Histoire et cultureNotion · Glossaire
Gosselin Guillaume
Guillaume Gosselin est un algébriste français de la Renaissance, actif au XVIe siècle. Il emploie des lettres pour désigner les inconnues dans les équations et contribue à organiser l’algèbre comme un domaine autonome, lié à l’arithmétique et distinct de la géométrie. Son influence vraisemblable sur François Viète reste à distinguer d’une attribution certaine.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Guillaume Gosselin et ses œuvres connues.
- Comprendre le rôle des lettres pour désigner les inconnues.
- Distinguer son apport de celui de François Viète.
En clair
Dans un traité de la Renaissance, une lettre peut représenter un nombre que l'on ne connaît pas encore. Guillaume Gosselin emploie ce procédé pour écrire et résoudre des équations, au lieu de dépendre seulement de mots ou de nombres particuliers. Cette manière de faire rend les règles plus générales et aide à voir l'algèbre comme un domaine organisé, lié à l'arithmétique mais distinct de la géométrie. Gosselin défend aussi l'usage du français dans les textes scientifiques et participe à la diffusion des mathématiques grecques dans l'espace francophone.
Définition
Guillaume Gosselin est un algébriste français de la Renaissance, actif au XVIe siècle. Son travail porte sur l'organisation autonome de l'algèbre : il en formule des règles arithmétiques fondamentales et la distingue clairement de la géométrie, tout en conservant un lien structurel avec l'arithmétique.
Dans la résolution d'équations, les lettres servent à désigner les inconnues. Une inconnue est la quantité recherchée ; une équation exprime la relation que cette quantité doit satisfaire. Gosselin expose aussi la résolution de systèmes à plusieurs inconnues par combinaisons linéaires, c'est-à-dire en combinant des relations pour éliminer progressivement certaines inconnues. La source ne précise pas une notation complète ni un système particulier.
Ses œuvres connues sont De Arte Magna (1577), une traduction française de l'Arithmétique de Tartaglia (1578) et la Prælectio (1583). Cette dernière esquisse un programme organisé de géométrie, d'arithmétique et d'algèbre. Gosselin milite en outre pour le français scientifique, dans la lignée de Jacques Peletier du Mans.
Un exemple, pas à pas
Un exemple pédagogique borné permet de voir comment les lettres entrent dans un raisonnement algébrique. Il illustre la méthode décrite à propos du De Arte Magna, traité latin publié en 1577, sans reconstituer un système historique particulier.
Les éléments du cas sont les suivants : le traité s'intéresse aux règles arithmétiques de l'algèbre ; les équations contiennent des inconnues ; ces inconnues sont désignées par des lettres ; le traité aborde aussi des systèmes à plusieurs inconnues. Pour rendre la méthode refaisable, on prend ici le système pédagogique suivant : 2x + y = 7 et x + y = 5. Ce système n'est pas attribué au traité par la source.
D'abord, x et y désignent les deux quantités recherchées. Ensuite, on soustrait la seconde équation à la première : (2x + y) − (x + y) = 7 − 5, donc x = 2. Puis on remplace x par 2 dans x + y = 5 : 2 + y = 5, donc y = 3. Les règles arithmétiques permettent ainsi d'éliminer progressivement une inconnue avant de déterminer l'autre.
Dans cet exemple pédagogique, le résultat est x = 2 et y = 3. On le vérifie dans les deux relations : 2 × 2 + 3 = 7 et 2 + 3 = 5. Le calcul illustre la méthode générale de résolution attestée par la source pour le traité de 1577, mais la source ne fournit pas ce système historique particulier.
En pratique
Pour lire un texte consacré à Gosselin, il faut d'abord distinguer l'algèbre comme domaine de règles et les exemples particuliers d'équations. Les lettres signalent les inconnues ou les quantités générales ; elles ne désignent pas nécessairement une personne, un objet ou une unité concrète.
Pour situer son apport, on peut suivre ses trois œuvres connues : De Arte Magna en 1577, la traduction française de l'Arithmétique de Tartaglia en 1578, puis la Prælectio en 1583. Cette chronologie sépare les publications au lieu de les confondre.
Pour comprendre son projet, on observe ensemble trois éléments : la diffusion des mathématiques grecques dans l'espace francophone, la défense du français scientifique et l'organisation conjointe de la géométrie, de l'arithmétique et de l'algèbre.
À ne pas confondre
Gosselin ne doit pas être confondu avec François Viète. Le critère qui les sépare est historique : Gosselin est l'auteur des œuvres datées de 1577, 1578 et 1583 mentionnées ici, tandis que la source présente Viète comme un mathématicien vraisemblablement influencé par ses travaux. Un texte qui attribue directement à Gosselin l'élaboration de l'algèbre nouvelle de Viète franchit donc la distinction entre influence probable et œuvre attribuée.
L'algèbre de Gosselin ne doit pas non plus être réduite à la géométrie. Le cas qui tranche est la nature des opérations décrites : les lettres représentent des inconnues et les systèmes sont traités par combinaisons linéaires. La géométrie reste liée à ce programme d'étude, mais elle n'est pas le contenu exclusif de l'algèbre.
Limites et pièges
La source parle d'une influence vraisemblable sur François Viète, et non d'une filiation démontrée dans chaque détail. Le symptôme d'une lecture excessive est de transformer cette probabilité en attribution certaine. Il faut conserver le qualificatif « vraisemblablement » et distinguer l'œuvre de Gosselin de l'algèbre nouvelle de Viète.
La mention d'un emploi précoce des lettres ne signifie pas que Gosselin utilise déjà toute la notation algébrique moderne. Le symptôme est d'attribuer à ses textes une symbolique complète qui n'est pas décrite par la source. Il faut limiter l'affirmation à la désignation des inconnues par des lettres.
La date de mort est donnée vers 1590 : elle n'est pas une année exacte. Le piège consiste à la présenter comme une date précise. Il faut conserver l'approximation, tandis que 1577, 1578 et 1583 désignent respectivement trois œuvres ou publications distinctes.
Pour aller plus loin
La fiche algèbre permet de replacer les règles et les inconnues évoquées ici dans le domaine mathématique auquel Gosselin contribue. Le lecteur y gagne le cadre conceptuel nécessaire pour comprendre ce que signifie donner à l'algèbre un statut autonome.
La fiche arithmétique éclaire le lien structurel entre calcul sur les nombres et raisonnement algébrique. Elle aide à distinguer ce lien d'une réduction de l'algèbre à de simples calculs numériques.
La fiche Viète François et l'article La nouvelle algèbre de Monsieur Viète prolongent la question de l'influence vraisemblable de Gosselin sur l'algèbre nouvelle, sans confondre les deux trajectoires.
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