Probabilités et statistiquesObjet mathématique · Glossaire
fonction d'erreur
Pour tout nombre complexe z, la fonction d'erreur est définie par erf(z) = (2/√π) ∫₀ᶻ e^(−ζ²) dζ. Sur les réels, elle décrit une transition croissante entre les limites −1 et 1 et relie cette intégrale à la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Lire la définition intégrale de erf et le rôle de chacun de ses éléments.
- Calculer erf(1), erfc(1) et la valeur correspondante de Φ.
- Distinguer erf, erfc et la fonction de répartition normale.
- Repérer la restriction aux entrées réelles de l’encadrement entre −1 et 1.
En clair
Imaginez une courbe qui part près de −1, passe exactement par 0, puis se rapproche de 1. La fonction d’erreur, notée erf, associe à chaque nombre réel une position sur cette transition. Deux entrées opposées donnent deux résultats opposés.
Cette transition apparaît notamment derrière la loi normale. La fonction complémentaire erfc mesure ce qui reste jusqu’à 1 : si erf vaut 0,84 environ, erfc vaut 0,16 environ.
Définition
La fonction d’erreur, notée erf et aussi appelée fonction d’erreur de Gauss, est définie pour tout nombre complexe z. La lettre grecque ζ désigne la variable d’intégration. Sa définition est .
Pour une entrée réelle, erf prend ses valeurs dans [−1 ; 1]. Elle vaut 0 à l’origine et elle est impaire : . Quand l’entrée réelle tend vers plus l’infini, sa valeur tend vers 1. La fonction complémentaire, notée erfc, est définie sur le même domaine par .
La lettre grecque Φ désigne la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. Le lien entre les deux fonctions est . Le facteur √2 change donc l’échelle de l’entrée, tandis que le facteur 1/2 et l’addition de 1 transforment les valeurs de erf.
De quoi c'est fait
La définition assemble cinq éléments. L’argument z fixe la borne d’arrivée de l’intégrale, tandis que 0 en est la borne de départ. La variable ζ parcourt l’intervalle d’intégration. L’expression exponentielle fournit la quantité accumulée. Enfin, le coefficient normalise cette accumulation.
La borne z et l’intégrande déterminent ensemble la valeur de l’intégrale ; le coefficient transforme ensuite cette valeur en erf(z). Pour les réels, l’intégrande est positif : la courbe monte de −1 vers 1 et traverse l’origine. La courbe proposée rend visibles cette progression, l’imparité et la valeur calculée pour z = 1. Ces données suffisent aussi à obtenir erfc(z) par soustraction à 1.
Un exemple, pas à pas
On cherche erf(1), sa valeur complémentaire et la valeur correspondante de la fonction de répartition normale. Les données sont l’entrée z = 1, le coefficient 2/√π ≈ 1,128379 et l’intégrale numérique .
1. Multipliez l’intégrale par le coefficient : .
2. Soustrayez ce résultat à 1 : .
3. Dans la relation avec la loi normale, l’entrée √2 donne √2/√2 = 1. Ainsi, .
Le contrôle consiste à additionner les deux valeurs complémentaires : 0,842701 + 0,157299 = 1. L’imparité donne aussi erf(−1) ≈ −0,842701.
En pratique
En probabilités, on emploie la relation avec Φ lorsqu’une question porte sur la loi normale centrée réduite. Le facteur √2 indique comment convertir l’entrée avant de lire erf.
En physique thermique, la fonction d’erreur intervient dans l’étude de l’équation de la chaleur. La forme complémentaire erfc est préférable lorsque la quantité suivie décroît vers 0 plutôt qu’elle ne croît vers 1.
En électromagnétisme et en traitement du signal, erf sert à décrire une transition lissée. Le choix entre erf et erfc dépend alors du sens observable de la transition : montée vers 1 ou reste décroissant jusqu’à 0.
À ne pas confondre
Une erreur de mesure. Une erreur compare une valeur observée à une référence. La fonction erf est au contraire une fonction spéciale définie par une intégrale. L’entrée 1 produit ainsi un nombre voisin de 0,842701, sans représenter automatiquement un écart de mesure.
La fonction de répartition Φ. Les deux fonctions sont liées, mais leurs entrées ne coïncident pas directement. Pour obtenir Φ(z), il faut évaluer erf en z/√2, puis ajouter 1 et diviser par 2. À l’origine, erf(0) = 0 tandis que Φ(0) = 1/2.
La fonction complémentaire erfc. Erfc n’est pas une autre convention pour erf : elle vaut exactement 1 − erf. À z = 1, les valeurs approchées 0,157299 et 0,842701 les distinguent et leur somme fournit le contrôle.
Limites et pièges
Le domaine complexe. L’encadrement entre −1 et 1 vaut pour une entrée réelle. Il ne faut pas l’appliquer automatiquement à un nombre complexe ; dans ce cas, il faut revenir à la définition intégrale sur les complexes.
Une limite n’est pas une valeur finie. L’écriture erf(+∞) = 1 décrit le comportement lorsque l’entrée réelle grandit sans borne. Elle ne signifie pas qu’un seuil réel fini, comme z = 1, donne déjà 1 : erf(1) vaut environ 0,842701.
Un arrondi n’est pas une identité. Les valeurs 0,842701 et 0,157299 sont approchées. Dans un contrôle numérique, il faut conserver le signe ≈ et une précision commune ; les identités exactes restent erfc(z) = 1 − erf(z) et erf(−z) = −erf(z).
Pour aller plus loin
La fiche fonction de répartition précise le rôle de Φ dans le calcul des probabilités cumulées.
La fiche loi normale centrée réduite replace la transformation par √2 dans son cadre probabiliste.
La fiche équation de la chaleur prolonge l’usage thermique mentionné dans la définition.
L’article À la base du traitement du signal situe l’un des domaines où apparaît cette transition lissée.
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