Histoire et cultureNotion · Glossaire
Fior Antonio Maria
Antonio Maria del Fiore est un mathématicien qui connaissait une méthode de résolution limitée aux équations cubiques sans terme quadratique. Son échec face à Tartaglia sur une autre famille de cubiques montre qu’une méthode efficace sur une forme particulière ne résout pas nécessairement toutes les équations du troisième degré.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer Antonio Maria del Fiore dans l'algèbre de la Renaissance italienne.
- Identifier la forme d'équation cubique couverte par la méthode transmise par del Ferro.
- Reconstituer les deux temps du défi contre Tartaglia.
- Distinguer un cas particulier d'une méthode générale pour les équations cubiques.
En clair
Dans l'Italie de la Renaissance, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe, des mathématiciens s'affrontent par problèmes interposés. Antonio Maria del Fiore possède une méthode transmise par son maître, Scipione del Ferro. Elle résout une certaine forme d'équation du troisième degré.
Del Fiore croit cet avantage décisif et défie Tartaglia. Mais Tartaglia résout tous les problèmes reçus, tandis que del Fiore échoue devant une autre forme d'équation cubique. Le duel montre ainsi qu'une méthode efficace sur une famille précise ne résout pas automatiquement toutes les équations du même degré.
Définition
Antonio Maria del Fiore est un mathématicien italien actif à la charnière des XVe et XVIe siècles. Élève de Scipione del Ferro, il reçoit de son maître une méthode de résolution pour une famille particulière d'équations cubiques. Dans cette écriture, la lettre x désigne l'inconnue, tandis que les lettres p et q désignent des paramètres : . L'absence de terme en x² caractérise la forme décrite par la source.
Les défis mathématiques publics servent alors à établir la réputation des savants. Del Fiore affirme être seul capable de résoudre les équations du troisième degré et propose à Tartaglia une série de problèmes relevant de la forme qu'il connaît. Tartaglia les résout tous. En retour, il soumet des équations de la forme , devant lesquelles del Fiore échoue.
Cet épisode ne présente donc pas del Fiore comme l'auteur d'une méthode générale pour toutes les équations cubiques. Il illustre au contraire la différence entre maîtriser un cas particulier et savoir traiter plusieurs formes. Le développement ultérieur de ces questions est associé dans la source à Pacioli, del Ferro, Tartaglia, Cardan, Ferrari et Bombelli.
Un exemple, pas à pas
Reprenons le défi raconté par la source. Deux familles d'équations sont en jeu, avec x pour inconnue et p et q pour paramètres. La première ne comporte pas de terme en x² ; la seconde en comporte un, mais pas de terme en x.
Données : del Fiore connaît la méthode transmise par del Ferro pour ; Tartaglia reçoit les problèmes de cette forme ; il oppose ensuite à del Fiore la forme . Le schéma associé permet de comparer les deux écritures et les résultats du défi.
1. Repérer le terme x² dans la première famille : il est absent.
2. Constater que Tartaglia résout la totalité des problèmes proposés par del Fiore.
3. Repérer le terme en x dans la seconde famille : il est absent, tandis qu'un terme en x² apparaît.
4. Constater que del Fiore ne résout pas cette seconde série.
2. Constater que Tartaglia résout la totalité des problèmes proposés par del Fiore.
3. Repérer le terme en x dans la seconde famille : il est absent, tandis qu'un terme en x² apparaît.
4. Constater que del Fiore ne résout pas cette seconde série.
Le contrôle est purement structurel : les deux écritures sont bien de degré trois, car leur plus forte puissance de x est x³, mais elles n'ont pas les mêmes termes. Le résultat du défi établit seulement, dans le récit source, que la méthode détenue par del Fiore couvrait la première forme et non la seconde.
En pratique
Pour lire un récit sur del Fiore, commencez par identifier la chaîne de transmission : del Ferro enseigne la méthode à del Fiore. Cette distinction évite d'attribuer au disciple l'origine de la procédure.
Devant une équation citée dans ce contexte, observez quels termes figurent entre x³ et la constante. S'il n'y a pas de terme en x², elle appartient à la famille connue de del Fiore selon la source ; si le terme en x est absent et que x² apparaît, elle correspond à la famille utilisée par Tartaglia pour le mettre en difficulté.
Pour évaluer l'affirmation publique de del Fiore, préférez le résultat observable du défi à sa réputation annoncée : Tartaglia résout tous les problèmes reçus, mais del Fiore ne résout pas ceux de son adversaire. Ce contraste révèle la portée limitée de son savoir-faire.
À ne pas confondre
Antonio Maria del Fiore et Scipione del Ferro. Del Ferro est le maître qui transmet la méthode ; del Fiore est l'élève qui l'utilise dans ses défis. Le sens de cette transmission suffit à distinguer leurs rôles.
Del Fiore et Tartaglia. Del Fiore lance le défi avec la famille d'équations qu'il sait traiter. Tartaglia est son adversaire : il résout cette série, puis propose une autre forme que del Fiore ne sait pas résoudre.
Une équation cubique et la forme particulière connue de del Fiore. Une puissance maximale égale à trois indique le degré cubique. L'écriture sans terme en x² ne représente ici qu'un cas particulier, pas l'ensemble des équations du troisième degré.
Limites et pièges
Prendre « cubique » pour une forme unique. Le symptôme est de traiter comme le modèle de toute équation du troisième degré. Il faut vérifier les termes présents : la méthode évoquée ne couvre que la forme sans terme en x².
Confondre vantardise et résultat établi. Del Fiore se présente comme le seul capable de résoudre les équations du troisième degré, mais l'échec face à la série de Tartaglia contredit cette portée générale. Il faut distinguer la déclaration publique de la compétence effectivement montrée.
Déduire une chronologie trop précise. La source situe del Fiore à la fin du XVe siècle et au début du XVIe, sans dater exactement le défi. Il faut conserver cette fourchette au lieu d'inventer une année.
Attribuer le même rôle à tous les noms cités. Pacioli, del Ferro, Tartaglia, Cardan, Ferrari et Bombelli sont associés à l'approfondissement de ces questions, mais la source ne détaille pas ici l'apport de chacun. Il faut consulter leurs notices avant toute attribution particulière.
Pour aller plus loin
cubique — Situer le degré trois et replacer les deux formes du défi dans la famille des équations cubiques.
Ferro Scipione del — Identifier le maître de del Fiore et la provenance de la méthode transmise.
Tartaglia Nicolo Fontana — Suivre le parcours de l'adversaire qui résout les problèmes de del Fiore.
Cardan Jérôme — Prolonger l'histoire de l'algèbre de la Renaissance par l'un des mathématiciens cités.
Bombelli Raffaele — Découvrir un autre acteur retenu par l'histoire de l'approfondissement des équations cubiques.
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