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GéométrieNotion · Glossaire

tachéomètre

Un tachéomètre est un instrument de topographie qui, depuis une station fixe, mesure la direction d’un point visé par deux angles — horizontal et vertical — ainsi que sa distance. Ces trois mesures, interprétées dans un repère et selon une convention d’angle vertical définie, permettent de calculer la position du point dans l’espace ; la visée et le retour du signal doivent être exploitables.
Décomposition d’une visée tachéométrique de 10 mètres Vue de dessus à 60 degrés et élévation à 30 degrés donnant les coordonnées relatives du point visé. Vue de dessus θ = 60° · x ≈ 4,33 m · y = 7,50 m Élévation α = 30° · r ≈ 8,66 m · z = 5,00 m · d = 10 m
La visée de 10 m donne une projection horizontale de 8,66 m et une hauteur de 5 m, puis les coordonnées du plan.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier les trois mesures réunies par un tachéomètre.
  • Passer d’une distance et de deux angles à des coordonnées relatives.
  • Contrôler le calcul spatial sur un exemple chiffré.
  • Distinguer le tachéomètre d’un théodolite et d’un télémètre.
  • Repérer les conventions et les visées qui rendent une mesure inexploitable.

En clair

Sur un terrain, un opérateur place l’instrument à un point fixe, puis vise successivement les endroits à relever. Le tachéomètre observe la direction de chaque visée, vers la gauche ou la droite et vers le haut ou le bas, puis sa distance. Ces trois mesures situent le point visé dans l’espace par rapport à l’instrument. Un tachéomètre total effectue électroniquement les lectures et les calculs de distance. La vue documentaire prévue pour cette section montre l’instrument monté sur son support de terrain.

Définition

Un tachéomètre est un instrument optique et mécanique de géodésie et de topographie. Installé à une station fixe, il vise un point et mesure simultanément un angle horizontal, un angle vertical et une distance. L’angle horizontal situe la visée autour de la station ; l’angle vertical en indique l’inclinaison. La distance donne l’éloignement du point le long de la visée. Réunies dans un même repère, ces données déterminent la position relative du point dans l’espace.
Les modèles modernes appelés tachéomètres totaux utilisent des capteurs électroniques pour lire les angles et calculer la distance à partir d’une réflexion laser ou infrarouge. Cette automatisation ne supprime pas le besoin d’une station et de références de mesure clairement définies. Le même principe sert à relever la forme d’un terrain, à implanter un bâtiment, à matérialiser un tracé routier ou à effectuer d’autres mensurations sur le terrain.

Un exemple, pas à pas

Le centre optique de la station est pris pour origine. Le point visé se trouve à une distance oblique de 10 m. L’angle horizontal, mesuré depuis l’axe horizontal du repère, vaut 60°. L’angle d’élévation, mesuré au-dessus du plan horizontal, vaut 30°. On note d la distance, θ l’angle horizontal, α l’élévation et r la projection horizontale de la visée.
1. Calculer la projection horizontale : r=dcos(α)=10cos(30)=538,66 mr=d\cos(\alpha)=10\cos(30^\circ)=5\sqrt{3}\approx8{,}66\ \mathrm{m}.
2. Calculer la hauteur relative : z=dsin(α)=10sin(30)=5 mz=d\sin(\alpha)=10\sin(30^\circ)=5\ \mathrm{m}.
3. Calculer la première coordonnée horizontale : x=rcos(θ)=5324,33 mx=r\cos(\theta)=\frac{5\sqrt{3}}{2}\approx4{,}33\ \mathrm{m}.
4. Calculer la seconde coordonnée horizontale : y=rsin(θ)=152=7,50 my=r\sin(\theta)=\frac{15}{2}=7{,}50\ \mathrm{m}.
Le point a donc pour coordonnées relatives environ (4,33 m ; 7,50 m ; 5,00 m). Le contrôle repart des valeurs exactes : x2+y2+z2=754+2254+25=100=d2x^2+y^2+z^2=\frac{75}{4}+\frac{225}{4}+25=100=d^2. La distance reconstruite vaut bien 10 m. La figure prévue décompose la même visée en vue de dessus et en élévation.

En pratique

Pour un levé de terrain, l’opérateur vise plusieurs points depuis une station connue et enregistre leurs directions et leurs distances. Si un obstacle coupe une visée, il faut choisir une autre station plutôt que conserver une mesure incomplète.
Lors de l’implantation d’un bâtiment, le geste est inversé : les positions prévues sont reportées sur le terrain. Une mesure directe suffit pour un unique segment accessible ; le tachéomètre devient pertinent lorsque plusieurs points doivent partager le même repère.
Pour le tracé d’une route, des points successifs matérialisent le parcours et ses différences de hauteur. Lorsque le relief masque un point, une nouvelle station prolonge le relevé avec des références communes.
Dans un travail de mensuration, l’intérêt vient de l’association des angles et des distances. Si seule une distance isolée est recherchée, un dispositif limité à cette grandeur peut suffire ; il ne localise pas pour autant le point dans l’espace.

À ne pas confondre

Un tachéomètre ne se réduit pas à un théodolite. Le critère décisif est la mesure de distance associée aux deux angles : si l’appareil fournit seulement les directions angulaires, les données ne suffisent pas à placer directement le point visé à la bonne distance.
Il ne faut pas non plus le confondre avec un simple télémètre. Une distance seule indique combien le point est éloigné, mais pas sa direction horizontale et verticale. Dès qu’un point doit être situé dans un repère spatial depuis la station, les deux angles sont également nécessaires.

Limites et pièges

La convention de l’angle vertical doit être vérifiée avant tout calcul. Certains réglages comptent un angle depuis l’horizontale, d’autres depuis la verticale. Employer la mauvaise origine échange les rôles du sinus et du cosinus ; il faut convertir la lecture dans la convention annoncée.
La mesure électronique de distance dépend d’une réflexion laser ou infrarouge exploitable. Un obstacle qui coupe la ligne de visée, ou un retour que l’appareil ne peut pas lire, laisse une distance absente ou instable. Il faut dégager la visée, adapter la cible ou déplacer la station.
Une élévation de +90° ou −90° constitue un cas charnière : la projection horizontale est nulle. L’angle horizontal ne change alors plus la position du point. Il faut traiter cette visée verticale comme un cas dégénéré, sans lui attribuer une direction horizontale significative.

Illustrations

tachéomètre (1)

Pour aller plus loin

géodésie — Situer le tachéomètre dans la discipline qui mesure et représente la Terre.
théodolite — Examiner l’instrument voisin pour mieux isoler le rôle propre de la mesure de distance.
Géométrie de la mesure — Prolonger la réflexion sur les liens entre constructions géométriques et mesures de terrain.
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