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AlgèbreObjet mathématique · Glossaire

équation aux dimensions

En physique, une équation aux dimensions est une relation qui exprime les grandeurs physiques intervenant dans un phénomène en termes de leurs dimensions fondamentales (longueur, masse, temps, etc.), indépendamment de toute valeur numérique. L'analyse dimensionnelle permet de vérifier la cohérence d'une expression physique, de déterminer, dans un système donné, la famille ou la combinaison d'unités dans laquelle le résultat peut être exprimé, et parfois de retrouver la forme d'une loi physique. Les unités utilisées sont en principe celles du Système international (SI).
Calcul et dimensions de l’énergie cinétique Une masse de 2 kilogrammes et une vitesse de 3 mètres par seconde conduisent à une énergie de 9 joules et à la dimension M fois L carré fois T puissance moins deux. Masse m = 2 kg [m] = M Vitesse v = 3 m/s [v] = L·T⁻¹ Énergie Ec = 9 J [Ec] = M·L²·T⁻² Cohérence 1/2 × 2 × 3² = 9 M × (L·T⁻¹)² = M·L²·T⁻²
Les valeurs donnent 9 J tandis que les dimensions de la masse et de la vitesse composent M·L²·T⁻².
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer une dimension physique d’une unité de mesure.
  • Tester l’homogénéité dimensionnelle d’une formule.
  • Retrouver l’unité SI d’une énergie à partir de ses dimensions.
  • Reconnaître ce que l’analyse dimensionnelle ne peut pas valider.

En clair

Une masse de 2 kg avance à 3 m/s. Avant même de calculer son énergie cinétique, on peut contrôler la formule proposée en oubliant les nombres et en ne gardant que la nature des grandeurs : masse, longueur et temps.
L’équation aux dimensions joue ainsi le rôle d’un contrôle de fabrication. Les deux côtés d’une égalité physique doivent combiner les mêmes dimensions. Si l’un décrit une énergie et l’autre une vitesse, la formule ne peut pas être correcte.

Définition

Une équation aux dimensions remplace chaque grandeur physique par sa dimension, sans conserver sa valeur numérique ni l’unité particulière choisie. Les dimensions fondamentales les plus courantes sont la masse, notée M, la longueur, notée L, et le temps, noté T. Une grandeur dérivée s’écrit comme un produit de puissances de ces dimensions. Ainsi, si v désigne une vitesse, sa dimension est [v]=LT1[v]=L\,T^{-1}.
Une relation physique est dimensionnellement homogène lorsque tous les termes additionnés et les deux membres de l’égalité ont la même dimension. Pour l’énergie cinétique Ec d’un corps de masse m et de vitesse v, le coefficient 1/2 est sans dimension et l’équation donne :
[Ec]=[m][v]2=M(LT1)2=ML2T2[E_c]=[m]\,[v]^2=M\,(L\,T^{-1})^2=M\,L^2\,T^{-2}
Dans le Système international, cette dimension s’exprime en kg·m2·s−2, unité appelée joule. Cette vérification est nécessaire, mais elle ne prouve pas à elle seule que la loi est physiquement juste.

De quoi c'est fait

Une équation aux dimensions comporte quatre éléments. Les grandeurs physiques, comme la masse m ou la vitesse v, nomment ce que l’on étudie. Les symboles M, L et T désignent les dimensions fondamentales masse, longueur et temps. Les exposants indiquent comment ces dimensions se combinent. Enfin, le signe égal impose une même combinaison de dimensions dans les deux membres.
La dimension d’une grandeur dérivée dépend de celles de ses facteurs : élever la vitesse au carré double les exposants de L et de T. La dimension du résultat dépend donc à la fois des facteurs présents et de leurs puissances.
Les symboles d’unités, tels que kg, m et s, ne définissent pas l’équation aux dimensions : ils réalisent les dimensions dans un système d’unités. La relation dimensionnelle suffit à prévoir la famille d’unités du résultat et à tester l’homogénéité d’une formule.

Un exemple, pas à pas

On veut calculer l’énergie cinétique Ec d’un objet en mouvement et contrôler la formule avant d’accepter le résultat. Les données sont une masse m de 2 kg et une vitesse v de 3 m/s.
1. On écrit la relation proposée, où m désigne la masse et v la vitesse : Ec=12mv2E_c=\frac{1}{2}mv^2.
2. On remplace les grandeurs par leurs dimensions. La masse a pour dimension M et la vitesse pour dimension L·T−1. Le membre de droite a donc la dimension M·L2·T−2, celle d’une énergie. La formule est homogène.
3. On effectue le calcul avec les valeurs annoncées : Ec=12×2×32=9E_c=\frac{1}{2}\times2\times3^2=9. L’énergie cinétique vaut exactement 9 J pour ces données exactes.
Le contrôle peut être refait sur les unités : kg·(m/s)2 devient kg·m2·s−2, soit J. Il confirme l’unité du résultat, sans démontrer que le coefficient 1/2 est le bon. Le schéma synthétise cette double vérification.

En pratique

Lorsqu’une formule est recopiée ou construite, on remplace chaque grandeur par sa dimension. Une différence entre les deux membres révèle une puissance oubliée, une grandeur manquante ou une opération impossible. Si les dimensions coïncident, il faut encore vérifier la loi par le raisonnement physique ou l’expérience.
Pour prévoir l’unité d’un résultat, on traduit la dimension obtenue dans le système choisi. La dimension M·L2·T−2 conduit à kg·m2·s−2 en SI ; dans un autre système d’unités, les symboles et la valeur numérique peuvent changer, pas la dimension.
Quand la forme d’une loi est inconnue, on peut supposer qu’une grandeur dépend de puissances d’autres grandeurs, puis égaler les exposants de M, L et T. Cette démarche réduit les formes possibles. Des constantes sans dimension ou plusieurs combinaisons compatibles exigent toutefois des informations supplémentaires.

À ne pas confondre

Une dimension physique n’est pas une unité de mesure. La longueur est une dimension ; le mètre, le centimètre ou le pied sont des unités possibles. Changer de mètres en centimètres modifie la valeur numérique, mais laisse la dimension L inchangée.
Une équation aux dimensions n’est pas l’équation numérique de la loi. L’écriture [Ec] = M·L2·T−2 décrit la nature de l’énergie ; elle ne contient ni la valeur 9 J de l’exemple ni le coefficient 1/2 de la formule.
L’homogénéité dimensionnelle n’est pas une validation expérimentale. Les formules Ec = mv2 et Ec = ½mv2 ont les mêmes dimensions, mais l’analyse dimensionnelle ne permet pas de choisir leur coefficient.

Limites et pièges

Une formule homogène peut rester fausse. Multiplier l’énergie cinétique par 2, ajouter un coefficient sans dimension erroné ou employer une mauvaise dépendance compatible ne déclenche aucune alerte dimensionnelle. Il faut alors revenir à la théorie ou aux mesures.
Dans une somme, chaque terme doit avoir la même dimension. L’expression « 2 kg + 3 m » échoue immédiatement, car elle additionne une masse et une longueur. En revanche, deux grandeurs différentes peuvent partager une dimension : cette égalité de dimensions ne les rend pas identiques.
Une grandeur sans dimension a pour dimension 1, mais sa valeur n’est pas forcément égale à 1. Les angles exprimés en radians, les rapports de deux longueurs et certains coefficients peuvent être sans dimension. Leur rôle ne disparaît donc pas de la loi.
Les arguments d’une exponentielle, d’un logarithme ou d’une fonction trigonométrique doivent être sans dimension. Si une expression place directement un temps mesuré en secondes dans une exponentielle, il manque une grandeur de même dimension pour former un rapport sans dimension.

Pour aller plus loin

Le système international d’unités relie les dimensions fondamentales aux unités de base et nomme certaines unités dérivées, comme le joule.
L’analyse dimensionnelle peut aussi rechercher des lois de puissance. En égalant séparément les exposants de chaque dimension fondamentale, on obtient des contraintes algébriques sur les exposants inconnus. Cette méthode détermine une forme possible, mais pas les constantes sans dimension ni toutes les dépendances entre variables.
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