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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Katahiro Takebe

Takebe Katahiro, aussi appelé Takebe Kenkō (1664-1739), est un mathématicien japonais de la période Edo, formé auprès de Takakazu Seki. Dans le Tetsujutsu Sankei (1722), il relie les polynômes à la quadrature du cercle. Son développement autour de k = 0 correspond à celui de Taylor par sa structure, sans formaliser une théorie moderne de la différentiation ; il a aussi calculé π avec quarante décimales exactes.
variable k expression développement k k = 0 [arcsin(√k)]² autour de k = 0 … + k + k² + … [arcsin(√0)]² = 0
Dans l’exemple de quadrature du cercle, l’expression est étudiée autour de k = 0 ; le développement est rapproché de Taylor par sa structure.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Takebe Katahiro et ses repères biographiques.
  • Relier la quadrature du cercle à son développement autour de k = 0.
  • Distinguer une correspondance avec Taylor d'une formalisation moderne.

En clair

En 1722, Takebe Katahiro publie le Tetsujutsu Sankei, un ouvrage où il étudie notamment des polynômes à plusieurs variables. En cherchant à mesurer le cercle, il obtient aussi un développement qui correspond à celui de Taylor pour l'expression [arcsin(√k)]², autour de k = 0. Arcsin est l'opération qui retrouve un angle à partir de son sinus ; k est la variable que l'on fait varier, et « autour de k = 0 » signifie que l'on observe l'expression en partant de cette valeur.
Son travail montre comment un problème géométrique peut conduire à des calculs algébriques très précis. Takebe est surtout célèbre pour avoir déterminé π avec quarante décimales exactes, dans le Japon de la période Edo.

Définition

Takebe Katahiro, aussi appelé Takebe Kenkō, est un mathématicien japonais de la période Edo, né en 1664 et mort en 1739. Formé auprès de Takakazu Seki, il travaille sur les polynômes et leurs applications, puis sur des problèmes liés à la quadrature du cercle.
Dans le Tetsujutsu Sankei, publié en 1722, Takebe traite des polynômes à plusieurs variables. Le texte laisse entrevoir une approche de la différentiation sans en donner une formulation formelle. En étudiant la quadrature du cercle, il obtient un développement correspondant à celui de Taylor pour [arcsin(√k)]² autour de k = 0. Cette formulation décrit une série de puissances organisée par les puissances successives de k ; le rapprochement avec Taylor porte sur la structure du développement, non sur l'attribution de l'invention du calcul différentiel moderne.
Son parcours comprend aussi la traduction japonaise, publiée en 1690, du Suanxue qimeng de Zhu Shijie, mathématicien chinois du XIIIe siècle. Avec son frère aîné Takebe Kataaki, il appartient au cercle de Seki et participe au projet encyclopédique Taisei sankei, achevé par Kataaki en 1710.

Un exemple, pas à pas

Un exemple historique permet de suivre le lien entre géométrie et calcul chez Takebe. Le problème conducteur est celui de la quadrature du cercle, mentionné dans le Tetsujutsu Sankei, publié en 1722.
Les données du cas sont les suivantes : le problème porte sur le cercle ; la grandeur recherchée est liée à π ; la variable utilisée dans le développement est k ; le point de développement est k = 0.
Première étape : Takebe part d'une question géométrique, la comparaison des aires du cercle et du carré qui doit lui être associé. Cette comparaison fournit le problème à traduire en calcul ; l'expression [arcsin(√k)]² est la forme étudiée dans la suite, et non une nouvelle question indépendante.
Deuxième étape : il transforme cette question en étude de l'expression [arcsin(√k)]². Ici, arcsin désigne l'angle dont le sinus vaut la quantité considérée, tandis que k est la variable qui fait varier l'expression. Pour lire le centre annoncé, on pose k = 0 : [arcsin(√0)]² = [arcsin(0)]² = 0.
Troisième étape : ce que l'exemple permet réellement de vérifier est son repère de lecture. On reprend k = 0, puis on contrôle successivement la racine, arcsin et le carré : √0 = 0, arcsin(0) = 0 et [arcsin(0)]² = 0. Le développement est alors lu comme une organisation en puissances successives de k autour de ce centre : c'est ce point de structure qui correspond à Taylor, sans supposer une formule moderne attribuée à Takebe ni prétendre reconstruire ici le développement. Le résultat historique rapporté par la source est un calcul de π avec quarante décimales exactes.
Le contrôle consiste à vérifier que l'exemple conserve bien son point de départ géométrique, sa variable k et son centre k = 0 ; il ne faut pas attribuer à Takebe une formule moderne qui n'est pas explicitée dans le texte source.

En pratique

Pour situer Takebe dans l'histoire des mathématiques, on peut partir de ses publications : ses premiers travaux paraissent dès 1683 et portent sur les polynômes et leurs applications.
Pour comprendre son ouverture aux traditions savantes voisines, on peut consulter son activité de traducteur : en 1690, il fait paraître une version japonaise du Suanxue qimeng de Zhu Shijie.
Pour relier une question de géométrie à un calcul, on peut suivre l'exemple de la quadrature du cercle dans le Tetsujutsu Sankei. Le critère à observer est le passage d'une aire à un développement autour de k = 0.

À ne pas confondre

Takebe Katahiro ne doit pas être confondu avec son frère aîné Takebe Kataaki. Le critère qui les sépare est l'identité de la personne : Katahiro est né en 1664 et mort en 1739, tandis que Kataaki est né en 1661 et mort en 1716. Ils ont toutefois une formation et un cercle intellectuel communs, et Kataaki acheva la rédaction du Taisei sankei en 1710.
Takebe ne doit pas non plus être présenté comme l'auteur d'une théorie formelle du calcul différentiel. Le Tetsujutsu Sankei laisse entrevoir une approche de la différentiation et un développement correspondant à celui de Taylor, mais la source précise que cette approche n'est pas explicitée formellement.

Limites et pièges

Le rapprochement avec Taylor a une portée précise. Le développement de Takebe correspond à celui de Taylor pour [arcsin(√k)]² autour de k = 0, mais le texte source ne fournit pas ici une formule moderne complète ni une démonstration détaillée. Le symptôme d'une lecture excessive serait de remplacer cette correspondance par l'affirmation que Takebe a formalisé le théorème de Taylor. Il faut conserver le statut historique de l'énoncé : une anticipation visible dans le développement, sans explicitation formelle.
Le nombre de décimales attribué à Takebe est un résultat d'exactitude, pas une valeur approchée annoncée sans contrôle : la source indique qu'il a calculé π avec quarante décimales exactes. Il ne faut donc pas réduire ce résultat à une simple estimation, ni en déduire une méthode numérique particulière absente de la source.
Enfin, les dates ne décrivent pas un seul événement. 1683 renvoie aux premiers travaux publiés ; 1690 à la traduction du Suanxue qimeng ; 1710 à l'achèvement du Taisei sankei par Kataaki ; 1722 à la publication du Tetsujutsu Sankei. Cette séparation évite de fusionner des étapes distinctes.

Pour aller plus loin

Une prolongation utile consiste à comparer les deux niveaux du parcours de Takebe : ses premiers travaux publiés dès 1683 sur les polynômes, puis le Tetsujutsu Sankei de 1722, où la quadrature du cercle conduit à un développement correspondant à celui de Taylor. Cette continuité aide à comprendre comment un objet algébrique peut servir l'étude d'un problème géométrique, sans ajouter de formule que la source ne donne pas.
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