Passer au contenu principal
Tangente
AnalyseNotion · Glossaire

Malgrange Bernard

Bernard Malgrange est un mathématicien français connu pour le théorème de Malgrange-Ehrenpreis. Celui-ci affirme que tout opérateur différentiel linéaire non nul à coefficients constants admet une solution fondamentale au sens des distributions. Lorsqu’elle est définie, la convolution avec cette solution fondamentale permet de construire une solution de l’équation associée pour un second membre donné.
Parcours de Bernard Malgrange Frise non proportionnelle : École normale supérieure et thèse, Strasbourg, Orsay, puis Grenoble et le CNRS après 1972. Bernard Malgrange (1928–2024) parcours non à l’échelle ENS · thèse Strasbourg Orsay Grenoble Laurent Schwartz Malgrange-Ehrenpreis professeur jusqu’en 1972 puis CNRS à Grenoble
Une frise non proportionnelle résume les étapes attestées du parcours de Bernard Malgrange et le résultat associé à sa thèse.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le parcours et les principaux domaines de recherche de Bernard Malgrange.
  • Formuler précisément le théorème de Malgrange-Ehrenpreis.
  • Distinguer existence, régularité et unicité d'une solution fondamentale.

En clair

De 1928 à 2024, Bernard Malgrange a mené en France une carrière consacrée aux mathématiques pures. Sa thèse, dirigée par Laurent Schwartz, répond à une question essentielle : une équation aux dérivées partielles à coefficients constants possède toujours un point de départ à partir duquel construire des solutions. Autrement dit, le théorème garantit que la recherche d'une solution peut commencer, même si ce point de départ n'est pas nécessairement une fonction ordinaire.
Ce résultat porte aujourd'hui les noms de Malgrange et de Leon Ehrenpreis, qui l'a démontré indépendamment au même moment. Malgrange a aussi travaillé sur les équations différentielles, les fonctions analytiques, la géométrie algébrique et les singularités.

Définition

Bernard Malgrange est un mathématicien français dont le résultat le plus directement associé au nom est le théorème de Malgrange-Ehrenpreis. Dans sa formulation usuelle, ce théorème concerne tout opérateur différentiel linéaire non nul à coefficients constants. Si P désigne le polynôme qui code l'opérateur et si D représente les dérivations, il affirme l'existence d'une solution fondamentale E, au sens des distributions. La distribution de Dirac est notée par la lettre grecque delta : P(D)E=δP(D)E=\delta. Cette formulation précise ce que la source appelle une « solution élémentaire ».
La condition « à coefficients constants » est décisive : le théorème ne porte pas sur toutes les équations aux dérivées partielles. Il garantit une existence dans un cadre généralisé, sans affirmer que la solution fondamentale soit une fonction ordinaire, lisse ou unique. La démonstration a été obtenue indépendamment et simultanément par Malgrange et Leon Ehrenpreis, d'où le nom composé du résultat.
Son parcours relie l'École normale supérieure, une thèse dirigée par Laurent Schwartz, des postes à Strasbourg, Orsay et Grenoble, puis le CNRS à Grenoble après 1972. Ses recherches couvrent aussi les équations différentielles ordinaires, les fonctions analytiques de plusieurs variables complexes, la géométrie algébrique et la théorie des singularités.

Un exemple, pas à pas

On cherche à résoudre une équation P(D)u=fP(D)u=f. Les données sont un opérateur différentiel linéaire non nul P(D) à coefficients constants et un second membre f. La fonction inconnue, ou plus généralement la distribution inconnue, est notée u.
1. Le théorème de Malgrange-Ehrenpreis assure l'existence d'une distribution E telle que P(D)E=δP(D)E=\delta.
2. Lorsque la convolution avec f est définie, on pose u=Efu=E*f. On peut lire cette opération comme une superposition : E décrit la réponse à une impulsion isolée, tandis que f indique comment pondérer et déplacer ces réponses pour former u. Ce repère donne le rôle de la convolution ; son calcul précis demande le cadre des fonctions ou des distributions dans lequel elle est définie.
3. Le contrôle consiste à appliquer l'opérateur à cette expression : P(D)(Ef)=(P(D)E)f=δf=fP(D)(E*f)=(P(D)E)*f=\delta*f=f. On retrouve bien le second membre annoncé.
Le résultat fournit donc une voie de construction dès que les opérations employées ont un sens. Il établit l'existence d'une solution, mais ce contrôle ne prouve ni son unicité ni sa régularité.

En pratique

Devant une équation aux dérivées partielles linéaire, le premier geste est d'observer ses coefficients. S'ils sont constants et si l'opérateur n'est pas nul, le théorème de Malgrange-Ehrenpreis donne une garantie d'existence d'une solution fondamentale. Avec des coefficients variables, il faut rechercher un autre résultat adapté.
Pour lire une formule associée au théorème, on repère séparément l'opérateur, la solution fondamentale et la distribution de Dirac. Cette lecture évite de prendre la garantie d'existence pour une recette produisant automatiquement une fonction lisse.
Pour situer Bernard Malgrange dans l'histoire des mathématiques, son nom composé avec celui d'Ehrenpreis constitue le premier repère. Ses autres travaux invitent ensuite à suivre les liens entre analyse, fonctions analytiques, géométrie algébrique et singularités.

À ne pas confondre

Équation différentielle ordinaire et équation aux dérivées partielles. Une équation différentielle ordinaire fait intervenir des dérivées par rapport à une seule variable indépendante. Une EDP met en jeu des dérivées partielles par rapport à plusieurs variables indépendantes. Le théorème cité concerne les EDP, même si Malgrange a travaillé sur les deux domaines.
Solution fondamentale et solution d'un problème donné. La première répond à l'opérateur appliqué à E égal à la distribution de Dirac. La seconde doit répondre au second membre et aux éventuelles conditions du problème. Trouver E n'impose donc pas, à lui seul, toutes les conditions d'une solution particulière.
Théorème de Malgrange et théorème de Malgrange-Ehrenpreis. Le nom complet rappelle deux démonstrations indépendantes et simultanées. Attribuer le résultat au seul Malgrange effacerait le rôle de Leon Ehrenpreis indiqué par la source.

Limites et pièges

Coefficients variables. Si un coefficient dépend de la position, l'hypothèse centrale n'est plus satisfaite. Il ne faut pas invoquer directement le théorème ; il faut examiner un résultat d'existence adapté à l'opérateur considéré.
Solution généralisée. Le mot « solution » peut faire imaginer une fonction classique. Ici, l'existence est garantie dans l'espace des distributions ; une régularité supplémentaire doit être démontrée séparément.
Existence sans unicité. Le théorème fournit au moins une solution fondamentale, pas une solution unique. Si l'opérateur annule une distribution non nulle, celle-ci peut être ajoutée à une solution sans changer l'équation satisfaite.
Portée biographique. Le théorème est un repère majeur, mais il ne résume pas l'œuvre de Malgrange. Réduire ses recherches aux seules EDP ferait disparaître les équations différentielles ordinaires, les fonctions analytiques, la géométrie algébrique et les singularités mentionnées dans la source.

Pour aller plus loin

Le portrait de Schwartz Laurent situe le directeur de thèse de Bernard Malgrange et le cadre analytique dans lequel débute son parcours.
La fiche fonction analytique prolonge l'un des domaines de recherche de Malgrange et précise ce que signifie l'analyticité.
La fiche singularité éclaire un autre axe de ses travaux et le vocabulaire employé pour étudier les points où un objet change de comportement.
L'article Une épidémie d’EDO offre un détour par les équations différentielles ordinaires, à distinguer des EDP du théorème de Malgrange-Ehrenpreis.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres