AnalyseNotion · Glossaire
grandeurs proportionnelles
Deux suites de termes généraux uₙ et vₙ sont proportionnelles s’il existe un réel fixe k tel que, pour tout indice n de leur domaine commun, vₙ = k·uₙ. Autrement dit, le même multiplicateur transforme chaque terme de la première suite en le terme correspondant de la seconde. Ce nombre k est le coefficient de proportionnalité.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier un coefficient de proportionnalité commun à des valeurs correspondantes.
- Calculer les prix de 1 à 4 kg de pommes au tarif exact de 2,50 €/kg.
- Contrôler une relation par les quotients et traiter correctement une première grandeur nulle.
- Lire la relation y = kx comme une droite passant par l'origine.
- Distinguer une relation proportionnelle d'une relation affine ou inverse.
En clair
Un kilogramme de pommes coûte 2,50 €, deux kilogrammes coûtent 5 € et quatre kilogrammes coûtent 10 €. Chaque prix s'obtient en multipliant la masse par le même nombre, 2,5. Ce nombre est le coefficient de proportionnalité ; ici, il s'exprime en euros par kilogramme.
Doubler ou tripler la masse double ou triple donc le prix. Si la masse vaut zéro, le prix calculé par cette règle vaut aussi zéro.
Définition
Deux suites de nombres sont proportionnelles lorsqu'un même nombre réel transforme chaque terme de la première en le terme correspondant de la seconde. Si un désigne le terme d'indice n de la première suite, vn celui de la seconde et k le coefficient fixe, la condition est : . Elle porte sur tous les indices du domaine commun, pas seulement sur quelques valeurs observées.
Lorsque un est non nul, le quotient vn/un vaut k. Un terme nul ne permet pas ce quotient, mais la relation impose alors vn = 0. Le coefficient peut être positif, négatif ou nul. S'il est positif, l'ordre des valeurs est conservé ; s'il est négatif, il est inversé ; s'il vaut zéro, toute la seconde suite est nulle.
La même définition vaut pour deux fonctions f et g sur un même ensemble : il existe un réel k tel que g(x) = k·f(x) pour chaque valeur x de cet ensemble. Dans le cas particulier où f(x) = x, la fonction g vérifie g(x) = kx : son graphe est une droite passant par l'origine. Cette absence de terme ajouté caractérise une relation linéaire homogène.
Un exemple, pas à pas
Un étal affiche des pommes à 2,50 € par kilogramme. Les données sont le tarif de 2,50 €/kg et les masses de 1 kg, 2 kg, 3 kg et 4 kg. On suppose que ce tarif est appliqué sans frais fixe.
1. Pour 1 kg, le prix est 1 × 2,50 = 2,50 €.
2. Avec le même coefficient, 2 kg coûtent 2 × 2,50 = 5 €, 3 kg coûtent 3 × 2,50 = 7,50 € et 4 kg coûtent 4 × 2,50 = 10 €.
3. Les quatre quotients prix/masse valent 2,50 €/kg. Le rapport est constant : les deux suites de valeurs sont proportionnelles, de coefficient 2,5.
4. La représentation graphique place les quatre couples sur la droite d'équation p = 2,5m, où m est la masse en kilogrammes et p le prix en euros. Cette droite passe aussi par l'origine. Pour contrôler 10 €, on divise par 4 kg : 10/4 = 2,50 €/kg, le tarif annoncé.
En pratique
Pour calculer un prix à tarif constant, multipliez la quantité par le prix unitaire. Si un abonnement ou des frais fixes s'ajoutent, une relation affine convient mieux, car le total n'est plus nul pour une quantité nulle.
Pour agrandir une recette, multipliez toutes les quantités par le même coefficient. Si seul un ingrédient change, les quantités ne restent pas proportionnelles et il faut réexaminer la recette plutôt qu'appliquer une règle unique.
Pour vérifier un tableau de valeurs, comparez les quotients de termes correspondants lorsque les dénominateurs sont non nuls. Si les quotients diffèrent, recherchez une autre relation ; s'ils sont égaux, contrôlez encore les lignes où la première grandeur vaut zéro.
À ne pas confondre
Relation proportionnelle et relation affine. Une relation proportionnelle a la forme y = kx et donne y = 0 lorsque x = 0. Une relation affine peut ajouter une constante. Ainsi, un prix de 2,50 € par kilogramme plus 1 € d'emballage vérifie y = 2,5x + 1 : il n'est pas proportionnel à la masse.
Proportionnalité directe et proportionnalité inverse. Dans la relation directe, le quotient y/x reste constant lorsque x est non nul. Pour une relation inverse comme y = 12/x, c'est le produit xy qui reste constant. Doubler x double y dans le premier cas, mais divise y par deux dans le second.
Limites et pièges
Valeur nulle. Le quotient vn/un est impossible lorsque un = 0. Il faut revenir à vn = k·un : la proportionnalité exige alors vn = 0. Un couple (0, 1) suffit donc à l'exclure.
Coefficient nul. Si k = 0, tous les termes de la seconde suite valent zéro, quelle que soit la première. La relation est bien proportionnelle, mais les valeurs de la seconde suite ne permettent pas de retrouver celles de la première.
Coefficient négatif. La définition autorise un coefficient k strictement négatif. Lorsque la première valeur augmente, la seconde diminue alors au sens de l'ordre : par exemple, −2 × 3 = −6 est inférieur à −2 × 1 = −2. Il ne faut donc parler de variation dans le même sens que pour un coefficient strictement positif.
Quelques couples alignés. Vérifier deux ou trois données ne prouve une règle que sur ces données. Pour affirmer que deux fonctions sont proportionnelles sur un ensemble, l'égalité g(x) = k·f(x) doit valoir pour chaque x de cet ensemble.
Pour aller plus loin
Proportionnalité — Approfondir les méthodes de calcul et les représentations associées à une même relation proportionnelle.
Redécouvrir la proportionnalité — Prolonger la notion par un article consacré à ses raisonnements et à ses usages.
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