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mathématiques au 17e siècle
Au XVIIe siècle, les mathématiques cherchent des lois générales et transforment leurs outils. Algèbre symbolique, géométries analytique et projective, probabilités, puis calcul différentiel et intégral relient nombres, courbes, hasard, aires et mouvements.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Relier algèbre littérale, géométrie des coordonnées et calcul infinitésimal.
- Situer les apports de Descartes, Fermat, Pascal, Desargues, Newton et Leibniz.
- Distinguer une origine, un développement progressif et une mise en ordre ultérieure.
- Reconnaître les supports qui ont fait circuler les savoirs mathématiques en Europe.
En clair
Au XVIIe siècle, un savant peut faire circuler une idée par une lettre, la confronter dans une académie et la publier dans une langue nationale plutôt qu'en latin. Sur sa feuille, des lettres représentent des nombres, une courbe reçoit une équation et une somme de petites contributions approche une aire.
Ce changement de pratiques relie plusieurs avancées : les probabilités avec Pascal et Fermat, la géométrie des coordonnées avec Descartes, puis l'organisation du calcul différentiel et intégral par Newton et Leibniz. Les mathématiques deviennent un langage pour énoncer des lois générales.
Définition
Les mathématiques au XVIIe siècle forment une période de transformation des objets étudiés, des méthodes et de la circulation des savoirs en Europe. Les savants cherchent des lois générales capables de décrire un monde régi par des relations mathématiques. Les académies, les correspondances et les voyages assurent une part importante des échanges, tandis que les langues nationales gagnent du terrain sur le latin dans les publications scientifiques.
Cette transformation touche plusieurs domaines. Kepler et Galilée prolongent le changement astronomique engagé par Copernic et confortent l'héliocentrisme. Pascal et Fermat posent les bases de la théorie des probabilités. L'algèbre littérale introduite par Viète à la fin du XVIe siècle devient, notamment avec Descartes, un moyen de traiter des problèmes généraux ; Barrow accompagne le mouvement vers une formalisation logique. Fermat reprend Diophante pour étudier les entiers, les nombres premiers et la divisibilité, parfois au moyen de conjectures laissées sans démonstration.
Desargues établit des bases de la géométrie projective avec la droite à l'infini, le pôle et la polaire. Descartes associe coordonnées, courbes et équations. Les problèmes d'aires et de mouvement font émerger le calcul infinitésimal, où l'intégrale est pensée comme la limite d'une somme. Dans la seconde moitié du siècle, Newton et Leibniz unifient ces méthodes en calcul différentiel et intégral, malgré leur controverse de priorité. Les lois de Kepler et de Newton illustrent l'essor de la notion de fonction. Wallis, Mercator et Newton développent l'usage des séries entières, notamment pour étudier certaines fonctions non algébriques, sans que cet usage soit réservé à celles-ci. Enfin, les logarithmes de Neper et Briggs allègent les calculs numériques.
Où on le rencontre
On rencontre cette période dans des lettres entre savants, des publications scientifiques, des travaux d'académies et des récits de voyages en Europe. Plusieurs marqueurs la rendent reconnaissable : les lettres employées dans les calculs algébriques, les coordonnées associées aux courbes, les méthodes d'aires et de mouvement, les logarithmes et les lois astronomiques.
Les noms de Descartes, Fermat, Pascal, Desargues, Newton ou Leibniz signalent des domaines distincts mais reliés. Ces supports montrent moins une découverte unique qu'un réseau de problèmes, de notations et de méthodes qui se généralisent et circulent.
Le mode d'emploi
Pour situer un texte dans cette histoire, on lit d'abord le problème traité : nombres entiers, courbes, perspective, hasard, aire, mouvement, astronomie ou calcul numérique. On relève ensuite l'outil employé : lettres algébriques, coordonnées, projection, somme approchée, série ou logarithme.
On identifie ensuite la forme de circulation mentionnée, par exemple une correspondance, une académie, un voyage ou une publication en langue nationale. Enfin, on distingue l'apport initial de sa mise en ordre : les calculs d'aires et l'étude du mouvement précèdent l'unification du calcul différentiel et intégral par Newton et Leibniz.
Une succession de grands noms peut donner l'impression d'inventions isolées. Le bon réflexe consiste à suivre les dépendances : Viète précède l'usage algébrique de Descartes, Diophante nourrit les recherches de Fermat, et des méthodes dispersées préparent le calcul infinitésimal unifié.
Un exemple, pas à pas
Prenons comme fil conducteur l'étude d'une courbe et de l'aire qu'elle délimite. Données du cas : une courbe, son équation, une aire à déterminer et des sommes qui l'approchent. Un mini-calcul actuel rend cet enchaînement manipulable, sans prétendre reproduire une méthode historique précise.
1. Les notations littérales héritées de Viète rendent possible l'écriture générale des relations entre quantités.
2. Avec la géométrie des coordonnées de Descartes, une courbe peut être décrite par une équation. Prenons ici la droite d'équation y = x entre 0 et 1.
3. Pour approcher l'aire sous cette droite, partageons l'intervalle en quatre bandes de largeur 1/4 et prenons leurs hauteurs au bord droit : 1/4, 2/4, 3/4 et 4/4. La somme des aires vaut 1/4 × (1/4 + 2/4 + 3/4 + 4/4) = 5/8. En affinant le partage, ces sommes se rapprochent de l'aire 1/2 : l'intégrale est conçue comme la limite d'une somme.
4. L'étude du mouvement complète ces recherches par des problèmes de variation.
5. Newton et Leibniz unifient ces méthodes dispersées en calcul différentiel et intégral.
2. Avec la géométrie des coordonnées de Descartes, une courbe peut être décrite par une équation. Prenons ici la droite d'équation y = x entre 0 et 1.
3. Pour approcher l'aire sous cette droite, partageons l'intervalle en quatre bandes de largeur 1/4 et prenons leurs hauteurs au bord droit : 1/4, 2/4, 3/4 et 4/4. La somme des aires vaut 1/4 × (1/4 + 2/4 + 3/4 + 4/4) = 5/8. En affinant le partage, ces sommes se rapprochent de l'aire 1/2 : l'intégrale est conçue comme la limite d'une somme.
4. L'étude du mouvement complète ces recherches par des problèmes de variation.
5. Newton et Leibniz unifient ces méthodes dispersées en calcul différentiel et intégral.
Pour contrôler le mini-cas, refaites l'addition des quatre bandes : elle doit donner 5/8, une valeur supérieure à 1/2 parce que les hauteurs sont prises au bord droit. On retrouve alors les trois articulations du fil conducteur : une courbe traduite en équation, une aire approchée par des sommes, puis une méthode générale organisée.
En pratique
Dans un récit sur une courbe, on repère si le texte mobilise une construction géométrique ou une équation. Dans ce contexte historique, l'association systématique de coordonnées et d'une équation de courbe peut orienter vers l'héritage cartésien, sans le caractériser de manière exclusive ; une projection et une droite à l'infini orientent plutôt vers Desargues.
Face à un problème d'aire ou de mouvement, on cherche des sommes, des limites ou des variations. Ces indices conduisent au calcul infinitésimal, tandis qu'un développement en série peut concerner une fonction algébrique ou non algébrique et ne suffit donc pas, à lui seul, à signaler une extension du domaine étudié.
Dans un texte sur les nombres entiers, les nombres premiers ou la divisibilité, on examine la place de la démonstration. Une affirmation attribuée à Fermat peut être une conjecture ; elle ne doit pas être traitée comme un résultat démontré sur la seule foi de l'attribution.
Pour des calculs numériques longs, les logarithmes de Neper et Briggs constituent l'outil caractéristique de la période. Si le problème porte sur le hasard, le repère pertinent devient plutôt le travail de Pascal et Fermat sur les bases des probabilités.
À ne pas confondre
Essor du XVIIe siècle et invention sans antécédent. Le critère est la présence d'un travail repris ou prolongé. Viète agit à la fin du XVIe siècle, Copernic précède Kepler et Galilée, et Diophante nourrit Fermat : la rupture s'appuie donc aussi sur des héritages.
Géométrie des coordonnées et géométrie projective. L'association systématique de coordonnées et d'une équation de courbe est un marqueur de l'approche cartésienne, sans lui être exclusive. Une droite à l'infini, un pôle ou une polaire relève de la géométrie projective de Desargues.
Calcul infinitésimal et séries entières. Le premier organise les problèmes d'aires et de mouvement autour du calcul différentiel et intégral. Les secondes, associées ici à Wallis, Mercator et Newton, peuvent notamment servir à étudier des fonctions non algébriques, même si certaines représentent localement des fonctions algébriques.
Limites et pièges
Une frontière chronologique poreuse. La notation littérale de Viète date de la fin du XVIe siècle, mais elle soutient l'algèbre du siècle suivant. Le symptôme du piège est une innovation antérieure rangée entièrement dans le XVIIe siècle ; il faut séparer l'origine de son développement.
Une attribution trop simple. Newton et Leibniz sont reconnus comme fondateurs du calcul différentiel et intégral, mais ils organisent des méthodes déjà construites progressivement. La controverse de paternité ne doit donc pas effacer les calculs d'aires et les études du mouvement qui les précèdent.
Une conjecture prise pour une preuve. Fermat formule souvent ses conjectures sans démonstration. Lorsqu'un énoncé ne s'accompagne pas d'une preuve dans le document étudié, il faut conserver son statut de conjecture au lieu de le présenter comme un théorème établi.
Une histoire réduite à une liste de savants. Le signe d'alerte est l'absence de supports de circulation. Il faut aussi considérer académies, lettres, voyages, langues de publication et reprises de travaux, car ils rendent visibles les relations entre les avancées.
Pour aller plus loin
Les fluxions de Newton — Pour approfondir l'une des formulations qui ont organisé le calcul du mouvement et des variations.
L'émergence du calcul des probabilités — Pour suivre le domaine auquel Pascal et Fermat ont apporté des bases nouvelles.
Histoire d’e — Pour prolonger l'histoire des fonctions et des outils de calcul au-delà du panorama du siècle.
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