GéométrieNotion · Glossaire
Nemorarius Jordanus
Jordanus Nemorarius est un mathématicien et savant du XIIIe siècle à la biographie incertaine. Ses œuvres attribuées touchent l’algèbre, la mécanique, la géométrie et l’astronomie, notamment les inconnues, les poids et la projection stéréographique. Son éventuelle identité avec Jordanus le Saxon reste très controversée.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Jordanus Nemorarius et ses noms associés
- Relier ses œuvres à plusieurs domaines mathématiques
- Comprendre pourquoi certaines attributions restent prudentes
En clair
Imaginez un traité ancien où une lettre peut représenter une quantité inconnue, au lieu de devoir tout écrire avec des mots. Jordanus Nemorarius fait partie des savants médiévaux qui ont utilisé cette manière de raisonner en algèbre.
Son travail ne concerne pas seulement les nombres. La statique étudie les poids en équilibre, la dynamique les poids en mouvement ; il travaille aussi sur les figures et les astres. Une projection stéréographique représente une figure sur une autre surface : dans le Planispherium, il traite celle d'un cercle ; dans le Liber de ratione ponderis, il examine notamment le plan incliné.
Définition
Jordanus Nemorarius est le nom associé à un mathématicien et savant du 13e siècle, également appelé Jordanus de Nemore ou Giordano of Nemi. Sa biographie reste très incertaine : son origine italienne ou allemande est seulement envisagée, et son éventuelle identité avec Jordanus le Saxon est fortement controversée.
La notion désigne surtout un ensemble d'œuvres attribuées à ce savant. Le Liber de ratione ponderis, aussi appelé De ponderibus, porte sur la statique, la dynamique et des problèmes pratiques, avec une formulation du plan incliné améliorée par rapport à Aristote. D'autres traités relèvent de l'arithmétique, de l'algèbre, de la géométrie et de l'astronomie.
Dans l'algèbre, Jordanus compte parmi les premiers auteurs à employer des lettres pour désigner les inconnues et à démontrer des résultats avec des notations algébriques. Son Planispherium énonce le théorème sur la projection stéréographique d'un cercle. Cette attribution doit toutefois rester nuancée, car certaines œuvres ont été rééditées, commentées ou plagiées, tandis que d'autres sont demeurées inédites sous forme de manuscrits.
Un exemple, pas à pas
Pour suivre un exemple conducteur, prenons le cas d'un lecteur qui cherche ce que les écrits de Jordanus Nemorarius apportent à l'histoire des mathématiques. Les éléments disponibles sont les suivants : le Liber de ratione ponderis, le Planispherium, l'algèbre, et l'usage de lettres pour les inconnues.
Prenons une observation précise : les éléments disponibles attribuent à Jordanus l'emploi de lettres pour désigner les inconnues et l'usage de notations algébriques dans des démonstrations. Mini-objet pédagogique, et non citation d'un manuscrit : « Soit x la quantité inconnue. Dans x + a = b, on retrouve la même lettre dans la transformation x = b − a. » On peut donc observer directement les deux éléments : une lettre nomme l'inconnue, puis intervient dans une démonstration. Pour examiner un texte attribué à Jordanus, on reprend ce critère en deux temps : repérer la lettre introduite comme inconnue, puis vérifier sa réapparition dans une transformation ou une démonstration. Cela correspond à un usage raisonné de la notation algébrique, et non à une simple liste de calculs.
Le résultat de cette lecture est une contribution multiple : mécanique par le traité des poids, algébrique par les lettres et les démonstrations notées, géométrique et astronomique par les autres œuvres. Le contrôle consiste à rattacher chaque constat à l'œuvre ou au domaine indiqué, sans transformer une attribution controversée en certitude.
En pratique
Pour étudier l'histoire de l'algèbre, on observe si un texte désigne les inconnues par des lettres et s'il emploie ces notations dans une démonstration. Ce critère fait préférer l'exemple de Jordanus à une simple liste de calculs.
Pour aborder la mécanique médiévale, on consulte le Liber de ratione ponderis et l'on relève séparément les questions de statique, de dynamique et les problèmes pratiques. Cette lecture évite de réduire le traité à une seule théorie.
Pour vérifier ce que montre le Planispherium, posons une question précise : quel objet son théorème prend-il pour point de départ ? Le résultat immédiatement vérifiable est la projection stéréographique d'un cercle. L'article consacré à cette projection constitue alors un prolongement adapté.
À ne pas confondre
Jordanus Nemorarius et Jordanus le Saxon ne doivent pas être présentés comme une seule personne. La source indique que certains les identifient, mais précise que cette identification est très controversée. Le cas qui tranche est donc le degré de certitude : une notice rigoureuse parle d'une hypothèse discutée, et non d'une identité établie.
Limites et pièges
La première limite concerne la biographie. La situation est celle d'un savant dont on ignore presque tout de la vie ; le symptôme observable est l'hésitation sur son origine et son identité. Il faut conserver les formulations prudentes « peut-être » et « certains l'identifient », sans choisir une naissance ou une identité qui ne sont pas établies par la source.
La deuxième limite concerne la transmission des œuvres. Une œuvre rééditée, commentée ou plagiée n'est pas pour autant un texte dont l'histoire est parfaitement documentée. La présence de manuscrits inédits montre aussi que la connaissance du corpus est incomplète ; il faut donc distinguer les œuvres parvenues jusqu'à nous de celles qui demeurent inédites.
Enfin, dire que ses travaux ont influencé l'enseignement jusqu'à la Renaissance ne signifie pas que chaque traité a été utilisé partout ni de la même manière. Le seuil charnière fourni par la source est le 16e siècle pour la durée de l'influence, tandis que la période d'enseignement va du Moyen Âge à la Renaissance. Ces deux indications ne doivent pas être fondues en une date unique.
Pour aller plus loin
La Projection stéréographique permet d'approfondir le résultat géométrique associé au Planispherium. Le lecteur y gagne un cadre consacré à cette transformation, après avoir situé son énoncé dans l'ensemble des travaux de Jordanus Nemorarius.
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