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GéométrieObjet mathématique · Glossaire

groupe de symétrie

Le groupe de symétrie d’un objet est l’ensemble des isométries de l’espace ambiant qui le transforment en lui-même, muni de la composition. Il décrit la structure de ses symétries et permet de comparer des figures, des solides, des cristaux, des motifs ou des équations.
Les huit symétries planes du carré Un carré, ses quatre axes de réflexion et une rotation de 90 degrés envoyant A sur B. A B = r(A) rotation r : 90° 4 axes de réflexion
Le quart de tour envoie A sur B ; les quatre rotations et les réflexions selon les quatre axes donnent huit symétries.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître une symétrie comme une isométrie qui conserve globalement l’objet.
  • Énumérer les quatre rotations et les quatre réflexions du carré dans son plan.
  • Comprendre pourquoi la composition, l’identité et les inverses forment un groupe.
  • Éviter les erreurs liées aux marques de l’objet, à l’espace ambiant et à l’ordre de composition.

En clair

Imaginez un carré découpé que l’on tourne d’un quart de tour : il recouvre exactement sa position de départ. Un demi-tour, trois quarts de tour ou une réflexion selon l’un de ses quatre axes produisent le même effet. En comptant aussi l’absence de mouvement, on obtient huit transformations. Leur ensemble est le groupe de symétrie du carré. Les sommets peuvent changer de place ; c’est le carré entier qui doit rester identique.

Définition

Soit un objet X placé dans un espace ambiant E. Une symétrie de X est une isométrie de E qui envoie X sur X en tant qu’ensemble. Le groupe de symétrie, noté G(X), rassemble toutes ces transformations et utilise leur composition comme loi.
G(X)={fIsom(E)f(X)=X}G(X)=\{f\in\operatorname{Isom}(E)\mid f(X)=X\}
L’identité appartient toujours à G(X). La composée de deux symétries conserve encore X, et l’inverse d’une symétrie le conserve aussi : G(X) est donc un sous-groupe des isométries de E. Le choix de l’objet et de l’espace ambiant fait partie de la définition. Dans le plan, un carré a huit symétries et son groupe est diédral. Pour une sphère centrée dans l’espace euclidien à trois dimensions, le groupe est le groupe orthogonal O(3). Pour un réseau cristallin tridimensionnel, le groupe de symétrie est l’un des 230 groupes d’espace.

De quoi c'est fait

Un groupe de symétrie repose sur cinq éléments liés. L’objet fixe ce qui doit rester globalement inchangé. L’espace ambiant détermine les isométries autorisées. Les transformations admissibles sont celles qui renvoient l’objet sur lui-même. La composition combine deux transformations successives : la composée de deux transformations admissibles est encore admissible, ce qui assure la fermeture, et la composition est associative. Enfin, l’identité et les inverses complètent les axiomes du groupe. Changer l’objet, par exemple en ajoutant une marque à un sommet du carré, peut éliminer des transformations. Changer l’espace ambiant peut aussi modifier le groupe. Ces données suffisent à énumérer les symétries dans un cas fini et à calculer leur composition.

Un exemple, pas à pas

Considérons dans le plan le carré centré à l’origine, de sommets A(1, 1), B(−1, 1), C(−1, −1) et D(1, −1). On note r la rotation d’un quart de tour dans le sens direct et s la réflexion par rapport à l’axe horizontal. La composition f ∘ g signifie que g agit d’abord, puis f.
1. Appliquez successivement r : le sommet A visite B, C, D, puis A.
2. Les quatre rotations sont donc l’identité, r, le demi-tour r2 et r3.
3. Composez chacune avec s : on obtient quatre réflexions, selon les axes horizontal, vertical et les deux diagonales.
4. Les deux familles réunissent 4 + 4 = 8 isométries distinctes.
5. Un contrôle consiste à vérifier que chaque transformation permute A, B, C et D sans déplacer le carré hors de lui-même. Le groupe obtenu est le groupe diédral d’ordre 8.

En pratique

Pour une figure ou un motif, on cherche les transformations qui la superposent exactement à elle-même, puis on les classe par rotations et réflexions. Si seule une transformation particulière intéresse le problème, il suffit de l’étudier ; le groupe devient utile lorsqu’il faut comprendre toutes les transformations et leurs compositions.
En cristallographie, le réseau et son environnement spatial orientent vers un groupe d’espace parmi 230 possibilités. Une simple symétrie ponctuelle ne suffit pas lorsque les translations du réseau font partie de la structure observée.
En physique des particules et en chimie, le geste reste le même : on repère quelles transformations laissent le système globalement invariant. Le groupe est préféré à une liste informelle dès que la composition de deux transformations apporte une information. Dans le programme d’Erlangen de Felix Klein, ce choix sert à caractériser une géométrie par son groupe de transformations.

À ne pas confondre

Une symétrie et le groupe de symétrie. Une symétrie est une seule transformation ; le groupe les rassemble toutes avec leur composition. Le quart de tour du carré est un élément, tandis que l’ensemble des huit transformations forme le groupe.
Conserver l’objet et fixer chacun de ses points. Une transformation peut déplacer tous les sommets tout en laissant l’ensemble inchangé. Le quart de tour déplace A vers B, mais conserve le carré ; l’identité, elle, fixe chaque point.
Le groupe diédral et un groupe de symétrie quelconque. Le groupe diédral décrit notamment les rotations et réflexions du carré dans son plan. Une sphère centrée à l’origine relève au contraire de O(3), et un réseau cristallin tridimensionnel d’un groupe d’espace.

Limites et pièges

Objet insuffisamment précisé. Un carré uni possède huit symétries planes, mais une marque portée sur un seul sommet peut en supprimer. Le symptôme est qu’une transformation conserve le contour sans conserver tout l’objet décrit ; il faut inclure couleurs, marques ou orientation dans l’objet.
Espace ambiant oublié. Les huit symétries usuelles concernent le carré dans son plan. Si le même ensemble de points est placé dans l’espace à trois dimensions, la réflexion par rapport à son plan devient aussi disponible. Il faut annoncer l’espace et les isométries autorisées avant de compter.
Groupe fini supposé à tort. Le carré donne 8 éléments, mais la sphère admet continûment des rotations et des réflexions : son groupe O(3) est infini. Il faut alors décrire la famille de transformations au lieu de tenter une énumération.
Convention de composition implicite. Deux symétries composées dans des ordres différents ne donnent pas toujours le même résultat. Pour éviter une lecture inversée, il faut préciser, comme dans l’exemple, que f ∘ g signifie « g d’abord, puis f ».

Pour aller plus loin

Le groupe diédral formalise les huit transformations du carré et leur composition.
L’article Les isométries du plan replace rotations et réflexions parmi les transformations qui conservent les distances.
L’article Des transformations géométriques en groupes approfondit le passage d’une collection de transformations à une structure algébrique.
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