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Histoire et cultureObjet géométrique · Glossaire

rectification du cercle

La rectification du cercle consiste à construire, à la règle et au compas, un segment dont la longueur est exactement celle de la circonférence d’un cercle donné, comme si l’on déroulait son bord. Elle est équivalente à la quadrature du cercle et, pour un rayon constructible non nul, impossible avec ces seuls outils, car π est transcendant.
Rectification et quadrature du cercle unité Un cercle de rayon 1, un segment de longueur 2 pi et un carré de côté racine de pi sont dessinés à une échelle commune. cercle : rayon 1 rectification : longueur 2π quadrature : côté √π Même cercle unité : une longueur 2π, une aire π
Pour le cercle unité, rectifier vise le segment 2π ; quadraturer vise le carré de côté √π, donc d’aire π.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer le calcul approché d’une circonférence et sa construction géométrique exacte.
  • Relier la rectification du cercle à la quadrature du cercle.
  • Suivre l’exemple d’un cercle de rayon 1 jusqu’aux longueurs 2π et √π.
  • Expliquer pourquoi le caractère transcendant de π entraîne l’impossibilité classique.
  • Repérer les faux résultats fondés sur un arrondi ou sur des outils non autorisés.

En clair

Imaginez un fil posé exactement sur le bord d’un cercle, puis déroulé en ligne droite. La rectification du cercle demanderait d’obtenir la longueur de ce fil par une construction parfaite, avec une règle non graduée et un compas seulement.
On peut mesurer ou calculer une valeur aussi précise que souhaité, mais cela ne fournit jamais la construction exacte exigée. L’obstacle vient de π : ce nombre relie le diamètre du cercle à sa circonférence et il est transcendant.

Définition

La rectification du cercle est le problème de construction suivant : à partir d’un cercle donné, produire à la règle non graduée et au compas un segment dont la longueur égale exactement celle de la circonférence. Si le rayon du cercle est désigné par r et sa circonférence par C, la longueur visée vérifie C=2πrC=2\pi r. Une valeur décimale approchée de π ne satisfait donc pas la demande d’exactitude.
Le problème n’est pas de calculer la circonférence, mais de construire sa longueur sous les contraintes classiques. Ces constructions ne produisent que des longueurs dites constructibles. Or le caractère transcendant de π exclut la longueur recherchée pour tout cercle de rayon non nul constructible.
Archimède a relié cette question à la quadrature du cercle. Pour un disque de rayon r, le carré de même aire devrait avoir un côté s tel que s2=πr2s^2=\pi r^2, donc s=rπs=r\sqrt{\pi}. Construire exactement l’un de ces objets permettrait de construire l’autre ; tous deux sont impossibles à la règle et au compas.

De quoi c'est fait

Le problème réunit cinq éléments. Le cercle donné fixe la circonférence à rectifier. Son rayon détermine cette longueur par le facteur 2π. La règle non graduée trace les droites autorisées, tandis que le compas trace des cercles et reporte des distances déjà construites. Le segment cible doit enfin avoir exactement la longueur de la circonférence.
Le rayon dépend du cercle de départ, puis la longueur cible dépend de ce rayon. La règle et le compas définissent les opérations admises : une graduation, une mesure numérique ou un tracé seulement approché changerait le problème. La position, la couleur et l’échelle du dessin sont sans effet ; seules comptent les relations géométriques exactes. Ces données suffisent à formuler la construction demandée, mais pas à l’accomplir, dans le cadre classique, lorsque le rayon est constructible et non nul.

Un exemple, pas à pas

Prenons un cercle dont le rayon mesure exactement 1 unité. Données :
rayon : 1 unité ;
circonférence recherchée : 2π fois le rayon ;
outils autorisés : règle non graduée et compas.
1. Remplacer le rayon par 1 donne une circonférence exacte de C=2πC=2\pi unités.
2. Avec π ≈ 3,14159265, le calcul numérique donne C6,28318530C\approx6{,}28318530 unités. Ce résultat est une approximation, pas une rectification exacte.
3. Le carré équivalent au disque doit avoir une aire π unités carrées. Son côté mesure donc exactement √π unité, soit environ 1,77245385 unité.
Contrôle : le carré de 1,77245385 vaut environ 3,14159265, comme l’aire du disque unité à la précision affichée. Ce contrôle vérifie les approximations numériques ; il ne transforme ni 2π ni √π en longueur constructible à la règle et au compas.

En pratique

Dans un calcul de longueur, on emploie la formule de la circonférence et une valeur de π adaptée à la précision recherchée. Cette méthode numérique convient lorsque le résultat peut être approché ; elle ne répond pas au problème classique de construction exacte.
Dans un tracé, un fil, une roue ou une mesure graduée peuvent reporter une circonférence avec une certaine précision. On préfère ces procédés quand l’objet réel tolère une incertitude mesurable, mais ils sortent du cadre « règle non graduée et compas ».
Dans l’étude des constructions géométriques, la bonne question porte sur l’exactitude et sur les outils admis. Si une solution utilise une décimale de π, une graduation ou une mesure physique, elle fournit une approximation ou change les règles du problème.

À ne pas confondre

Calculer une circonférence. Un calcul donne 2π fois le rayon, puis éventuellement une valeur décimale. La rectification exige en plus un segment construit exactement avec les outils classiques. Pour un cercle de rayon 1, écrire 2π est un calcul exact ; tracer 6,28 unités avec une règle graduée est seulement une réalisation approchée.
Quadrature du cercle. Elle vise un carré de même aire que le disque, et non un segment égal à sa circonférence. Le critère visible diffère donc : égalité d’aires d’un côté, égalité de longueurs de l’autre. Les deux problèmes restent toutefois équivalents du point de vue de la constructibilité.

Limites et pièges

Une approximation très précise reste une approximation. Le symptôme est la présence d’une écriture décimale finie de π ou d’un arrondi, même avec de nombreux chiffres. Il faut annoncer la précision obtenue et ne pas présenter le segment comme exactement égal à la circonférence.
Le rayon nul est un cas dégénéré. Si l’on accepte un « cercle » de rayon 0, la circonférence et le segment cible ont tous deux une longueur nulle. Ce cas trivial n’est pas le problème classique, qui concerne un véritable cercle de rayon non nul.
Changer les outils change la question. Une règle graduée, un report physique ou une donnée fournissant déjà π peut produire un tracé exploitable. Il faut alors décrire cette méthode comme extérieure aux contraintes de la rectification classique, et non comme une réfutation de son impossibilité.
L’équivalence n’identifie pas les objets. Le segment rectifié et le carré de même aire ne sont pas une même figure. L’équivalence signifie que la constructibilité exacte de l’un entraînerait celle de l’autre ; elle ne confond ni longueur et aire, ni circonférence et disque.

Pour aller plus loin

Quadrature du cercle — Examiner l’autre construction classique et préciser pourquoi l’égalité d’aires conduit au côté √π.
Nombre transcendant — Situer la propriété de π qui interdit sa production par les seules constructions classiques.
Des constructions à foison — Élargir la perspective sur les constructions à la règle et au compas et leurs possibilités.
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