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AnalyseNotion · Glossaire

Constante de Neper

La constante de Neper, notée e, est un nombre réel d'environ 2,71828 et la base du logarithme naturel. Elle est la valeur vers laquelle tend (1 + 1/n)^n quand n devient de plus en plus grand. On la rencontre notamment dans l'étude des phénomènes de croissance.
Convergence de la capitalisation fractionnée vers e Cinq valeurs calculées pour un, deux, quatre, douze et trois cent soixante-cinq périodes se rapprochent de la droite représentant e. n=1 n=2 n=4 n=12 n=365 Nombre de périodes n Capital après un an e ≈ 2,71828
Quand le nombre de périodes augmente, le capital calculé se rapproche de la limite e ≈ 2,71828 euros.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier e comme limite d'une suite et somme d'une série.
  • Recalculer la convergence sur un exemple de croissance répartie en périodes.
  • Distinguer le nombre e, son approximation et la fonction exponentielle.
  • Reconnaître les conditions qui rendent unique la fonction égale à sa dérivée.

En clair

Imaginez 1 euro qui double en un an. Si la croissance est ajoutée une seule fois, il devient 2 euros. Si elle est répartie en deux ajouts successifs, il devient 2,25 euros. En découpant l'année en toujours plus de périodes, le résultat se rapproche d'une valeur stable : 2,71828… Cette valeur est le nombre e, appelé constante de Neper.
Ce nombre apparaît naturellement lorsqu'une quantité grandit en proportion de sa valeur présente. Il joue pour l'exponentielle et le logarithme naturel le rôle que 10 joue dans l'écriture décimale.

Définition

La constante de Neper est le nombre réel positif noté e, de valeur approchée 2,71828. Elle est la base du logarithme naturel. Pour tout entier positif n, considérons le nombre obtenu en élevant 1 + 1/n à la puissance n. Lorsque n augmente sans borne, cette suite tend vers e : limn+(1+1n)n=e\lim_{n \to +\infty} \left(1+\frac{1}{n}\right)^n=e.
Une définition équivalente additionne les inverses des factorielles des entiers naturels :
e=k=0+1k!=1+1+12!+13!+e=\sum_{k=0}^{+\infty}\frac{1}{k!}=1+1+\frac{1}{2!}+\frac{1}{3!}+\cdots
Ici, le symbole k! désigne le produit des entiers de 1 à k, avec 0! = 1.
La fonction réelle x ↦ ex est l'unique fonction dérivable égale à sa propre dérivée et prenant la valeur 1 en 0. Le nombre e est transcendant : il n'est racine d'aucun polynôme non nul à coefficients entiers, résultat démontré par Hermite en 1873. Ces propriétés expliquent sa place centrale en analyse et dans les modèles de croissance.

Un exemple, pas à pas

Partons d'un capital fictif de 1 euro soumis à une croissance annuelle de 100 %, répartie en n périodes égales. À chaque période, le capital est multiplié par 1 + 1/n. Les données sont donc : capital initial 1 euro ; taux annuel 100 % ; nombre de périodes n ; durée totale un an.
Après n périodes, le capital en euros vaut :
Cn=(1+1n)nC_n=\left(1+\frac{1}{n}\right)^n
1. Avec une seule période, C1 = (1 + 1)1 = 2 euros.
2. Avec deux périodes, C2 = (1 + 1/2)2 = 2,25 euros.
3. Avec quatre périodes, C4 = (1 + 1/4)4 = 2,44140625 euros.
4. Avec douze périodes, C12 ≈ 2,61304 euros ; avec 365 périodes, C365 ≈ 2,71457 euros.
Les résultats se rapprochent de e ≈ 2,71828 euros lorsque n augmente. Le contrôle consiste à remplacer n par 1, 2 ou 4 dans la même formule : on retrouve exactement les trois premiers montants.

En pratique

Pour modéliser une croissance ajoutée à intervalles réguliers, on emploie le facteur (1 + 1/n)n. Lorsque le découpage devient idéalement continu, la limite e fournit le facteur correspondant après une unité de temps.
En analyse, ex est le choix naturel quand le taux de variation d'une quantité est égal à cette quantité. Si les accroissements sont décrits période par période, une suite discrète reste l'alternative adaptée.
Pour transformer une multiplication en addition, on utilise le logarithme naturel, de base e. Un logarithme d'une autre base convient plutôt lorsque le problème fixe explicitement cette autre base.

À ne pas confondre

Le nombre e et la fonction exponentielle. e est une constante, tandis que x ↦ ex est une fonction. À x = 1, la fonction prend la valeur e ; à x = 0, elle vaut 1.
e et une valeur approchée. 2,71828 est un arrondi décimal, pas une autre définition exacte du nombre. Un calcul symbolique conserve e ; un calcul numérique affiche une approximation dont il faut préciser la précision.
Logarithme naturel et logarithme en base 10. Le premier a pour base e ; le second a pour base 10. Le critère qui tranche est donc la base annoncée, même si les deux fonctions transforment des produits en sommes.

Limites et pièges

Une étape finie ne donne pas encore e. Pour n = 365, (1 + 1/n)n vaut environ 2,71457, et non 2,71828. Il faut écrire une approximation et réserver l'égalité à la limite lorsque n tend vers l'infini.
Le paramètre n doit suivre la définition. Dans la suite donnée, n est un entier strictement positif. n = 0 rend 1/n impossible ; on commence donc à n = 1.
L'égalité avec sa dérivée comporte une condition initiale. Plusieurs fonctions satisfont f′ = f, notamment x ↦ A ex pour une constante réelle A. La condition f(0) = 1 impose A = 1 et rend la fonction unique.
Une longue écriture décimale ne prouve pas la transcendance. Cette propriété signifie précisément qu'aucun polynôme non nul à coefficients entiers n'a e pour racine ; elle ne se déduit pas d'un arrondi.

Pour aller plus loin

La constante e devient pleinement opératoire lorsqu'elle sert de base à une fonction dont la dérivée reproduit exactement la valeur. Cette propriété relie croissance, calcul différentiel et logarithme naturel.
Fonction exponentielle — Pour prolonger la constante e vers la fonction x ↦ ex et son rôle dans les phénomènes de croissance.
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