Passer au contenu principal
Tangente
AnalyseObjet mathématique · Glossaire

série de Goldbach

La série de Goldbach, aussi appelée série de Goldbach-Euler, est formée en prenant P = {mⁿ | m et n sont des entiers, m ≥ 2 et n ≥ 2}, en supprimant les doublons puis en ordonnant P. Si p parcourt P, ses termes sont 1/(p − 1), et le théorème de Goldbach-Euler s'écrit ∑p∈P 1/(p − 1) = 1. Cette identité ne doit pas être confondue avec la série harmonique H = ∑k≥1 1/k, qui diverge.
Premières puissances et dénominateurs de la série de Goldbach Les puissances 4, 8, 9 et 16 donnent respectivement les dénominateurs 3, 7, 8 et 15 après soustraction de 1. Puissance → puissance − 1 4 ↓ −1 3 8 ↓ −1 7 9 ↓ −1 8 16 ↓ −1 15
Chaque puissance de la liste fournit un dénominateur diminué de 1 avant l'inversion.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier la règle mⁿ − 1 et les conditions m ≥ 2, n ≥ 2.
  • Calculer les quatre premiers termes et leur somme partielle exacte.
  • Comprendre pourquoi le lien avec la série harmonique ne prouve pas une convergence vers 1.

En clair

Imaginez une collection de puissances obtenues en élevant un entier à une puissance entière au moins égale à 2. On les range : 4, 8, 9, 16, 25, 27, 32, … Puis on retire 1 à chacune et on prend l'inverse. Les premiers nombres obtenus sont donc 1/3, 1/7, 1/8 et 1/15. Leur addition forme la série de Goldbach, aussi appelée série de Goldbach-Euler. La difficulté vient de la question suivante : cette addition s'approche-t-elle d'une valeur précise, et que peut-on vraiment déduire de son lien avec la série harmonique ?

Définition

La série de Goldbach est construite à partir de l'ensemble P = {mn | m et n sont des entiers, m ≥ 2 et n ≥ 2}. On ne garde qu'une fois chaque valeur de mn, puis on ordonne les valeurs de P dans l'ordre croissant ; cette déduplication est nécessaire, car une même puissance peut avoir plusieurs représentations, par exemple 64 = 26 = 43 = 82. Chaque p de P fournit alors un dénominateur égal à p − 1, puis le terme correspondant est son inverse. Ainsi, 22 = 4 donne 1/3, 23 = 8 donne 1/7 et 32 = 9 donne 1/8.
La série s'écrit donc comme une somme de termes associés aux valeurs distinctes et ordonnées de P : 1/3 + 1/7 + 1/8 + 1/15 + 1/24 + 1/26 + 1/31 + … . En notant p un élément de P, le théorème de Goldbach-Euler s'énonce explicitement : ∑p∈P 1/(p − 1) = 1. La divergence de la série harmonique H = ∑k≥1 1/k ne fournit pas, à elle seule, une preuve de cette identité ni de la convergence de la série étudiée ; Jacob Bernoulli a corrigé cette erreur de raisonnement.

De quoi c'est fait

Quatre éléments déterminent la construction. La base m fournit l'entier élevé à une puissance. L'exposant n indique combien de fois cette base intervient dans la multiplication. La puissance mn fournit la suite de nombres à énumérer. Enfin, la transformation mn − 1 produit le dénominateur, dont l'inverse devient le terme de la série. Les contraintes m ≥ 2 et n ≥ 2 empêchent les bases et exposants trop petits. L'ordre croissant dépend des puissances obtenues, tandis que l'écriture de chaque terme dépend de la soustraction puis de l'inversion. Ces données suffisent à construire les premiers termes et à calculer des sommes partielles, mais elles ne suffisent pas à conclure à une limite égale à 1.

Un exemple, pas à pas

Considérons les quatre premières puissances de la liste : 4, 8, 9 et 16. Les données sont les puissances 4, 8, 9, 16 et la règle « soustraire 1 puis prendre l'inverse ».
Pour 4, le dénominateur vaut 4 − 1 = 3, donc le terme vaut 1/3.
Pour 8, le dénominateur vaut 8 − 1 = 7, donc le terme vaut 1/7.
Pour 9, le dénominateur vaut 9 − 1 = 8, donc le terme vaut 1/8.
Pour 16, le dénominateur vaut 16 − 1 = 15, donc le terme vaut 1/15.
La somme partielle vaut donc 1/3 + 1/7 + 1/8 + 1/15 = 561/840, soit 187/280 ≈ 0,6679.
Le contrôle consiste à remettre les quatre termes au même dénominateur : 280/840 + 120/840 + 105/840 + 56/840 = 561/840. La fraction 187/280 et l'approximation 0,6679 confirment le résultat.

En pratique

Pour construire les premiers termes, on dresse la liste croissante des puissances entières distinctes, puis on applique séparément la règle mn − 1 au dénominateur. Cette séparation permet de contrôler chaque terme avant l'addition.
Pour vérifier une somme partielle, on conserve les fractions exactes avant de calculer une valeur décimale. La fraction exacte permet de repérer une erreur d'arithmétique que l'arrondi pourrait masquer.
Pour étudier la convergence, on distingue une identité entre séries d'une conclusion sur leur limite. Le lien avec la série harmonique sert à examiner la structure du raisonnement, pas à remplacer une preuve de convergence.

À ne pas confondre

La série de Goldbach ne doit pas être confondue avec la série harmonique H = ∑k≥1 1/k. Le critère testable est la règle de construction : elle utilise l'ensemble P = {mn | m,n entiers, m ≥ 2 et n ≥ 2}, dont les valeurs sont dédoublonnées puis ordonnées, et associe à chaque p ∈ P le terme 1/(p − 1). Le théorème de Goldbach-Euler énonce alors ∑p∈P 1/(p − 1) = 1 ; cette identité ne rend pas les deux séries identiques et ne justifie pas une conclusion par la seule divergence de H.

Limites et pièges

Le premier piège est d'autoriser m = 1 ou n = 1. Ces valeurs sortent des conditions m ≥ 2 et n ≥ 2 ; elles ne définissent donc pas les termes de la série étudiée. Il faut vérifier les deux seuils avant de calculer.
Un deuxième piège consiste à croire que la série de Goldbach converge vers 1 simplement parce qu'elle est rapprochée de la série harmonique. La série harmonique H = ∑k≥1 1/k est divergente ; ce fait ne fournit pas, à lui seul, une preuve de la convergence ou de la valeur de la série de Goldbach. Il faut conserver cette distinction et ne pas transformer une erreur historique corrigée par Jacob Bernoulli en justification mathématique.
Enfin, une somme partielle n'est pas la somme de la série. Par exemple, les quatre premiers termes donnent 187/280 ≈ 0,6679 ; cet arrondi décrit seulement cette étape du calcul et ne fixe pas la valeur de la série entière.

Pour aller plus loin

Pour replacer le lien avec la série harmonique dans son contexte, consultez l'article « Les toujours étonnantes curiosités de la série harmonique ». Cette lecture permet de mieux distinguer une série divergente d'une série construite à partir d'un sous-ensemble de puissances.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres