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Histoire et cultureNotion · Glossaire

d'Alembert Jean le Rond

Jean le Rond d'Alembert est un philosophe, physicien et mathématicien français, figure majeure des Lumières. Avec Diderot, il codirige l'Encyclopédie et rédige son Discours préliminaire.
Chronologie de Jean le Rond d'Alembert Frise de 1717 à 1783 montrant l'entrée à l'Académie des sciences, trois publications et l'élection à l'Académie française. 1717 Naissance 1741 Académie des sciences 1743 Traité de dynamique 1744 Traité des fluides 1752 Éléments de musique 1754 Académie française 1783 Mort
La frise sépare l'entrée aux Sciences, trois publications et l'élection à l'Académie française.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier les étapes majeures de la vie de Jean le Rond d'Alembert entre 1717 et 1783.
  • Relier la codirection de l'Encyclopédie à son projet intellectuel des Lumières.
  • Distinguer ses ouvrages de 1743, 1744 et 1752 ainsi que ses deux élections académiques.
  • Situer les résultats mathématiques et physiques auxquels son nom reste associé sans surinterpréter la source.

En clair

Pour comprendre le rôle de d'Alembert, il faut regarder comment son parcours relie institutions, livres et débats d'idées. Les repères qui jalonnent sa vie permettent de distinguer ce qu'il produit comme scientifique, ce qu'il transmet comme auteur et ce qu'il organise avec Diderot.
Son parcours relie plusieurs domaines : il travaille en mathématiques et en physique, écrit sur la musique et codirige avec Diderot l'Encyclopédie. Il incarne ainsi le projet des Lumières qui associe progrès des connaissances et progrès social.

Définition

Jean le Rond d'Alembert (1717-1783) est un philosophe, écrivain, physicien et mathématicien français. Fils naturel abandonné à sa naissance sur les marches de la chapelle Saint-Jean-le-Rond, il reçoit de ce lieu son prénom. Après des études de droit, de médecine et de mathématiques, il entre à l'Académie des sciences en 1741. Ami de Voltaire et adversaire de l'absolutisme politique et religieux, il compte parmi les figures majeures du siècle des Lumières. Il est élu à l'Académie française en 1754.
Avec Diderot, d'Alembert codirige l'Encyclopédie. Il en rédige le Discours préliminaire, manifeste intellectuel qui affirme un lien entre progrès des connaissances et progrès social. Cette activité d'écrivain et de philosophe accompagne une œuvre scientifique qui fait de lui l'un des mathématiciens et physiciens les plus influents du XVIIIe siècle.
Le Traité de dynamique de 1743 énonce le principe de d'Alembert : l'ajout des forces d'inertie aux forces appliquées permet de traiter un problème de dynamique comme un équilibre. Le Traité des fluides paraît en 1744. D'Alembert travaille aussi sur les vents, les cordes vibrantes et la précession des équinoxes. En mathématiques, la source lui attribue la première définition rigoureuse de la limite et du nombre dérivé ; son nom reste attaché au théorème fondamental de l'algèbre. Son intérêt pour la musique conduit enfin aux Éléments de musique suivant les principes de Rameau, publiés en 1752.

Un exemple, pas à pas

Un lecteur veut reconstituer le parcours qui mène d'Alembert des institutions savantes à ses principaux ouvrages. Les repères disponibles sont 1741, 1743, 1744, 1752 et 1754.
1. Il commence par 1741 : d'Alembert entre à l'Académie des sciences, après avoir étudié notamment les mathématiques.
2. Il place ensuite les ouvrages scientifiques : le Traité de dynamique paraît en 1743, puis le Traité des fluides en 1744.
3. Il ajoute le versant musical : les Éléments de musique suivant les principes de Rameau sont publiés en 1752.
4. Il termine par 1754, année de l'élection à l'Académie française. Le contrôle est refaisable : l'ordre doit rester 1741, 1743, 1744, 1752, 1754, sans attribuer la même date à l'entrée dans les deux académies.

En pratique

Pour situer d'Alembert dans l'histoire des Lumières, l'Encyclopédie est le repère le plus direct. Sa codirection avec Diderot et la rédaction du Discours préliminaire relient son travail savant à une réflexion sur le progrès social.
Pour suivre son œuvre de physicien, les titres et les dates séparent les sujets. Le Traité de dynamique de 1743 concerne la mécanique rationnelle ; le Traité des fluides de 1744 ouvre un autre ensemble de travaux.
Pour aborder son héritage mathématique, deux indices sont utiles : ses travaux sur la limite et le nombre dérivé, puis son nom attaché au théorème fondamental de l'algèbre. Pour son intérêt musical, le point d'entrée est au contraire l'ouvrage de 1752 consacré aux principes de Rameau.

À ne pas confondre

Le principe de d'Alembert et le théorème fondamental de l'algèbre ne sont pas deux noms pour un même résultat. Le premier est rattaché ici au Traité de dynamique et à la mécanique rationnelle ; le second est un résultat mathématique auquel le nom de d'Alembert est attaché.
L'Académie des sciences et l'Académie française sont deux institutions distinctes dans la chronologie. D'Alembert entre dans la première en 1741 et est élu à la seconde en 1754 ; ces dates permettent de trancher toute attribution inversée.
Codiriger l'Encyclopédie avec Diderot ne signifie pas avoir écrit seul l'ensemble de l'ouvrage. Le fait précis donné par la source est double : d'Alembert en assure la codirection et rédige le Discours préliminaire.

Limites et pièges

Plusieurs résultats portent le nom de d'Alembert, mais un nom attaché à un résultat ne suffit pas à préciser la nature de sa contribution. Le symptôme d'un raccourci est de transformer cette association en attribution détaillée ; il faut alors revenir à l'énoncé exact fourni par la source.
La source présente d'Alembert comme le premier à donner une définition rigoureuse de la limite et du nombre dérivé, sans reproduire ces définitions. Une lecture historique peut retenir cette attribution, mais leur formulation mathématique exige un document qui donne les textes et les conventions employés.
Les travaux sur les vents, les cordes vibrantes et la précession des équinoxes sont mentionnés sans date ni résultat détaillé. Leur attribuer 1743 ou 1744 uniquement parce qu'ils voisinent avec les deux traités serait une fausse précision ; il faut les laisser non datés ici.
Le lien entre progrès des connaissances et progrès social appartient au Discours préliminaire tel que la source le caractérise. Il ne faut pas le convertir en loi scientifique : c'est la thèse intellectuelle d'un manifeste, replacée dans le projet des Lumières.

Pour aller plus loin

Deux entrées prolongent les versants éditorial et mathématique de ce portrait sans confondre la personne avec les œuvres ou résultats associés à son nom.
Encyclopédie de Diderot et d'Alembert situe l'entreprise codirigée par les deux auteurs.
théorème fondamental de l'algèbre développe le résultat mathématique auquel le nom de d'Alembert reste attaché.
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