Passer au contenu principal
GéométrieNotion · Glossaire

hélicoïde

Un hélicoïde est une surface formée par les positions successives d’une droite qui tourne autour d’un axe tout en montant régulièrement. Dans le cas droit, cette droite coupe l’axe à angle droit ; la surface obtenue est minimale, c’est-à-dire de courbure moyenne nulle.
Un tour d’hélicoïde droit Treize génératrices droites tournent autour d’un axe vertical et montent de deux unités en un tour. axe u = −2 u = 2 montée 2
En un tour, les génératrices horizontales reviennent à leur direction initiale tandis que l’altitude augmente de 2 unités.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître la droite génératrice et l’hélice directrice.
  • Distinguer hélicoïde développable, hélicoïde gauche et hélicoïde droit.
  • Vérifier sur une paramétrisation un tour de montée égale à 2 unités.
  • Interpréter sans abus la propriété de surface minimale.

En clair

Imaginez une droite qui tourne autour d’un axe tout en montant régulièrement. Les positions successives de cette droite forment une nappe torsadée : un hélicoïde. Chaque position de la droite est une génératrice, et l’un de ses points peut suivre une hélice circulaire.
Dans l’hélicoïde droit, les génératrices rencontrent l’axe à angle droit. La surface ressemble à une rampe en spirale, mais elle se prolonge aussi bien vers l’intérieur que vers l’extérieur.

Définition

Dans le sens retenu ici, un hélicoïde est une surface réglée engendrée par une droite soumise à un mouvement hélicoïdal : autour d’un axe fixe, sa rotation s’accompagne d’une translation proportionnelle à l’angle parcouru. Cette droite, appelée génératrice, garde une inclinaison constante par rapport à l’axe. Lorsqu’elle ne rencontre pas l’axe, elle s’appuie sur une hélice circulaire directrice et reste tangente à un cylindre de révolution coaxial.
Deux constructions principales dépendent du cylindre auxiliaire. S’il coïncide avec le cylindre portant l’hélice directrice, les génératrices sont les tangentes à l’hélice : on obtient l’hélicoïde développable. Dans le cas limite où le rayon de ce cylindre est nul, la tangence au cylindre dégénéré est remplacée par le passage des génératrices par l’axe, qu’elles coupent sous un angle constant : l’hélicoïde gauche ainsi défini n’est pas développable. Ici, « gauche » qualifie cette nature géométrique et non un sens de rotation.
Lorsque l’angle avec l’axe vaut 90°, on obtient l’hélicoïde droit, ou hélicoïde de Meusnier. En notant u la position sur une génératrice, v l’angle de rotation et a la montée par radian, une paramétrisation est (x,y,z)=(ucosv,usinv,av)(x,y,z)=(u\cos v,u\sin v,av). Aux points réguliers, sa courbure moyenne est nulle : c’est une surface minimale non plane, propriété également partagée par le caténoïde.

Un exemple, pas à pas

Construisons un tour d’hélicoïde droit. La position u sur chaque génératrice varie de −2 à 2 unités. L’angle v varie de 0 à 2π radians. La montée par radian vaut a=1/πa=1/\pi unité.
1. Pour un angle v fixé, faisons varier u : les points (ucosv,usinv,v/π)(u\cos v,u\sin v,v/\pi) forment une droite horizontale qui coupe l’axe vertical à angle droit.
2. À l’extrémité u = 2, le point décrit une hélice de rayon 2. Après un demi-tour, pour v = π, il est en (−2, 0, 1).
3. Après un tour, pour v = 2π, le point est en (2, 0, 2). La montée totale vaut donc exactement a×2π=2a\times2\pi=2 unités.
Le dessin matérialise les génératrices à intervalles d’un douzième de tour. Le contrôle est immédiat : les deux points d’extrémité ont la même projection horizontale au départ et à l’arrivée, tandis que leur altitude augmente de 2 unités.

En pratique

Pour reconnaître un hélicoïde droit dans une paramétrisation, on fixe l’angle de rotation : le paramètre restant doit décrire une droite perpendiculaire à l’axe et passant par lui. Il faut aussi vérifier qu’en faisant varier l’angle, cette droite tourne du même angle autour de l’axe tandis que son point d’intersection avec l’axe monte linéairement. Ces conditions traduisent la symétrie par vissage ; une simple surface en spirale ne suffit pas.
Pour choisir entre les deux constructions de la définition, on observe les génératrices. Si elles sont tangentes à l’hélice directrice, on retient l’hélicoïde développable ; si elles rencontrent l’axe sous un angle constant, on retient l’hélicoïde gauche.
Dans l’étude d’un film de savon tendu entre des contours hélicoïdaux, l’hélicoïde de Meusnier fournit le modèle minimal naturel. Le critère à contrôler est alors l’annulation de la courbure moyenne aux points réguliers, et non la seule apparence torsadée.

À ne pas confondre

Hélice circulaire. Une hélice est une courbe, tandis qu’un hélicoïde est une surface couverte de droites. Dans l’exemple, le trajet obtenu en gardant u = 2 est une hélice ; l’ensemble obtenu en laissant varier à la fois u et v est l’hélicoïde.
Caténoïde. Le caténoïde et l’hélicoïde de Meusnier sont deux surfaces minimales non planes, mais leurs droites les séparent. L’hélicoïde est réglé ; le caténoïde ne contient pas cette famille de génératrices rectilignes.
Surface hélicoïdale quelconque. Une surface peut avoir une allure torsadée sans être réglée. Si aucune famille de droites ne couvre la surface avec l’inclinaison prescrite, le mot « hélicoïde » n’est pas justifié au sens de cette fiche.

Limites et pièges

Le mot « gauche » est un piège. Il ne désigne pas ici une hélice tournant vers la gauche. Il indique que la surface n’est pas développable ; le sens de rotation dépend séparément de la convention choisie pour l’angle.
L’angle droit est un cas charnière. Pour un angle constant différent de 90° entre génératrices et axe, on reste dans le cas gauche général décrit par la source. À 90°, on obtient précisément l’hélicoïde droit de Meusnier.
« Surface minimale » ne signifie pas aire globalement la plus petite dans toute situation. La propriété affirmée ici est locale : aux points réguliers, la courbure moyenne est nulle. Pour un problème de bord, il faut encore préciser le contour et les surfaces concurrentes.
Une image finie ne montre qu’un morceau. La restriction −2 ≤ u ≤ 2 et 0 ≤ v ≤ 2π sert uniquement à dessiner l’exemple. Elle ne définit ni l’étendue maximale ni une bordure intrinsèque de l’hélicoïde.

Pour aller plus loin

La notion de surface minimale précise le rôle de la courbure moyenne nulle, propriété remarquable de l’hélicoïde de Meusnier.
Le caténoïde offre un autre exemple fondamental de surface minimale non plane et permet de comparer deux géométries très différentes.
L’article Exquises surfaces minimales replace l’hélicoïde dans une famille plus large de formes gouvernées par la courbure moyenne.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres