GéométrieObjet géométrique · Glossaire
groupe des isométries du cube
Le groupe des isométries du cube régulier est l'ensemble des transformations de l'espace qui superposent le cube à lui-même, muni de la composition. Il compte 48 éléments : 24 rotations et 24 isométries indirectes ; cette répartition permet de classer et de dénombrer toutes ses symétries sans double comptage.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Distinguer les 24 rotations des 24 isométries indirectes.
- Compter les rotations à partir des axes de faces, de sommets et d’arêtes opposés.
- Relier les rotations à S₄ et le groupe complet à S₄ × ℤ/2ℤ.
- Expliquer pourquoi le cube et l’octaèdre régulier ont le même groupe d’isométries.
En clair
Prenez un cube et faites-le tourner jusqu’à ce qu’il occupe exactement la même place. Un quart de tour autour de deux faces opposées fonctionne, tout comme un tiers de tour autour de deux sommets opposés. Chaque déplacement qui superpose le cube à lui-même sans modifier les distances est une isométrie du cube.
Il existe 48 superpositions de ce type. La moitié conserve l’orientation ; l’autre moitié la renverse, comme le font un miroir ou la symétrie centrale.
Définition
Le groupe des isométries du cube est l’ensemble des isométries de l’espace euclidien qui envoient le cube sur lui-même, muni de la composition. Une telle transformation permute les huit sommets, les douze arêtes et les six faces tout en conservant les distances. L’identité, la composition de deux symétries et l’inverse de chaque symétrie appartiennent encore à cet ensemble : il s’agit bien d’un groupe de symétrie.
Le groupe complet, noté ici G, a 48 éléments. Son sous-groupe G⁺ d’isométries directes contient 24 rotations : elles préservent l’orientation. Les 24 autres isométries sont indirectes et renversent l’orientation. La symétrie centrale de centre O commute avec toutes les rotations ; en la composant avec chacune d’elles, on obtient exactement les 24 isométries indirectes.
Les rotations permutent les quatre grandes diagonales du cube, ce qui identifie G⁺ au groupe symétrique S₄. La symétrie centrale fournit un facteur indépendant à deux éléments. Ainsi, . Les centres des faces du cube sont les sommets de son octaèdre régulier dual ; toute isométrie de l’un préserve donc aussi l’autre, et réciproquement.
De quoi c'est fait
La structure se lit à partir du centre O et de trois familles d’axes. Quatre axes joignent des sommets opposés et portent des rotations d’ordre 3. Trois axes joignent les centres de faces opposées et portent des rotations d’ordre 4. Six axes joignent les milieux d’arêtes opposées et portent des rotations d’ordre 2. L’ordre indique le nombre d’applications nécessaires pour revenir à la position initiale.
Le cube possède aussi neuf plans de symétrie et la symétrie centrale de centre O. Les axes déterminent toutes les rotations, tandis que la symétrie centrale transforme ces 24 rotations en 24 isométries indirectes. Orientation, couleur et taille du dessin ne définissent pas le groupe : seules comptent les incidences entre sommets, arêtes et faces ainsi que les distances. Un axe représentatif de chaque ordre suffit à visualiser les trois familles.
Un exemple, pas à pas
Comptons les rotations d’un cube. Les données sont ses trois axes face–face, ses quatre axes sommet–sommet et ses six axes arête–arête. Sur un même axe, deux angles différents donnent deux rotations différentes.
1. L’identité fournit 1 rotation.
2. Chaque axe face–face donne deux quarts de tour, soit 3 × 2 = 6 rotations.
3. Chaque axe face–face donne aussi un demi-tour, soit 3 rotations.
4. Chaque axe sommet–sommet donne deux tiers de tour, soit 4 × 2 = 8 rotations.
5. Chaque axe arête–arête donne un demi-tour, soit 6 rotations.
2. Chaque axe face–face donne deux quarts de tour, soit 3 × 2 = 6 rotations.
3. Chaque axe face–face donne aussi un demi-tour, soit 3 rotations.
4. Chaque axe sommet–sommet donne deux tiers de tour, soit 4 × 2 = 8 rotations.
5. Chaque axe arête–arête donne un demi-tour, soit 6 rotations.
Le total est rotations. Pour contrôler le compte, observons l’image d’une face choisie : elle a 6 destinations possibles, puis 4 orientations possibles autour de sa normale. On retrouve 6 × 4 = 24. En composant chacune avec la symétrie centrale, on obtient 24 isométries indirectes, donc 48 isométries au total.
En pratique
Pour inventorier les rotations d’un cube, on classe d’abord les axes par les éléments qu’ils relient : faces, sommets ou arêtes opposés. On compte ensuite les angles non nuls qui replacent le cube sur lui-même.
Pour décider si une transformation est une symétrie du cube, on vérifie qu’elle permute réellement ses sommets et conserve les arêtes. Une simple rotation d’angle quelconque conserve les distances de l’espace, mais elle ne conserve généralement pas le cube.
Pour distinguer les deux moitiés du groupe, on suit l’orientation d’un trièdre formé par trois arêtes issues d’un sommet. Une rotation la conserve ; une isométrie indirecte la renverse.
À ne pas confondre
Le groupe des rotations du cube ne contient que les 24 isométries directes. Le groupe complet en contient 48 : la symétrie centrale, qui renverse l’orientation en dimension 3, appartient au second mais pas au premier.
Une réflexion plane fixe tout un plan, tandis que la symétrie centrale ne fixe que le centre O. Ces deux transformations sont indirectes, mais leur ensemble de points fixes les distingue immédiatement.
Le groupe symétrique S₄ décrit les 24 permutations de quatre objets. Il correspond ici aux rotations agissant sur les quatre grandes diagonales ; le groupe complet possède en plus le facteur à deux éléments fourni par la symétrie centrale.
Limites et pièges
Le mot « réfléchissante » peut faire croire que les 24 isométries indirectes sont toutes des réflexions dans un plan. C’est faux : certaines sont des compositions d’une rotation avec la symétrie centrale. Il faut dire « indirecte » lorsque seul le renversement d’orientation est assuré.
Un axe d’ordre 4 porte aussi une rotation d’ordre 2 : le demi-tour. Lors du comptage, les trois demi-tours face–face doivent donc être ajoutés aux six demi-tours arête–arête, sans confondre les axes qui les portent.
Une isométrie de l’espace n’est pas automatiquement une isométrie du cube. Le symptôme est qu’un sommet quitte l’ensemble des huit sommets ; il faut vérifier la conservation du solide, pas seulement celle des distances.
Les 48 symétries supposent un cube régulier, dont toutes les arêtes ont la même longueur. Si une dimension est modifiée pour former un pavé droit non cubique, les permutations de directions ne sont plus toutes possibles et le groupe devient plus petit.
Pour aller plus loin
groupe de symétrie — Pour replacer la composition des transformations dans le cadre général des groupes.
octaèdre régulier — Pour voir pourquoi la dualité conserve exactement les mêmes 48 isométries.
rotation vectorielle — Pour approfondir la transformation linéaire qui conserve l’orientation et les distances.
Réflexion — Pour distinguer précisément une réflexion plane des autres isométries indirectes.
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