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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Guldin Paul

Paul Guldin est surtout connu pour les théorèmes de Pappus-Guldin : lors d'une rotation complète, l'aire d'une surface ou le volume d'un solide de révolution est le produit de la longueur ou de l'aire de la génératrice par la distance parcourue par son centre de gravité. Dans leur forme classique, l'axe, situé dans le plan de la génératrice, ne coupe ni la courbe pour la surface ni l'intérieur de la région pour le volume.
Cercle générateur du tore Un disque de rayon 2 centimètres a son centre G à 5 centimètres d'un axe de rotation extérieur. axe de rotation R = 5 cm r = 2 cm G
Le disque de rayon 2 cm reste extérieur à l'axe : son centre G, situé à 5 cm, parcourt un cercle de longueur 10π cm.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier les étapes du parcours de Paul Guldin conservées par la source.
  • Énoncer les deux théorèmes de Guldin et leurs conditions classiques.
  • Recalculer l'aire et le volume d'un tore à partir de son cercle générateur.
  • Distinguer les théorèmes de Guldin de la méthode des indivisibles de Cavalieri.
  • Repérer les cas où l'axe ou les recouvrements empêchent une application mécanique.

En clair

En 1609, à Rome, Paul Guldin est admis à l'Université grégorienne pour étudier auprès de Christoph Clavius. Cet ancien orfèvre devenu jésuite fait de la géométrie son domaine d'étude. Son idée la plus célèbre suit un centre de gravité pendant une rotation. La longueur du trajet transforme alors la longueur d'une courbe en aire, ou l'aire d'une figure plane en volume. Les théorèmes de Pappus-Guldin évitent ainsi de reconstruire le solide tranche par tranche.

Définition

Paul Guldin, né Habakuk Guldin (1577–1643), est un mathématicien et astronome suisse. D'abord orfèvre, il se convertit au catholicisme, entre dans la Compagnie de Jésus en 1597 et prend le prénom Paul. Après ses études romaines auprès de Christoph Clavius, il enseigne les mathématiques à Rome, Graz et Vienne, correspond avec Johannes Kepler et publie en astronomie comme en mathématiques.
Les deux théorèmes de Guldin, aussi appelés théorèmes de Pappus-Guldin, concernent une rotation complète autour d'un axe situé dans le plan de l'objet générateur. Dans leur forme classique, l'axe ne coupe ni la courbe qui engendre la surface ni l'intérieur de la région qui engendre le solide. Le centre de gravité de l'objet parcourt alors un cercle.
La longueur de la courbe est notée L, l'aire de la région plane B et la distance de leur centre de gravité à l'axe d. L'aire S de la surface et le volume V du solide vérifient :
S=(2πd)LS=(2\pi d)L
V=(2πd)BV=(2\pi d)B
Le facteur 2πd est la longueur du trajet circulaire du centre de gravité. Guldin critique par ailleurs la méthode des indivisibles de Bonaventura Cavalieri lorsqu'elle est employée sans précaution, en soulignant les paradoxes possibles.

Un exemple, pas à pas

Un cercle de rayon r = 2 cm tourne autour d'un axe de son plan. Son centre G est à R = 5 cm de l'axe. Comme R est supérieur à r, l'axe reste extérieur au disque ; la rotation engendre un tore. Le schéma fixe ces deux distances et rend visible la condition R > r.
1. La courbe génératrice est le cercle. Sa longueur vaut L = 2πr = 4π cm, tandis que son centre parcourt 2πR = 10π cm.
2. Le premier théorème donne l'aire de la surface du tore :
S=(2πR)(2πr)=4π2Rr=40π2 cm2S=(2\pi R)(2\pi r)=4\pi^2Rr=40\pi^2\ \mathrm{cm}^2
3. La région génératrice est le disque, d'aire B = πr2 = 4π cm2. Le second théorème donne :
V=(2πR)(πr2)=2π2Rr2=40π2 cm3V=(2\pi R)(\pi r^2)=2\pi^2Rr^2=40\pi^2\ \mathrm{cm}^3
4. Le contrôle retrouve les formules usuelles du tore, S = 4π2Rr et V = 2π2Rr2. Les deux valeurs numériques ont ici le même coefficient 40π2, mais leurs unités diffèrent : cm2 pour l'aire et cm3 pour le volume.

En pratique

Pour un objet obtenu par rotation, les théorèmes de Guldin sont efficaces lorsque la longueur ou l'aire de la génératrice et la position de son centre de gravité sont déjà connues. Le calcul du tore remplace alors une intégration par un produit.
Si l'axe coupe la génératrice, ou si la rotation recouvre plusieurs fois une même zone, la forme classique du théorème ne s'applique pas directement. Il faut décomposer l'objet en parties compatibles ou revenir à un calcul intégral qui tient compte des recouvrements.
Dans l'histoire des mathématiques, Guldin permet aussi d'observer deux approches des aires et des volumes : ses relations par centres de gravité et la méthode des indivisibles de Cavalieri. Le point à examiner est la justification des passages à la limite, pas seulement le résultat numérique.

À ne pas confondre

Les théorèmes de Guldin ne se confondent pas avec la méthode des indivisibles de Cavalieri. Guldin relie une mesure de la génératrice au trajet de son centre de gravité ; la méthode de Cavalieri compare ou agrège des sections. Pour le tore de l'exemple, Guldin utilise directement le cercle générateur et la distance R = 5 cm.
Il faut aussi distinguer les deux théorèmes. Une courbe en rotation produit une surface, donc une aire en cm2 ; une région plane en rotation produit un solide, donc un volume en cm3. Employer le périmètre du disque dans le second calcul donnerait la mauvaise grandeur.

Limites et pièges

La forme classique suppose que l'axe ne coupe pas la courbe génératrice pour le calcul de surface, ni la région génératrice pour celui du volume. Dans l'exemple, le cas charnière est R = r = 2 cm : l'axe devient tangent au disque. Si R < r, il traverse son intérieur ; appliquer mécaniquement V = 2πRB ne décrit plus sans précaution le volume géométrique de l'union engendrée.
Un trajet du centre de gravité ne suffit pas si la rotation crée des recouvrements comptés plusieurs fois. Le symptôme est qu'un même point du solide est balayé par plusieurs parties de la génératrice. Il faut alors décomposer la figure ou employer une intégration adaptée à l'union recherchée.
La prudence vaut aussi pour les indivisibles. La source signale que Guldin met en évidence des paradoxes lorsque cette méthode est appliquée sans précaution. Une intuition par tranches doit donc être accompagnée d'hypothèses et d'un raisonnement qui justifie l'agrégation des sections.

Pour aller plus loin

Deux prolongements replacent le résultat de Guldin dans son vocabulaire géométrique et dans le débat historique évoqué par la source.
centre de gravité — Approfondir le point dont le trajet fournit le facteur commun aux deux théorèmes de Guldin.
Cavalieri Bonaventura — Situer le mathématicien et la méthode des indivisibles auxquels Guldin s'est opposé.
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