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Tchebychev Pafnouti

Pafnouti Tchebychev est un mathématicien connu notamment pour une inégalité qui, pour toute variable aléatoire de variance finie, borne la probabilité de s'écarter de sa moyenne d'au moins un seuil positif. Cette garantie, valable sans connaître toute la loi, aide à contrôler les grandes déviations. Il a aussi démontré que, pour tout entier n > 1, il existe un nombre premier strictement compris entre n et 2n.
Garantie de l'inégalité de Tchebychev autour de la moyenne 100 L'intervalle strict entre 90 et 110 contient au moins 75 pour cent de probabilité. Les deux zones extérieures en contiennent au plus 25 pour cent au total. Garantie sans connaître la loi 90 < X < 110 : au moins 75 % 90μ = 100110 X ≤ 90 ou X ≥ 110 : au plus 25 % au total
Sans connaître la loi de X, la zone centrale entre 90 et 110 porte au moins 75 % de probabilité ; les deux queues en portent au plus 25 %.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer Pafnouti Tchebychev dans l'école mathématique russe.
  • Appliquer son inégalité à un exemple numérique contrôlable.
  • Relier cette borne à la loi faible des grands nombres sans les confondre.
  • Énoncer le résultat de Bertrand et sa condition n > 1.

En clair

De 1821 à 1894, Pafnouti Tchebychev participe à l'essor des mathématiques russes. Professeur à Saint-Pétersbourg, il voyage aussi en Europe pour échanger avec les mathématiciens de son temps.
Deux idées donnent la mesure de son travail. En probabilités, il encadre le risque qu'une valeur s'éloigne beaucoup de sa moyenne. En arithmétique, il prouve qu'après tout entier supérieur à 1, on rencontre toujours un nombre premier avant d'atteindre son double.

Définition

Pafnouti Livovic Tchebyshev (1821–1894) est un mathématicien russe majeur et professeur à Saint-Pétersbourg. Il appartient à l'école mathématique russe fondée sous Catherine la Grande par Daniel Bernoulli et Euler. Ses voyages européens lui permettent d'échanger avec les grands mathématiciens de son époque.
En probabilités, son nom est attaché à une inégalité qui borne les grands écarts sans exiger la loi complète du hasard étudié. Soit une variable aléatoire X de moyenne μ et de variance finie σ2. Pour tout seuil positif a, l'inégalité s'écrit P(Xμa)σ2a2\mathbb{P}(|X-\mu|\ge a)\le \frac{\sigma^2}{a^2}. Elle fournit notamment un outil pour démontrer la loi faible des grands nombres. Tchebychev a aussi établi des théorèmes limites sur les tendances asymptotiques de phénomènes naturels.
En théorie des nombres, il précise une conjecture de Gauss sur la distribution des nombres premiers. Il démontre également la conjecture de Bertrand : pour chaque entier n strictement supérieur à 1, il existe au moins un nombre premier strictement compris entre n et 2n.

Un exemple, pas à pas

Une variable aléatoire X modélise une mesure. Les données disponibles sont sa moyenne μ = 100, sa variance σ2 = 25 et le seuil d'écart a = 10. On ne connaît pas sa loi de probabilité.
1. L'événement à borner est un écart d'au moins 10 à la moyenne : X ≤ 90 ou X ≥ 110.
2. L'inégalité de Tchebychev donne P(X10010)25102\mathbb{P}(|X-100|\ge 10)\le \frac{25}{10^2}.
3. Le quotient vaut exactement 25/100 = 1/4. La probabilité d'un tel écart est donc au plus 25 %.
4. Par complément, la probabilité que X reste strictement entre 90 et 110 est au moins 75 %.
Le contrôle se refait en observant que le seuil 10 vaut deux écarts-types, puisque l'écart-type est σ = 5. La borne extérieure est alors 1/22 = 1/4.

En pratique

Quand seules la moyenne et la variance d'une variable aléatoire sont connues, l'inégalité de Tchebychev donne une garantie sur les grands écarts. Si la loi complète est connue, un calcul direct fournit généralement une probabilité plus précise.
Pour une suite de moyennes, cette borne aide à montrer que les écarts deviennent peu probables lorsque le nombre d'observations augmente. C'est l'un des chemins vers la loi faible des grands nombres mentionnée dans les travaux de Tchebychev.
En arithmétique, le résultat de Bertrand garantit l'existence d'un nombre premier entre n et 2n pour tout entier n > 1. Il donne une certitude d'existence ; une recherche effective reste nécessaire pour identifier ce nombre premier.

À ne pas confondre

Inégalité de Tchebychev et loi faible des grands nombres. La première borne la probabilité d'un écart pour une variable de variance finie. La seconde décrit la convergence de moyennes quand le nombre d'observations augmente. Dans l'exemple avec une seule variable X, on applique l'inégalité, pas une loi des grands nombres.
Borne et probabilité exacte. Dire que le risque d'un écart est au plus 25 % ne signifie pas qu'il vaut 25 %. Une loi de probabilité connue peut donner une valeur inférieure ; avec seulement la moyenne et la variance, l'inégalité ne fournit qu'un plafond.

Limites et pièges

Variance indispensable. La forme usuelle de l'inégalité exige une variance finie. Si cette donnée n'existe pas ou n'est pas connue, le quotient σ2/a2 ne peut pas fournir la borne annoncée.
Seuil trop petit. Si le seuil a est inférieur ou égal à l'écart-type σ, alors σ2/a2 est supérieur ou égal à 1. La borne reste formellement vraie, mais n'apporte rien de mieux que la certitude qu'une probabilité ne dépasse pas 1. Il faut augmenter le seuil ou utiliser davantage d'information sur la loi.
Intervalle central et frontières. L'événement borné dans l'exemple inclut les valeurs 90 et 110, car l'écart est au moins 10. Son complément est donc l'intervalle strict 90 < X < 110. Changer « au moins » en « plus de » modifierait les frontières.
Bertrand commence après 1. La condition n > 1 est obligatoire. Pour n = 1, l'intervalle strict entre 1 et 2 ne contient aucun entier premier ; il ne faut donc pas supprimer ce seuil.

Pour aller plus loin

La première loi des grands nombres prolonge le versant probabiliste en montrant le comportement des moyennes lorsque les observations se multiplient.
Le glossaire nombre premier précise l'objet arithmétique dont la présence est garantie entre n et 2n.
L'inépuisable théorème des nombres premiers ouvre sur la question plus large de la distribution asymptotique des nombres premiers.
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