AnalyseObjet mathématique · Glossaire
série de Engel
La série de Engel décompose un réel positif en fractions unitaires. Pour 5/7, elle donne 1/2 + 1/6 + 1/24 + 1/168 : à chaque étape, l’inverse du reste détermine l’entier suivant. La règle complète, la condition d’arrêt et le contrôle de l’erreur sont détaillés dans la fiche.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Relier les restes, les entiers b_n et les produits cumulés de la série.
- Construire exactement le développement de 5/7 jusqu'au reste nul.
- Contrôler une somme partielle grâce au reste u_n/B_n.
- Distinguer la série de Engel d'une fraction continue et d'un simple arrondi décimal.
En clair
Prenons le nombre 5/7. On cherche d'abord le plus petit entier qui n'est pas inférieur à son inverse : c'est 2. Ce choix fournit le premier morceau, 1/2, puis laisse un nouveau nombre à traiter.
En répétant le même geste sur chaque reste, on obtient les entiers 2, 3, 4 et 7. Ils fabriquent les fractions 1/2, 1/6, 1/24 et 1/168, dont la somme vaut exactement 5/7. La série de Engel transforme ainsi un nombre positif en une suite d'entiers et en une somme de fractions de plus en plus petites.
Définition
Soit y un réel strictement positif. On note ⌈x⌉ le plus petit entier supérieur ou égal au réel x. En partant du reste initial u0 = y, l'algorithme choisit, tant que le reste un n'est pas nul, l'entier suivant bn+1 et le nouveau reste un+1 par la relation :
Les entiers bn sont positifs et ne décroissent pas. En notant Bn le produit b1b2…bn, le développement de Engel s'écrit : . Si un reste devient nul, la somme s'arrête ; sinon, elle est infinie et converge vers y. À chaque rang n, l'écart après la somme des n premiers termes vaut exactement un/Bn. L'algorithme fixe donc une représentation unique du réel positif considéré.
De quoi c'est fait
Un développement de Engel assemble cinq éléments. Le réel positif y est la donnée de départ. Les restes un mesurent ce qu'il reste à coder. La partie entière supérieure transforme chaque reste non nul en un entier bn+1. Les produits cumulés Bn = b1…bn fournissent enfin les dénominateurs des termes 1/Bn.
Chaque entier dépend donc du reste précédent, et chaque terme de la série dépend de tous les entiers déjà obtenus. Le nouveau reste relance à son tour le calcul. Ces relations suffisent à construire la suite, à former les sommes partielles et à connaître exactement l'erreur restante.
Un exemple, pas à pas
Développons y = 5/7. Le schéma récapitule les quatre choix d'entiers, les restes successifs et les fractions ajoutées.
Données.
Nombre de départ : y = 5/7.
Reste initial : u0 = 5/7.
Règle : on prend la partie entière supérieure de l'inverse du reste.
Nombre de départ : y = 5/7.
Reste initial : u0 = 5/7.
Règle : on prend la partie entière supérieure de l'inverse du reste.
Étape 1. Comme ⌈7/5⌉ = 2, on obtient b1 = 2, puis u1 = 2 × 5/7 − 1 = 3/7. Le premier terme est 1/2.
Étape 2. Comme ⌈7/3⌉ = 3, on obtient b2 = 3, puis u2 = 3 × 3/7 − 1 = 2/7. Le deuxième terme est 1/(2 × 3) = 1/6.
Étape 3. Les deux itérations suivantes donnent b3 = ⌈7/2⌉ = 4 et u3 = 1/7, puis b4 = 7 et u4 = 0. Les termes ajoutés sont 1/24 et 1/168.
Résultat et contrôle. Le reste nul arrête l'algorithme. La somme commune vaut . Le calcul retrouve exactement le nombre de départ.
En pratique
Pour décomposer une fraction positive, on conserve les restes sous forme de fractions exactes et on applique la partie entière supérieure à chaque inverse. Cette voie est préférable au calcul décimal lorsque l'on veut savoir avec certitude si le développement s'arrête.
Pour approcher un réel, on additionne les premiers termes. Après le rang n, la quantité un/Bn donne l'erreur exacte tant que le reste est connu ; elle indique directement si la précision visée est atteinte.
Pour vérifier une suite d'entiers annoncée, on refait les restes successifs et on contrôle à chaque ligne l'opération de plafond. Une simple somme numérique approchée peut masquer un mauvais entier ; le contrôle des restes localise aussitôt la première erreur.
À ne pas confondre
Série de Engel et fraction continue. La première est une somme de fractions dont les dénominateurs sont des produits cumulés. La seconde emboîte des quotients. Pour 5/7, l'écriture 1/2 + 1/6 + 1/24 + 1/168 signale un développement de Engel, pas une fraction continue.
Entiers bn et termes de la série. Les entiers 2, 3, 4 et 7 ne sont pas les fractions que l'on additionne. Ils produisent les dénominateurs cumulés 2, 6, 24 et 168.
Partie entière supérieure et partie entière inférieure. Pour l'inverse 7/5, le plafond vaut 2 alors que le plancher vaut 1. Choisir 1 dès la première étape ne suit donc pas l'algorithme de Engel.
Limites et pièges
Zéro n'est pas une donnée de départ admise. Son inverse n'existe pas, donc le premier entier b1 ne peut pas être calculé. Le domaine annoncé est celui des réels strictement positifs.
Un reste nul marque l'arrêt. Dans l'exemple, u4 = 0. Il ne faut pas chercher b5 en prenant l'inverse de zéro ; la représentation est alors la somme finie des quatre termes obtenus.
Les entiers ne commencent pas toujours à 2. Si y est supérieur à 1, alors ⌈1/y⌉ = 1. Il est donc faux d'imposer bn ≥ 2 à tous les rangs pour tout réel positif ; on applique la règle sans ajouter cette restriction.
Une somme partielle n'est pas encore y tant que le reste est positif. Après n termes, l'écart vaut un/Bn. Il faut conserver ce reste ou annoncer une approximation, au lieu d'écrire une égalité prématurée.
Pour aller plus loin
La fiche Fraction continue présente l'autre grande représentation par entiers à laquelle la définition de la série de Engel fait référence. Elle aide à comparer une somme de produits inverses avec un emboîtement de quotients.
L'article Les fractions continues, prolonge cette comparaison dans un traitement consacré aux fractions continues et à leur mode de développement.
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