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GéométrieNotion · Glossaire

escalier de Penrose

L'escalier de Penrose est une figure plane impossible qui représente quatre volées reliées en boucle : parcourues dans un même sens, elles semblent toutes monter, ou toutes descendre, alors que le trajet revient à son point de départ. Chaque raccord paraît cohérent isolément, mais leur assemblage ne peut former un escalier tridimensionnel, car on ne peut gagner ou perdre de la hauteur tout en revenant au même point.
Boucle logique de l'escalier de Penrose Quatre volées relient A, B, C et D en boucle. Une flèche sur chaque volée suit le même sens de montée apparent. A B C D
Chaque volée paraît monter dans le sens A–B–C–D–A, mais le tour se referme exactement sur son point de départ.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier la contradiction entre montée locale et retour au même point.
  • Expliquer le rôle des raccords, des ombres et de l'interprétation de la profondeur.
  • Distinguer l'escalier de Penrose du triangle de Penrose et d'un escalier en colimaçon.
  • Relier la figure aux Penrose et à l'œuvre d'Escher.

En clair

Imaginez quatre volées d'escalier reliées en carré. À chaque virage, votre regard accepte que la volée suivante continue de monter. Après le quatrième virage, vous revenez pourtant au point de départ : vous devriez donc retrouver exactement la hauteur initiale.
Ce parcours contradictoire est l'escalier de Penrose. Le dessin fonctionne parce qu'une image plane peut rendre chaque raccord localement plausible tout en masquant l'impossibilité de l'ensemble dans l'espace.

Définition

L'escalier de Penrose est une figure impossible dessinée sur un plan. Il représente une boucle fermée composée de quatre volées et de quatre virages à angle droit. Suivi dans un sens, chaque tronçon paraît monter ; suivi dans l'autre, chacun paraît descendre. Le parcours revient pourtant à son point de départ sans changement global de niveau.
La contradiction ne se trouve pas dans un virage pris isolément. Elle apparaît lorsque les quatre interprétations locales de la profondeur sont réunies en une seule construction tridimensionnelle. Un escalier réel ne peut pas à la fois gagner de la hauteur à chaque volée et refermer son parcours au même point. Les ombres, les zones grisées et les raccords orientent la perception afin que l'œil change discrètement d'interprétation spatiale.
Lionel et Roger Penrose ont présenté cette figure en 1958 dans le British Journal of Psychology. Elle s'inspire du triangle de Penrose et a ensuite été popularisée par Maurits Cornelis Escher dans Montée et Descente.

Un exemple, pas à pas

Considérons une boucle dont les quatre virages sont nommés A, B, C et D. Le sens de parcours est A–B–C–D–A, et chaque volée semble monter.
1. De A à B, le dessin suggère un gain de hauteur.
2. De B à C, la même lecture se poursuit après le premier virage.
3. De C à D, puis de D à A, les marches semblent encore monter.
4. Le dernier tronçon ramène cependant au point A, donc à la hauteur de départ.
Le contrôle consiste à comparer le début et la fin du tour : puisqu'il s'agit du même point A, sa hauteur ne peut pas avoir augmenté. La montée continue appartient donc à l'interprétation du dessin, non à un escalier constructible dans l'espace.

En pratique

Devant une figure impossible, suivez un parcours fermé plutôt que d'examiner un seul raccord. Si chaque tronçon paraît monter mais que le trajet revient au même point, la contradiction devient visible.
Pour analyser le dessin, cachez successivement une partie de la boucle. Les fragments peuvent sembler cohérents ; c'est leur assemblage complet qui ne peut pas recevoir une profondeur unique.
Face à une maquette ou à une prise de vue, changez de point de vue. Un assemblage réel peut produire une apparence proche depuis un angle choisi, mais l'illusion se défait lorsqu'un autre angle révèle les raccords.

À ne pas confondre

L'escalier de Penrose n'est pas le triangle de Penrose. Le premier enchaîne quatre volées d'escalier en boucle ; le second est l'objet impossible qui l'a inspiré. La présence de marches tranche entre les deux figures.
Ce n'est pas non plus un escalier en colimaçon. Dans un colimaçon réel, un tour complet conduit à un autre niveau. Dans l'escalier de Penrose, le tracé revient au même point tout en paraissant monter continûment.
Enfin, une simple perspective trompeuse peut déformer des longueurs sans créer de contradiction. Ici, le test décisif est la boucle : les indications locales de hauteur ne peuvent pas toutes appartenir au même objet tridimensionnel.

Limites et pièges

Chaque raccord peut sembler correct lorsqu'il est regardé seul. Le piège consiste à conclure que l'ensemble est donc constructible. Il faut suivre les quatre virages jusqu'au retour au point de départ et comparer les hauteurs imposées.
Les zones grisées ne prouvent pas une profondeur réelle : elles guident une interprétation parmi plusieurs. Pour tester la cohérence spatiale, il faut s'appuyer sur la fermeture du parcours plutôt que sur l'ombre d'une marche.
Une maquette photographiée sous un angle calculé peut imiter la figure sans constituer un escalier qui monte sans fin. Si l'effet disparaît quand le point de vue change, il s'agit d'une mise en scène perspective de l'image impossible.

Pour aller plus loin

La projection aide à distinguer un dessin plan de l'objet spatial qu'il semble représenter. La géométrie projective prolonge cette réflexion sur les propriétés conservées ou transformées par une représentation.
L'article Teja Krašek sur les traces d'Escher ouvre sur une pratique artistique contemporaine nourrie par l'univers géométrique d'Escher.
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