AnalyseReprésentation graphique · Glossaire
intégration graphique
L'intégration graphique regroupe les procédés de calcul par le trait qui estiment l'intégrale d'une fonction ou construisent une courbe solution d'une équation différentielle. Elle forme pas à pas une courbe dont les accroissements ou les pentes sont déterminés par les données à intégrer ; une condition initiale est nécessaire pour sélectionner la solution d'une équation différentielle.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier ce qui distingue une intégration graphique d'un simple tracé de fonction.
- Relier la hauteur d'une fonction à la pente de sa fonction cumulée.
- Refaire un calcul exact de cumul par quatre trapèzes.
- Repérer les erreurs dues au pas, aux échelles et à l'absence de condition initiale.
En clair
Imaginez une courbe qui indique, à chaque abscisse, la vitesse à laquelle une autre courbe doit monter. On choisit un point de départ, on lit une pente, puis on trace un court segment dans cette direction. En recommençant, les segments dessinent progressivement la courbe cherchée.
L'intégration graphique transforme ainsi un calcul d'intégrale ou une équation différentielle en construction visible. Avant les calculateurs électroniques, le papier, les abaques et des instruments mécaniques permettaient d'obtenir de cette façon une réponse numérique approchée.
Définition
L'intégration graphique est un ensemble de procédés de calcul par le trait. Elle sert soit à estimer l'intégrale d'une fonction sur un intervalle, soit à construire une courbe solution d'une équation différentielle. Elle appartient au domaine plus large du calcul graphique, qui traduit des opérations numériques en tracés, abaques ou mouvements d'instruments.
Pour une fonction f représentée en fonction de la variable x, on choisit une valeur initiale A. La fonction cumulée F associe à x la valeur A augmentée de l'intégrale de f depuis une origine x0 :
Lorsque f est suffisamment régulière, la pente de F au point d'abscisse x vaut f(x). La construction peut donc avancer par petits segments dont chaque direction est donnée par la courbe de f.
Pour une équation différentielle, la pente peut aussi dépendre de l'abscisse x et de l'ordonnée y déjà atteinte. Il faut alors une condition initiale pour sélectionner une courbe intégrale. Le tracé est généralement approché : sa qualité dépend de l'échelle, de la précision des lectures et de la longueur des pas.
Où on le rencontre
On rencontre l'intégration graphique sur une feuille quadrillée, dans un abaque ou avec un instrument mécanique. Plusieurs indices la signalent : une courbe donnée, des axes gradués, un point initial et une suite de petits segments tangents. Certains documents montrent plutôt des bandes verticales ou des trapèzes qui décomposent une aire.
Le support porte deux informations liées. La courbe d'entrée fournit des hauteurs ou des pentes ; le tracé construit cumule leurs effets. Un abaque organise ces lectures sur un diagramme préparé, tandis qu'un instrument spécialisé matérialise certaines opérations par son mouvement.
Le mode d'emploi
La grandeur lue est une valeur cumulée : elle dépend des valeurs de la fonction rencontrées depuis l'origine choisie. Pour suivre une construction, procédez en quatre temps.
1. Repérez les axes, leurs unités et le point initial.
2. Lisez la hauteur ou la pente fournie au début du pas.
3. Tracez le segment ou le trapèze correspondant à la largeur du pas.
4. Ajoutez sa contribution au cumul et recommencez depuis le point obtenu.
1. Repérez les axes, leurs unités et le point initial.
2. Lisez la hauteur ou la pente fournie au début du pas.
3. Tracez le segment ou le trapèze correspondant à la largeur du pas.
4. Ajoutez sa contribution au cumul et recommencez depuis le point obtenu.
L'origine, l'échelle et le pas font partie du résultat. Une pente de 1 ne forme visuellement un angle de 45° que si les deux axes ont la même échelle. L'œil peut aussi confondre la hauteur f(x) avec le cumul F(x) : le bon réflexe est de vérifier si l'on lit une valeur instantanée, une pente ou une aire accumulée.
Un exemple, pas à pas
On veut construire le cumul de la fonction qui associe à chaque nombre x ce même nombre, entre 0 et 4. Les données sont : une origine x0 = 0, une valeur initiale F(0) = 0 et quatre pas de largeur 1. Sur chaque pas, un trapèze relie les deux hauteurs successives.
1. De 0 à 1, les hauteurs sont 0 et 1. L'aire du trapèze vaut (0 + 1) / 2 × 1 = 0,5 ; donc F(1) = 0,5.
2. De 1 à 2, l'aire vaut (1 + 2) / 2 × 1 = 1,5 ; donc F(2) = 2.
3. De 2 à 3, l'aire vaut (2 + 3) / 2 × 1 = 2,5 ; donc F(3) = 4,5.
4. De 3 à 4, l'aire vaut (3 + 4) / 2 × 1 = 3,5 ; donc F(4) = 8.
2. De 1 à 2, l'aire vaut (1 + 2) / 2 × 1 = 1,5 ; donc F(2) = 2.
3. De 2 à 3, l'aire vaut (2 + 3) / 2 × 1 = 2,5 ; donc F(3) = 4,5.
4. De 3 à 4, l'aire vaut (3 + 4) / 2 × 1 = 3,5 ; donc F(4) = 8.
Le tracé passe ainsi par (0 ; 0), (1 ; 0,5), (2 ; 2), (3 ; 4,5) et (4 ; 8). Le contrôle consiste à additionner les quatre contributions : 0,5 + 1,5 + 2,5 + 3,5 = 8. Ici, le calcul par trapèzes est exact, car la fonction d'entrée est affine sur chaque pas.
En pratique
En ingénierie, le tracé permettait de suivre l'évolution imposée par une équation différentielle. On choisissait une condition initiale, puis on reportait les pentes successives. Un calcul numérique est préférable lorsqu'une précision contrôlée ou de nombreux pas sont nécessaires.
En physique et en astronomie, la même logique transformait des valeurs observées ou une loi d'évolution en courbe cumulée. Le dessin est utile pour voir la tendance et contrôler un ordre de grandeur ; une méthode numérique convient mieux si les erreurs de lecture doivent être quantifiées.
Pour mesurer directement l'aire d'une forme déjà dessinée, un planimètre constitue une alternative mécanique. On le préfère lorsque le contour est disponible et que l'on cherche une aire, plutôt qu'une courbe solution complète.
À ne pas confondre
Tracer une fonction. Le graphe de f place directement la valeur f(x) à l'ordonnée correspondant à l'abscisse x. Une intégration graphique construit au contraire une nouvelle courbe F dont la pente ou l'accroissement est gouverné par f. Dans l'exemple f(x) = x, le point d'abscisse 4 a pour hauteur 4 sur le graphe de f, mais 8 sur celui du cumul F.
Calcul graphique au sens large. Celui-ci comprend toute opération numérique réalisée par des constructions, des abaques ou des instruments. L'intégration graphique n'en est qu'une famille : elle se reconnaît au cumul d'aires ou à la construction d'une courbe à partir de pentes.
Planimétrie mécanique. Le planimètre suit le contour d'une figure pour en mesurer l'aire. Une construction de courbe intégrale utilise des pentes successives. Si le résultat attendu est une seule aire, le premier geste convient ; si l'on cherche toute une courbe solution, il ne suffit pas.
Limites et pièges
Pas trop large. Si la fonction change fortement entre deux lectures, un seul segment ou trapèze masque cette variation. Le symptôme est un tracé qui se modifie nettement lorsque le pas est réduit. Il faut alors subdiviser l'intervalle et comparer les résultats.
Échelles inégales. Une direction lue à l'œil est fausse si une unité n'occupe pas la même longueur sur les deux axes. Le symptôme est qu'une pente numérique de 1 ne correspond plus à la diagonale d'un carré de la grille. Il faut convertir la pente selon les deux échelles avant de tracer.
Condition initiale absente. Des pentes seules peuvent décrire plusieurs courbes intégrales. Si aucun point de départ n'est fixé, la construction n'identifie pas une courbe unique. Il faut fournir une valeur initiale ou accepter une famille de courbes.
Exactitude apparente. L'épaisseur du trait, la graduation et les lectures successives introduisent des erreurs qui peuvent s'accumuler. Il faut annoncer une approximation compatible avec la précision du support. Dans l'exemple affine, le trapèze donne exactement 8 ; cette exactitude est un cas particulier, pas une garantie générale.
Pour aller plus loin
Calcul graphique — Situez l'intégration parmi les procédés qui remplacent une opération numérique par un tracé ou un instrument.
Courbe intégrale — Approfondissez le lien entre un champ de pentes, une condition initiale et la courbe solution obtenue.
Abaque — Voyez comment un diagramme préparé encode des relations numériques pour permettre une lecture directe.
Planimètre — Examinez un instrument mécanique conçu pour obtenir l'aire d'une figure en suivant son contour.
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