Probabilités et statistiquesNotion · Glossaire
Erlang Agner
Agner Krarup Erlang est un mathématicien et statisticien danois qui a appliqué les probabilités au trafic téléphonique afin de relier une demande aléatoire à la capacité nécessaire d’un réseau. Ses travaux ont fondé la théorie des files d’attente, essentielle pour dimensionner des systèmes où des demandes arrivent de façon irrégulière et peuvent devoir attendre.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer les étapes du parcours d'Agner Krarup Erlang présentes dans la source.
- Relier ses recherches téléphoniques aux probabilités et à la théorie des files d'attente.
- Calculer une intensité moyenne de 1 erlang à partir de durées d'appels.
- Distinguer la personne, l'unité de trafic, la distribution de probabilité et le langage de programmation.
En clair
En 1908, Agner Krarup Erlang rejoint la Compagnie de téléphone de Copenhague. Le problème est très concret : combien de communications un réseau peut-il absorber sans être débordé quand le nombre d'usagers augmente ?
Erlang transforme les appels en grandeurs que l'on peut compter et comparer : leur fréquence, leur durée et l'occupation qu'ils produisent. Les probabilités relient alors un trafic irrégulier à la capacité nécessaire. Cette démarche fonde la théorie des files d'attente. Elle explique aussi pourquoi son nom désigne aujourd'hui une mesure du trafic, une distribution de probabilité et un langage de programmation.
Définition
Agner Krarup Erlang (1878-1929) est un mathématicien et statisticien danois. Instruit d'abord par son père enseignant, il étudie les mathématiques, la physique, la chimie et l'astronomie à l'université de Copenhague. Hieronimus Zeuthen et Christian Juel l'initient notamment à la géométrie. Il obtient son diplôme en 1901, puis se tourne vers les probabilités.
À partir de 1908, à la Compagnie de téléphone de Copenhague, Erlang applique les travaux de Poisson et la loi des événements rares au dimensionnement des réseaux. Son enjeu est de relier la demande aléatoire de communications à une capacité de service. Cette recherche fonde la théorie des files d'attente, qui étudie l'arrivée de demandes, leur attente éventuelle et les ressources qui les prennent en charge.
Son nom désigne aussi l'erlang, unité sans dimension d'intensité du trafic téléphonique. Sur une durée d'observation T, si les durées des N communications sont notées d1, d2, …, dN dans la même unité que T, l'intensité moyenne observée A est :
Une occupation cumulée de 60 minutes pendant une heure vaut ainsi 1 erlang. La distribution d'Erlang est, elle, une loi de probabilité continue utilisée en modélisation. Enfin, Erlang est le nom d'un langage de programmation développé par Ericsson : l'unité, la distribution et le langage ne sont pas la personne.
Un exemple, pas à pas
Un réseau enregistre 30 communications pendant une période d'observation de 60 minutes. Pour garder le calcul lisible, chaque communication dure exactement 2 minutes. On cherche l'intensité moyenne observée A.
1. Les 30 durées sont exprimées dans la même unité que la période : la minute.
2. L'occupation cumulée vaut 30 × 2 = 60 minutes.
3. On divise cette occupation par les 60 minutes observées : . Le trafic moyen vaut donc 1 erlang.
4. Le contrôle consiste à revenir aux durées : 1 × 60 minutes redonne bien 60 minutes d'occupation cumulée. Le schéma rassemble les 30 durées en une barre complète ; il représente une moyenne sur l'heure, pas l'ordre réel des appels.
En pratique
Pour dimensionner un réseau téléphonique, compter les appels ne suffit pas : leur durée change l'occupation totale. L'intensité en erlangs est préférable lorsque l'on veut comparer cette occupation à une capacité de service.
Lorsque des demandes arrivent de façon irrégulière et peuvent attendre, la théorie des files d'attente relie le trafic au service disponible. Une simple moyenne convient moins si la question porte sur l'attente ou sur le risque de saturation.
Pour modéliser des durées aléatoires continues, la distribution d'Erlang constitue un objet probabiliste distinct. Le contexte tranche : un nombre exprimant une occupation est un trafic en erlangs ; une loi servant à modéliser une variable aléatoire est une distribution.
À ne pas confondre
Agner Erlang et l'erlang. Agner Krarup Erlang est la personne née en 1878 ; l'erlang est l'unité sans dimension du trafic téléphonique. Dans l'exemple, « 1 erlang » est une mesure, pas un nom de mathématicien.
Erlang et distribution d'Erlang. Le premier peut désigner l'unité de trafic, tandis que la seconde est une loi de probabilité continue. La présence d'une intensité d'occupation ou d'une variable aléatoire permet de trancher.
Théorie des files d'attente et langage Erlang. La théorie étudie mathématiquement des demandes et des ressources de service. Le langage, développé par Ericsson, est un outil de programmation ; partager un nom ne leur donne pas la même définition.
Limites et pièges
Une moyenne ne décrit pas les pointes. Deux heures peuvent totaliser chacune 60 minutes d'occupation et valoir 1 erlang, tout en répartissant les appels différemment. Pour étudier une saturation, il faut conserver la dynamique des arrivées et du service.
La période d'observation compte. Dans l'exemple, le dénominateur est exactement 60 minutes. Remplacer cette heure par une autre durée sans recalculer le total observé produit une intensité incohérente ; les durées doivent aussi employer la même unité.
Un erlang n'est pas un appel. Trente appels de deux minutes donnent ici 1 erlang, comme vingt appels de trois minutes sur la même heure. Le nombre de communications et leur occupation moyenne sont deux informations différentes.
Le calcul seul ne valide pas un modèle probabiliste. L'égalité A = 1 décrit l'occupation moyenne du jeu de données. Elle ne suffit pas à établir que les arrivées suivent une loi de Poisson ni qu'une distribution d'Erlang convient aux durées.
Pour aller plus loin
loi de Poisson — Retrouver le modèle d'événements rares sur lequel Erlang appuie ses recherches.
loi exponentielle — Prolonger l'étude de durées aléatoires continues utilisées dans les modèles d'attente.
variable aléatoire — Préciser l'objet mathématique dont une distribution décrit les valeurs possibles.
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