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GéométrieNotion · Glossaire

hypercube

Un hypercube, ou n-cube, généralise le carré et le cube à un nombre quelconque de dimensions. Il s’obtient en déplaçant un hypercube de dimension inférieure dans une nouvelle direction perpendiculaire et en reliant les positions correspondantes. En dimension 4, il porte le nom de tesseract.
Construction d’un tesseract à partir de deux cubes Deux cubes identiques, chacun formé de huit sommets et douze arêtes noires, sont reliés sommet à sommet par huit arêtes rouges. cube initial cube translaté 8 nouvelles arêtes
Deux copies du cube apportent 24 arêtes noires ; les 8 liaisons rouges entre sommets correspondants portent le total à 32.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier le point, le segment, le carré, le cube et le tesseract par une même construction.
  • Distinguer l’hypercube général du tesseract de dimension 4.
  • Recalculer les 16 sommets, 32 arêtes, 24 faces carrées et 8 cellules cubiques du tesseract.
  • Interpréter une projection sans prendre ses longueurs ni ses croisements pour la géométrie de dimension 4.
  • Comprendre le rôle des huit cubes dans un patron du tesseract.

En clair

Imaginez un point que l’on déplace : sa position de départ et sa position d’arrivée forment les extrémités d’un segment. Déplacez ensuite ce segment dans une direction perpendiculaire : il balaie un carré. Le même geste appliqué au carré engendre un cube.
Pour passer au tesseract, on recommence avec le cube dans une quatrième direction, impossible à montrer directement dans notre espace. Une projection ou un schéma de construction conserve les sommets et leurs liaisons, mais déforme nécessairement les distances et les angles.

Définition

Un hypercube, également appelé n-cube, est la généralisation en dimension n du carré et du cube. Le nombre entier n désigne la dimension : le point est le 0-cube, le segment le 1-cube, le carré le 2-cube et le cube le 3-cube. Le 4-cube est appelé tesseract.
Cette suite se construit par translation. On prend deux copies d’un hypercube de dimension n − 1, décalées d’une unité dans une nouvelle direction perpendiculaire aux précédentes, puis on relie leurs sommets correspondants. L’objet obtenu est un polytope régulier convexe dont toutes les cellules de dimension 2 sont des carrés.
Le tesseract possède exactement 16 sommets, 32 arêtes, 24 faces carrées et 8 cellules cubiques. Comme le cube se déploie dans le plan en six carrés, le tesseract se déploie dans l’espace en huit cubes. On compte 261 patrons distincts du tesseract.

Un exemple, pas à pas

Construisons le tesseract à partir d’un cube. Les données sont les 8 sommets, 12 arêtes et 6 faces carrées du cube initial, une copie translatée de ce cube et les liaisons entre éléments correspondants. Le schéma de construction distingue les deux cubes et les huit nouvelles arêtes.
Étape 1. Les deux copies du cube apportent 8 + 8 = 16 sommets.
Étape 2. Elles apportent 12 + 12 arêtes, auxquelles s’ajoutent 8 arêtes reliant les sommets correspondants : 12 + 12 + 8 = 32 arêtes.
Étape 3. Les deux cubes fournissent 6 + 6 faces carrées. Chacune des 12 arêtes du cube initial balaie un carré supplémentaire, soit 6 + 6 + 12 = 24 faces carrées.
Étape 4. Les deux cubes extrêmes sont des cellules du tesseract. Chacune des 6 faces du cube initial balaie une autre cellule cubique : 2 + 6 = 8 cellules.
Contrôle. Pour la frontière d’un polytope de dimension 4, le décompte alterné des sommets, arêtes, faces et cellules vaut zéro :
1632+248=016-32+24-8=0
Les quatre nombres annoncés satisfont bien cette relation.

En pratique

Pour représenter un tesseract, on emploie une projection dans l’espace ou sur le plan. On privilégie un schéma d’incidence lorsque l’objectif est de compter les sommets et les arêtes ; une vue en perspective sert plutôt à suggérer la profondeur.
Un patron en huit cubes permet d’étudier comment les cellules cubiques s’assemblent. Il est préférable à une projection lorsque l’on veut vérifier le voisinage des cellules, à condition de contrôler que le repliement ne provoque ni chevauchement ni omission.
La source cite l’Arche de la Défense comme exemple architectural célèbre de projection tridimensionnelle d’un hypercube de dimension 4. Elle mentionne aussi Corpus Hypercubus de Salvador Dalí, conservé au Metropolitan Museum of Art de New York, qui représente un développement du tesseract.

À ne pas confondre

Hypercube et tesseract. « Hypercube » désigne toute la famille des n-cubes, tandis que « tesseract » désigne seulement le cas de dimension 4. Un carré est donc un hypercube de dimension 2, mais ce n’est pas un tesseract.
Hypercube et polytope. Un hypercube est un polytope régulier convexe particulier. Le mot « polytope » couvre une famille plus large : la présence de faces carrées et la construction itérée dans des directions perpendiculaires caractérisent ici l’hypercube.
Tesseract et projection du tesseract. Le tesseract appartient à un espace de dimension 4 ; son dessin appartient au plan ou à l’espace ordinaire. Si des arêtes semblent se croiser dans la représentation sans partager de sommet, ce croisement peut être un effet de projection.

Limites et pièges

Le point est le cas de départ. En dimension 0, l’hypercube se réduit à un point. Il ne possède alors ni arête ni face carrée ; il sert de point de départ à la construction par translations successives.
Une projection n’est pas une mesure fidèle. Dans un dessin du tesseract, des arêtes égales peuvent paraître de longueurs différentes et des angles droits peuvent sembler obliques. Il faut vérifier les liaisons entre sommets plutôt que mesurer la figure projetée.
Huit cubes ne forment pas automatiquement un patron. Un développement du tesseract contient bien 8 cellules cubiques, mais leur assemblage doit pouvoir se replier sans collision. Le nombre de 261 patrons distincts ne signifie donc pas que toute disposition de huit cubes convient.
La quatrième direction n’est pas une direction cachée du dessin. Le déplacement qui engendre le tesseract est perpendiculaire aux trois directions du cube dans l’espace de dimension 4. Une perspective plane ne peut qu’en coder les relations.

Pour aller plus loin

La fiche polytope replace l’hypercube dans la famille des objets géométriques à faces planes et précise le vocabulaire utilisé en dimension quelconque.
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