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GéométrieNotion · Glossaire

algèbre de Cayley

Nommée d'après Arthur Cayley, l'algèbre de Cayley est une algèbre réelle de dimension 8. Elle est construite à partir de l'algèbre des quaternions d'Hamilton par doublement (procédé de Cayley-Dickson). Sa multiplication est non associative, mais alternative.
Doublement des quaternions vers les octonions Deux quaternions de quatre composantes réelles sont réunis en une paire formant un octonion de huit composantes réelles. a : quaternion 4 composantes réelles (a₀, a₁, a₂, a₃) b : quaternion 4 composantes réelles (b₀, b₁, b₂, b₃) + (a,b) : octonion 8 composantes réelles 4 + 4 = 8
Le doublement réunit deux quaternions de quatre composantes pour former un octonion de dimension 8.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier l'algèbre de Cayley comme une algèbre réelle de dimension 8.
  • Suivre un produit de paires de quaternions sur un exemple calculé.
  • Comprendre pourquoi la non-associativité impose de conserver les parenthèses.

En clair

Imaginez deux paquets de quatre nombres réels. En les réunissant selon une règle de multiplication précise, on obtient un objet à huit composantes. Cet objet est un octonion, aussi appelé élément de l'algèbre de Cayley.
La construction prolonge celle des quaternions d'Hamilton par le doublement de Cayley-Dickson. Elle conserve une forme de cohérence appelée alternativité, mais la multiplication n'est plus associative : regrouper trois facteurs différemment peut changer le résultat.

Définition

L'algèbre de Cayley est une algèbre réelle de dimension 8 : chacun de ses éléments est décrit par huit nombres réels. Le procédé de Cayley-Dickson la construit en doublant l'algèbre des quaternions d'Hamilton. On représente alors un octonion par une paire (a, b) de quaternions, où a et b désignent chacun quatre composantes réelles.
Avec la convention de doublement utilisée ici, si c et d sont deux autres quaternions, la barre désigne la conjugaison quaternionique : elle laisse la composante réelle inchangée et inverse le signe des trois composantes imaginaires. Cette opération intervient dans le produit de (a, b) par (c, d), défini par :
(a,b)(c,d)=(acdˉb,da+bcˉ)(a,b)(c,d)=(ac-\bar{d}b,\,da+b\bar{c})
Cette multiplication est bilinéaire sur les réels, mais elle n'est pas associative. Elle est toutefois alternative, ce qui signifie notamment que les produits où deux facteurs consécutifs sont égaux gardent un comportement associatif. Les termes algèbre des octonions et octaves de Cayley désignent cette même structure dans ce contexte.

Un exemple, pas à pas

On utilise la représentation par paires de quaternions et la convention de produit précédente. Prenons l'octonion x = (1, 0) et l'octonion y = (0, 1), où 1 est le quaternion unité et 0 le quaternion nul.
Données : a = 1 ; b = 0 ; c = 0 ; d = 1. La conjugaison de 1 et de 0 ne change pas ces deux quaternions.
1. Le premier terme vaut ac − dˉb\bar{d}b = 1×0 − 1×0 = 0.
2. Le second terme vaut da + bcˉ\bar{c} = 1×1 + 0×0 = 1.
3. Le produit est donc x y = (0, 1), c'est-à-dire y.
Le contrôle consiste à réintroduire les quatre données dans la règle : les deux composantes calculées sont bien le quaternion nul et le quaternion unité. L'exemple montre la mécanique du doublement sans supposer que la multiplication des octonions est associative.

En pratique

En mathématiques, on rencontre l'algèbre de Cayley lorsque huit composantes réelles et une multiplication issue du procédé de Cayley-Dickson sont nécessaires. Le geste consiste à travailler avec des paires de quaternions, puis à appliquer la convention de produit annoncée.
En mécanique quantique et en géométrie, la source signale des applications des octonions. Dans ces contextes, il faut conserver la nature non associative de la structure : une expression comportant trois facteurs doit garder ses parenthèses, sauf si une propriété justifie leur déplacement.

À ne pas confondre

Les quaternions d'Hamilton ne sont pas les octonions. Les premiers fournissent l'algèbre de départ du doublement ; les seconds sont obtenus après ce doublement et possèdent huit composantes réelles au lieu de quatre.
Les noms algèbre des octonions, octaves de Cayley et algèbre de Cayley renvoient ici à la même structure. Le critère qui tranche est le contexte : une algèbre de dimension 8 construite par doublement des quaternions relève de cette famille, tandis qu'une algèbre de dimension 4 relève des quaternions.

Limites et pièges

Le piège principal est d'appliquer automatiquement l'associativité familière des nombres réels, des complexes ou des quaternions. Pour trois octonions x, y et z, les écritures (xy)z et x(yz) ne sont pas garanties égales. Il faut donc conserver le regroupement indiqué par les parenthèses.
La non-associativité ne signifie pas que toute règle de calcul disparaît. La structure est alternative : lorsqu'un même facteur apparaît deux fois dans le produit, certaines réassociations restent permises. Cette propriété ne permet pas de supprimer les parenthèses dans une expression générale à trois facteurs.
Enfin, « dimension 8 » signifie dimension comme espace vectoriel sur les réels. Elle ne signifie ni huit dimensions géométriques de l'espace ordinaire, ni huit facteurs multipliés ensemble.

Pour aller plus loin

Le glossaire octonion prolonge cette fiche par l'étude de l'objet individuel, tandis que cette page insiste sur l'algèbre et sa construction par doublement. Cette lecture croisée aide à distinguer le nom d'un élément de la structure qui organise ses opérations.
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