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correspondance entre Pascal et Fermat
La correspondance entre Pascal et Fermat étudie le problème des partis : lorsque deux joueurs interrompent une partie avant son terme, la mise doit être partagée selon les probabilités que chacun aurait de gagner si le jeu se poursuivait. Le calcul suppose que les règles et le score sont connus et que les coups futurs ont des probabilités déterminées ; il fonde ainsi le partage sur les issues encore possibles plutôt que sur les seuls points acquis.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier le problème des partis et son contexte de 1654.
- Distinguer le dénombrement de Fermat du raisonnement par récurrence de Pascal.
- Vérifier sur une mise de 64 unités un partage de 48 unités contre 16.
- Repérer les hypothèses qui rendent le calcul valable.
En clair
En 1654, deux joueurs arrêtent une partie avant la victoire finale. Comment partager leur mise sans avantager celui qui mène ni celui qui peut encore revenir ? Le Chevalier de Méré soumet cette question à Pascal.
Pascal en discute par lettres avec Fermat. Au lieu de regarder seulement les points déjà marqués, ils examinent ce qui pourrait encore arriver. Fermat compte les suites possibles ; Pascal remonte le problème étape par étape. Leurs voies différentes conduisent au même partage et ouvrent la voie au calcul des probabilités.
Définition
La correspondance entre Pascal et Fermat est l'échange scientifique de 1654 consacré au problème des partis. Deux joueurs ont engagé une mise, mais leur partie s'interrompt avant que l'un atteigne le nombre de points fixé. Il faut alors déterminer un partage équitable en tenant compte de la situation acquise et des chances de victoire encore possibles.
Fermat traite le problème par analyse combinatoire : il dénombre les suites de résultats susceptibles d'achever la partie. Pascal raisonne par récurrence : à partir d'une situation donnée, il relie la valeur équitable des mises aux situations qui peuvent suivre. Ces deux méthodes donnent le même résultat lorsqu'elles reposent sur les mêmes règles et les mêmes chances pour chaque issue.
L'enjeu conceptuel dépasse le simple partage d'argent. Une décision présente est fondée sur des événements futurs incertains, mais organisés en cas que l'on peut comparer. C'est pourquoi cet échange épistolaire est reconnu comme un acte fondateur du calcul des probabilités.
Où on le rencontre
On rencontre cet épisode dans l'histoire des mathématiques, à la date de 1654, sous la forme d'une correspondance entre Blaise Pascal et Pierre de Fermat. Quatre marqueurs permettent de l'identifier : le Chevalier de Méré pose la question initiale, une partie est interrompue, les mises doivent être partagées, et deux méthodes sont comparées. Fermat mobilise l'analyse combinatoire ; Pascal développe un raisonnement par récurrence. La trace actuelle de cet échange est son statut d'acte fondateur du calcul des probabilités.
Le mode d'emploi
Pour lire un problème des partis, on cherche la part de la mise correspondant aux chances de victoire de chaque joueur au moment de l'arrêt. Premièrement, on note le nombre de victoires qui manque à chacun. Deuxièmement, on précise les résultats possibles d'une manche et leurs chances. Troisièmement, on énumère les suites assez longues pour qu'un gagnant soit nécessairement connu. Enfin, on attribue chaque suite au vainqueur correspondant.
La convention essentielle est de conserver les mêmes règles pour toutes les branches. Le score visible peut faire croire qu'un partage proportionnel aux points déjà gagnés suffit. Or le bon réflexe consiste à regarder aussi le nombre de chemins futurs qui mènent chaque joueur à la victoire.
Un exemple, pas à pas
Deux joueurs A et B se disputent 64 unités. Chaque manche a un vainqueur, A ou B, avec une chance sur deux pour chacun. La partie s'arrête dès qu'A gagne encore une manche ou que B en gagne encore deux.
Données. Mise totale : 64 unités.
Victoires encore nécessaires : une pour A, deux pour B.
Horizon de calcul : au plus deux manches.
Suites équiprobables sur deux manches : AA, AB, BA et BB.
Victoires encore nécessaires : une pour A, deux pour B.
Horizon de calcul : au plus deux manches.
Suites équiprobables sur deux manches : AA, AB, BA et BB.
1. Dans les suites AA et AB, A gagne dès la première manche. La seconde lettre est un prolongement fictif qui permet de comparer des suites de même longueur sans changer le vainqueur.
2. Dans BA, B gagne d'abord, puis A remporte la partie. Seule la suite BB donne la victoire à B. A gagne donc trois suites sur quatre, et B une suite sur quatre.
3. La part d'A vaut unités, et celle de B vaut unités. Contrôle : 48 + 16 = 64, la mise totale est entièrement répartie.
En pratique
Dans un récit d'histoire des mathématiques, cette correspondance relie une question de jeu à la naissance du calcul des probabilités. On repère la date, les interlocuteurs, le problème posé et la différence entre leurs méthodes.
Pour résoudre une partie interrompue comportant peu de manches possibles, on peut énumérer toutes les suites futures, comme Fermat. Cette approche est préférable lorsque l'arbre des possibilités reste assez petit pour être contrôlé.
Lorsque les situations se répètent selon la même règle, on peut relier chaque état aux suivants, dans l'esprit du raisonnement de Pascal. Ce choix évite de recopier séparément de nombreuses suites qui partagent les mêmes étapes.
À ne pas confondre
La correspondance et le problème des partis. La correspondance est l'échange scientifique entre Pascal et Fermat en 1654 ; le problème des partis est la question mathématique discutée dans cet échange. Un texte qui demande comment partager une mise décrit le problème. Un texte qui compare les démarches des deux mathématiciens décrit la correspondance.
Analyse combinatoire et récurrence. La première compte les suites possibles ; la seconde relie une situation aux situations suivantes. Dans l'exemple à 64 unités, l'énumération AA, AB, BA, BB signale l'approche combinatoire. Un calcul qui remonte de chaque état futur vers l'état présent signale l'approche par récurrence.
Limites et pièges
Des issues non équiprobables. Compter les suites ne suffit que si elles ont la même probabilité. Si A n'a pas une chance sur deux de gagner une manche, le symptôme est qu'une branche pèse davantage qu'une autre. Il faut alors pondérer chaque suite par sa probabilité au lieu de compter seulement les cas.
Un prolongement fictif mal interprété. Dans l'exemple, les suites AA et AB continuent après la victoire acquise par A. Cette seconde manche n'est pas réellement jouée : elle sert uniquement à obtenir quatre suites de même longueur. Il faut conserver le premier instant où le vainqueur est déterminé.
Un partage fondé sur le seul score. Deux scores identiques ne donnent une règle exploitable que si les conditions futures sont aussi précisées. Si les règles ou les chances diffèrent entre les joueurs, le score ne révèle pas à lui seul la valeur équitable. Il faut d'abord établir les issues possibles et leurs probabilités.
Pour aller plus loin
L'analyse combinatoire approfondit la méthode de dénombrement associée ici à Fermat et aide à organiser les suites possibles sans omission ni double comptage.
On peut ensuite reprendre le même problème avec des chances de victoire inégales. Les branches ne se comptent plus seulement : elles se pondèrent, ce qui fait apparaître la différence entre dénombrement et calcul de probabilité.
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