Passer au contenu principal
AlgèbreNotion · Glossaire

de Gua de Malves Jean-Paul

Jean-Paul de Gua de Malves (1712-1786) est un prêtre, philosophe et mathématicien français. Chargé de superviser la traduction de la Cyclopaedia de Chambers, il élargit le projet avant de se retirer ; Diderot et d'Alembert le reprennent et l'accomplissent sous la forme de l'Encyclopédie, ce qui fait de lui son initiateur.
Chronologie de Jean-Paul de Gua de Malves Naissance à Carcassonne en 1712, publication de l'Usage de l'analyse de Descartes en 1741, mort à Paris en 1786. Trois repères dans un parcours savant 1712 1741 1786 1712 — naissance à Carcassonne 1741 — publication de l'Usage de l'analyse de Descartes 1786 — mort à Paris
La chronologie distingue les trois repères datés de la source : naissance en 1712, ouvrage publié en 1741 et mort en 1786.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Jean-Paul de Gua de Malves et ses repères biographiques.
  • Relier son ouvrage de 1741 à ses travaux mathématiques.
  • Comprendre pourquoi il est considéré comme l'initiateur de l'Encyclopédie.

En clair

En 1741, un prêtre devenu savant publie à Paris un ouvrage consacré à l'analyse de Descartes. Ce travail sur les lignes géométriques et les équations lui ouvre les portes de l'Académie royale des sciences.
Jean-Paul de Gua de Malves est surtout retenu pour avoir lancé le projet qui deviendra l'Encyclopédie. Chargé de traduire la Cyclopaedia de Chambers, il transforme cette mission en entreprise collective, avant de se retirer après un conflit avec les éditeurs. Diderot et d'Alembert reprendront ensuite le projet.

Définition

Jean-Paul de Gua de Malves est un prêtre, philosophe et mathématicien français né à Carcassonne en 1712 et mort à Paris en 1786. Après un séjour en Italie, il s'oriente vers les sciences à Paris, tout en ayant commencé par la carrière ecclésiastique.
Son ouvrage publié en 1741, Usage de l'analyse de Descartes pour découvrir, sans le secours du calcul différentiel, les propriétés des lignes géométriques de tous les ordres, porte sur une approche géométrique et algébrique. Ses travaux concernent notamment le nombre de racines des équations algébriques, c'est-à-dire le nombre de solutions qu'une équation peut posséder dans le cadre étudié.
Son parcours scientifique est lié à l'histoire des institutions et de l'édition savante. Après un différend avec l'Académie des sciences, il occupe la chaire de philosophie au Collège de France. Il reçoit ensuite la responsabilité de superviser la traduction de la Cyclopaedia de Chambers, mais élargit le projet au-delà d'une traduction, réunit de nombreux savants, puis se retire après un conflit avec les éditeurs. Le projet sera repris et mené à bien par Diderot et d'Alembert sous la forme de l'Encyclopédie.

Un exemple, pas à pas

Pour suivre son rôle dans l'histoire de l'Encyclopédie, on peut reconstituer la chaîne des événements rapportés par la source. Le point de départ est la Cyclopaedia de Chambers, dont on lui propose de superviser la traduction.
Activité : remettez dans l'ordre ces quatre jalons rapportés par la source : A) l'entreprise est reprise et accomplie par Diderot et d'Alembert sous le nom d'Encyclopédie ; B) de Gua de Malves accepte la responsabilité éditoriale ; C) ses ambitions provoquent un conflit avec les éditeurs, auquel il répond par son retrait ; D) il dépasse le cadre d'une traduction simple et rassemble autour de lui les plus grands savants. Correction : B → D → C → A. Cette lecture distingue l'impulsion initiale, le retrait après le conflit et l'accomplissement final par les repreneurs.
Cet enchaînement explique la nuance du titre d'initiateur : de Gua de Malves lance l'entreprise, mais il n'est pas celui qui l'achève. La source distingue ainsi clairement l'impulsion initiale et la réalisation finale.

En pratique

Pour situer de Gua de Malves, il est utile de retenir trois repères : une formation ecclésiastique, une activité scientifique à Paris et un rôle d'impulsion dans un grand projet éditorial. Son ouvrage de 1741 relie son nom aux mathématiques, tandis que la Cyclopaedia le relie à l'histoire de l'Encyclopédie.
Son parcours ne se réduit pourtant pas à une réussite continue. Après son différend avec l'Académie, il enseigne la philosophie au Collège de France. Il échoue aussi dans des projets d'extraction d'or en Languedoc, de publication périodique scientifique et d'emprunt sur loteries.

À ne pas confondre

De Gua de Malves ne doit pas être confondu avec Diderot et d'Alembert. Il est considéré comme l'initiateur du projet encyclopédique, alors que Diderot et d'Alembert reprennent et accomplissent l'entreprise sous la forme de l'Encyclopédie.
Il ne faut pas non plus réduire son activité à la seule Encyclopédie. Il est d'abord présenté comme prêtre, philosophe et mathématicien ; son ouvrage de 1741 traite de l'analyse de Descartes, et ses travaux portent notamment sur le nombre de racines des équations algébriques.

Limites et pièges

Le mot « initiateur » ne signifie pas que de Gua de Malves a publié l'Encyclopédie achevée. La source lui attribue le lancement du projet à partir de la traduction envisagée de la Cyclopaedia de Chambers ; elle attribue l'accomplissement à Diderot et d'Alembert.
La chronologie disponible permet d'associer 1712 à sa naissance, 1741 à la publication de son ouvrage sur l'analyse de Descartes et 1786 à sa mort. Elle ne donne pas de date précise pour le différend avec l'Académie, la proposition éditoriale, le retrait ou la reprise du projet : ces étapes ne doivent donc pas être datées davantage.
Enfin, l'expression « nombre de racines » concerne ses travaux mathématiques, mais la source ne fournit ni équation particulière ni résultat numérique. Il serait abusif d'en déduire une méthode complète ou de lui attribuer un calcul précis absent du dossier.

Pour aller plus loin

Le parcours de de Gua de Malves montre comment une entreprise savante peut changer de nature en cours de route. Une traduction prévue devient un projet élargi, collectif et original ; son initiateur s'en retire, puis d'autres acteurs le reprennent et lui donnent sa forme historique.
Cette trajectoire invite aussi à distinguer trois dimensions souvent mêlées : la recherche mathématique, l'enseignement philosophique et l'organisation éditoriale. Condorcet lui consacre un éloge à l'Académie, tandis que la fin de sa vie est marquée par un accident, une invalidité presque complète et une situation proche de la pauvreté.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres