Dans le modèle classique considéré ici, une rosace, ou multifolium, est une courbe algébrique fermée décrite en coordonnées polaires par r = a cos(nθ + φ), avec a non nul et n entier non nul. Elle est le lieu géométrique d’un point M, c’est-à-dire l’ensemble des positions successives occupées par ce point pendant le mouvement qui engendre la courbe.
Une première construction utilise un segment tournant autour de son milieu O. Le point M se déplace en même temps le long du segment selon un mouvement sinusoïdal. Pour une construction équivalente avec une droite et un cercle, le cercle, de rayon R strictement positif et de centre C, passe par O : ainsi OC = R. Si θ est l’angle de la droite, le centre C doit avoir pour angle (1 − n)θ − φ, où n est un entier non nul et φ une phase constante. L’autre point d’intersection M vérifie alors la loi polaire r = 2R cos(nθ + φ). Cette relation précise entre les rotations, et non leur seule uniformité, engendre la même famille fermée.
Dans ce modèle, le nombre de pétales est déterminé par la valeur absolue et la parité de l’entier n ; l’amplitude fixe l’échelle et la phase l’orientation du tracé. Parmi les formes particulières figurent le trifolium régulier et le quadrifolium à quatre feuilles, usuellement appelé aussi folium de Dürer. Guido Grandi a étudié cette courbe en 1723, puis E. W. Hyde en 1875.