- Distinguer le planimètre, qui mesure une aire fermée, de l'intégraphe, qui trace une primitive.
- Refaire un exemple où la droite y = x conduit à une aire et une intégrale égales à 2.
- Repérer les conditions de fermeture, de précision et de hauteur initiale propres aux instruments.
AnalyseNotion · Glossaire
intégrateur mécanique
Un intégrateur mécanique est un instrument de calcul analogique qui réalise mécaniquement une intégration selon deux approches. Le planimètre mesure l’aire d’une figure fermée en suivant son contour, tandis que l’intégraphe trace une primitive à partir des pentes données, cette primitive n’étant déterminée qu’à une constante verticale près.

Sommaire
Ce que vous allez apprendre
En clair
Imaginez une courbe dessinée sur une feuille. Au lieu de découper la surface située dessous en petits rectangles, on déplace un instrument le long du tracé : ses mouvements combinés donnent l'aire recherchée. C'est le rôle du planimètre lorsque le contour est fermé.
Un autre appareil, l'intégraphe, suit une courbe qui indique des pentes et en trace une nouvelle. Cette seconde courbe est une primitive de la première. L'expression « intégrateur mécanique » réunit ces deux manières de matérialiser une intégration, l'une par une mesure, l'autre par un tracé.
Définition
Un intégrateur mécanique est un instrument de calcul analogique qui transforme un déplacement continu de ses pièces en résultat d'intégration. Il ne désigne donc pas un unique modèle ; cette fiche en présente deux familles correspondant à deux lectures de l'intégrale.
Le planimètre relève la quadrature : son opérateur parcourt le bord d'une figure fermée et l'appareil fournit une mesure de son aire. Pour une aire sous une courbe, il faut fermer la figure avec les limites choisies et une ligne de référence. L'intégraphe relève l'autre lecture : à partir d'une courbe donnant, pour chaque abscisse, une pente, il construit une courbe primitive. La pente de la courbe produite reprend ainsi la valeur portée par la courbe d'entrée. Une pente ne fixe toutefois pas la hauteur initiale ; les primitives obtenues ne diffèrent donc que par une constante verticale.
Cette histoire instrumentale appartient au XIXe siècle. D'après la définition de référence, Johann Martin Hermann construit un premier planimètre en 1814, Amsler l'améliore en 1854, puis Bruno Abdank-Abakanowicz réalise un premier intégraphe en 1878. L'ordinateur a ensuite rendu ces appareils obsolètes pour le calcul courant.
Un exemple, pas à pas
On dessine la droite d'équation y = x entre les abscisses 0 et 2, avec une unité identique sur les deux axes. La figure à mesurer est fermée par l'axe horizontal et la verticale d'abscisse 2. Les données sont donc la fonction x ↦ x, les bornes 0 et 2, et le point de départ choisi à hauteur 0 pour la primitive.
1. Le contour enferme un triangle de base 2 et de hauteur 2.
2. Son aire exacte vaut (2 × 2) / 2 = 2 unités carrées. Un planimètre parcourant ce contour doit donner une mesure voisine de 2, dans la précision de l'appareil.
3. Pour l'intégraphe, la courbe d'entrée y = x impose une pente égale à x au point d'abscisse x.
4. Avec la hauteur initiale 0, la courbe tracée vise la primitive F définie par F(x) = x2/2.
2. Son aire exacte vaut (2 × 2) / 2 = 2 unités carrées. Un planimètre parcourant ce contour doit donner une mesure voisine de 2, dans la précision de l'appareil.
3. Pour l'intégraphe, la courbe d'entrée y = x impose une pente égale à x au point d'abscisse x.
4. Avec la hauteur initiale 0, la courbe tracée vise la primitive F définie par F(x) = x2/2.
Le calcul correspondant est :
Le contrôle se refait de deux façons : l'aire du triangle vaut bien 2 unités carrées, et la pente de F est F′(x) = x. Sans la hauteur initiale 0, l'intégraphe pourrait tracer la même forme translatée verticalement.
En pratique
Pour obtenir l'aire d'un dessin fermé, l'opérateur suit son contour avec un planimètre. Ce choix convient quand le résultat attendu est une mesure d'aire, et non l'équation d'une nouvelle courbe.
Pour construire graphiquement une primitive, l'opérateur emploie plutôt un intégraphe. La courbe donnée commande les pentes ; l'appareil matérialise alors une courbe dont ces pentes sont les tangentes successives.
Pour un calcul courant, l'ordinateur a remplacé ces instruments. Le planimètre et l'intégraphe restent néanmoins deux témoins concrets des deux significations de l'intégration : mesurer une aire et reconstruire une fonction à partir de ses pentes.
À ne pas confondre
Un intégrateur mécanique n'est pas l'intégration elle-même. L'intégration est l'opération mathématique ; l'intégrateur est un instrument physique qui en réalise analogiquement un aspect. Dans l'exemple y = x, ∫₀² x dx = 2 exactement, tandis que le planimètre en fournit une mesure soumise à sa précision.
Il ne faut pas non plus le confondre avec un calcul numérique sur ordinateur. L'instrument relie directement des mouvements mécaniques continus à une mesure ou à un tracé ; l'ordinateur, qui l'a rendu obsolète, exécute le calcul sans suivre physiquement le contour avec ce mécanisme.
Limites et pièges
Un planimètre attend un contour fermé. Une courbe ouverte seule ne délimite aucune aire : il faut préciser les bornes et les segments qui ferment la figure avant de mesurer.
La valeur délivrée par un planimètre est une mesure. Dans l'exemple, 2 unités carrées est la cible mathématique exacte ; une lecture instrumentale s'accorde avec elle à la précision de l'appareil, et non par une égalité exigée chiffre pour chiffre.
Les pentes ne déterminent pas une primitive unique. Si aucune hauteur initiale n'est fixée, l'intégraphe peut produire toute translation verticale de F(x) = x2/2 ; il faut donc choisir un point de départ pour fixer la constante.
Enfin, « intégrateur mécanique » est une catégorie historique, pas une technique actuelle de calcul général. Pour effectuer aujourd'hui une intégration courante, l'alternative indiquée par la source est l'ordinateur.
Pour aller plus loin
Le planimètre détaille la branche qui transforme le parcours d'un contour fermé en mesure d'aire.
L'intégraphe prolonge la branche consacrée à la construction graphique d'une primitive à partir de pentes données.
La fonction primitive précise pourquoi une même fonction admet des primitives séparées par une constante.
L'intégration graphique replace ces constructions dans l'approche géométrique de l'intégration.
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