GéométrieNotion · Glossaire
hexaki-octaèdre
L'hexaki-octaèdre est un solide de Catalan dont la surface est formée de 48 triangles scalènes tous congruents. Il est le dual du grand rhombicuboctaèdre : à chaque face de l'un correspond un sommet de l'autre, ce qui permet de comprendre son organisation.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Reconnaître les 48 triangles scalènes congruents du solide.
- Retrouver les 72 arêtes par double comptage des côtés de faces.
- Contrôler les 26 sommets avec la relation d'Euler.
- Distinguer l'hexaki-octaèdre de son dual, le cuboctaèdre tronqué.
- Repérer la limite d'une interprétation trop simple du cube augmenté.
En clair
Imaginez un solide dont on peut parcourir toute la surface en passant d'un petit triangle à un autre. Il en porte 48, tous de même forme et de même taille. Pourtant, aucun de ces triangles n'a ses trois côtés égaux : ils sont scalènes.
Ces triangles s'assemblent en 72 arêtes et 26 sommets. La symétrie générale rappelle le cube ou l'octaèdre, que l'on peut imaginer augmentés par des pointes. Cette apparence relie le solide à certaines structures cristallines cubiques.
Définition
L'hexaki-octaèdre est un solide de Catalan. Sa surface est formée de 48 triangles scalènes congruents, c'est-à-dire de 48 triangles superposables dont les trois côtés ont des longueurs différentes. Leur assemblage comporte 72 arêtes et 26 sommets. Le caractère scalène décrit chaque face ; la congruence affirme que toutes les faces ont néanmoins la même forme et la même taille.
On peut se représenter sa symétrie générale comme celle d'un cube ou d'un octaèdre augmenté de pointes. Cette image ne constitue toutefois pas une construction directe : coiffer simplement les six faces d'un cube de pyramides carrées ne donnerait que 24 faces triangulaires ; une subdivision et une géométrie supplémentaires sont nécessaires pour en obtenir 48. Dans la dualité entre solides d'Archimède et solides de Catalan, son dual est le grand rhombicuboctaèdre. Ce dernier porte aussi les noms de cuboctaèdre tronqué et de cuboctaèdre rhombitronqué. L'hexaki-octaèdre intervient enfin dans la description de certaines structures cristallines cubiques.
Un exemple, pas à pas
Contrôlons l'inventaire du solide sans tenter de reconnaître sa silhouette. Deux comptages indépendants relient ses faces, ses arêtes et ses sommets.
Données.
48 faces triangulaires.
3 côtés par triangle.
Chaque arête appartient à 2 faces.
26 sommets annoncés.
48 faces triangulaires.
3 côtés par triangle.
Chaque arête appartient à 2 faces.
26 sommets annoncés.
Étape 1. Comptons les côtés portés par les faces : . Ce total compte les côtés face par face.
Étape 2. Chaque arête étant commune à deux faces, divisons ce total par deux : . Nous retrouvons les 72 arêtes.
Étape 3. Pour ce solide fermé, la relation d'Euler fournit un autre contrôle : . Les trois nombres sont cohérents.
Résultat. Les 48 triangles produisent bien 72 arêtes, et l'inventaire complet satisfait la relation d'Euler. Ces vérifications contrôlent les nombres ; elles ne suffisent pas, seules, à prouver que les triangles sont scalènes et congruents.
En pratique
Pour identifier une maquette, examinez d'abord les faces plutôt que la seule silhouette. L'hexaki-octaèdre exige 48 triangles scalènes tous congruents, puis un total de 72 arêtes et de 26 sommets. Un assemblage triangulé qui ne respecte pas ces quatre critères demande un autre nom.
Pour contrôler un modèle numérique, le double comptage des côtés évite de suivre les 72 arêtes une à une. Les 48 triangles fournissent 144 côtés de faces ; leur regroupement deux par deux doit rendre exactement 72 arêtes. La relation d'Euler contrôle ensuite les 26 sommets.
Dans un contexte de cristallographie cubique, le nom sert à reconnaître une forme géométrique susceptible d'apparaître dans la structure étudiée. Il ne suffit pas à identifier une structure cristalline particulière : il faut conserver les données propres au modèle examiné.
À ne pas confondre
Le cuboctaèdre tronqué. Aussi appelé grand rhombicuboctaèdre ou cuboctaèdre rhombitronqué, il est le dual de l'hexaki-octaèdre, et non un autre nom du même solide. Pour trancher, vérifiez le rôle annoncé : l'hexaki-octaèdre est le solide de Catalan à 48 faces triangulaires ; le cuboctaèdre tronqué est son partenaire dans la dualité.
Limites et pièges
Le raccourci du cube augmenté. Une pyramide carrée ordinaire possède quatre faces latérales triangulaires. Six pyramides de ce type ne produiraient donc que triangles, et non 48. L'expression ne constitue pas à elle seule une recette de construction complète : la subdivision et la géométrie des faces doivent restituer l'inventaire annoncé.
Des triangles égaux au mauvais sens. « Congruents » signifie ici superposables, tandis que « scalènes » signifie que les trois côtés d'un même triangle ont des longueurs différentes. Il faut contrôler ces deux propriétés, sans remplacer la congruence par l'idée de triangles équilatéraux.
Un contrôle numérique incomplet. Les égalités sur 48 faces, 72 arêtes et 26 sommets vérifient la cohérence combinatoire du modèle. Elles ne contrôlent ni la forme scalène des faces ni leur congruence. Après les comptages, il faut donc comparer les longueurs des côtés correspondants.
Pour aller plus loin
La fiche cuboctaèdre tronqué présente le solide d'Archimède relié à l'hexaki-octaèdre par la dualité.
L'entrée polyèdre replace faces, arêtes et sommets dans le vocabulaire général des solides.
La relation d'Euler approfondit le contrôle qui relie les 26 sommets, les 72 arêtes et les 48 faces.
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