 ; l'égalité des aires impose donc c2=πc^2=\pi.
4. La longueur positive recherchée est c=π1,77245c=\sqrt{\pi}\approx1{,}77245.
Le carré a donc une aire c2=(π)2=πc^2=(\sqrt{\pi})^2=\pi, exactement celle du cercle. Le contrôle consiste à remettre le côté calculé au carré ; l'approximation 1,77245 ne donne qu'une aire approchée, alors que c=πc=\sqrt{\pi} conserve l'égalité exacte.

En pratique

Pour aborder le travail mathématique de Nicolas de Cues, on peut partir d'une figure concrète : comparer l'aire d'un cercle et celle d'un carré. Le geste consiste à identifier la grandeur commune recherchée, puis à distinguer l'égalité d'aires de la possibilité effective de construire la figure.
Pour situer sa pensée, on peut ensuite mettre en regard une question de connaissance et une question de calcul. La docta ignorantia sert à formuler les limites du savoir, tandis que la quadrature du cercle fournit un problème géométrique précis.
Une lecture historique gagne enfin à garder ensemble ses domaines d'intérêt : mathématiques, mécanique, astronomie et carrière ecclésiastique. Cette approche évite de réduire le cardinal à un seul résultat ou le philosophe à une seule doctrine.

À ne pas confondre

La quadrature du cercle ne se confond pas avec le simple calcul de l'aire d'un cercle. Si l'on connaît le rayon, la formule A=πr2A=\pi r^2 donne cette aire ; la quadrature demande en plus de construire un carré de même aire avec les instruments géométriques admis. Le cas qui tranche est donc la présence ou non d'une exigence de construction.
La docta ignorantia ne signifie pas une absence générale de savoir. Dans la source, elle désigne une doctrine philosophique, associée à la reconnaissance des limites de la connaissance. Un énoncé sur ce que l'on peut connaître relève donc de cette doctrine ; un calcul d'aire relève de la géométrie.

Limites et pièges

Une égalité d'aires ne suffit pas à établir une construction géométrique. Pour le cercle de rayon 1, le côté théorique du carré vaut π\sqrt{\pi}, soit environ 1,77245 ; remplacer cette longueur par son arrondi produit seulement une aire approchée. Le symptôme est l'emploi d'un signe égal entre une valeur arrondie et une valeur exacte ; il faut écrire « environ » ou utiliser \approx.
La quadrature du cercle est ici présentée comme une question mathématique à laquelle Nicolas de Cues s'intéressa. La source ne permet pas d'attribuer à cet auteur une méthode précise de construction, ni de dater séparément chacune de ses réflexions sur l'infini. Il faut donc distinguer l'intérêt attesté pour un problème de la démonstration d'un résultat détaillé.
Enfin, annoncer que ses réflexions sur l'infini « annoncent » des développements ultérieurs de l'analyse ne revient pas à dire qu'il a fondé l'analyse moderne. Le bon réflexe consiste à conserver cette formulation de filiation prudente et à ne pas transformer une annonce historique en attribution directe.

Pour aller plus loin

Pour prolonger la réflexion, on peut comparer le problème de la quadrature du cercle à la question plus générale du rapport entre objets finis et infini mathématique. Le cercle de rayon 1 fournit un exemple concret : son aire est exactement π\pi, mais une écriture décimale n'en donne qu'une approximation. Cette distinction aide à comprendre pourquoi un calcul numérique et une construction géométrique ne sont pas le même geste.
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