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ArithmétiqueNotion · Glossaire

nombre p-adique

Un nombre p-adique prolonge une écriture en base p, éventuellement avec une infinité de chiffres à gauche des unités. Les entiers p-adiques forment l'ensemble ℤₚ ; les nombres p-adiques à virgule forment ℚₚ. Leur métrique mesure la proximité par la divisibilité, selon le nombre premier p choisi.
101 en base 3 et ses poids de position Les chiffres 1, 0 et 1 portent les poids 9, 3 et 1. La somme des contributions donne 10. 1 0 1 poids 9 poids 3 poids 1 10
La figure montre que les chiffres 1, 0 et 1 portent les poids 9, 3 et 1, dont la somme vaut 10.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir un nombre p-adique et les ensembles ℤₚ et ℚₚ.
  • Lire et vérifier une écriture en base 3.
  • Comprendre le rôle de la métrique p-adique et ses limites.

En clair

Écrire un entier en base 3 consiste à répartir sa valeur entre des unités, des paquets de 3 et des paquets de 9. Ainsi, 10 s'écrit 1013 : un paquet de 9, aucun paquet de 3 et une unité.
Un nombre p-adique prolonge cette écriture vers la gauche sans imposer qu'elle s'arrête. La métrique p-adique juge deux nombres proches lorsqu'ils ont longtemps les mêmes chiffres en partant des unités, et non lorsqu'ils sont proches sur une droite graduée ordinaire.

Définition

Pour un nombre premier p, un entier p-adique est une écriture en base p dont les chiffres se prolongent éventuellement indéfiniment vers la gauche du signe des unités. L'ensemble de ces entiers est noté ℤp. Les nombres p-adiques à virgule forment l'ensemble noté ℚp ; ils peuvent avoir une infinité de chiffres à gauche de la virgule et seulement un nombre fini à droite.
La lettre p désigne donc la base choisie, et p doit être un nombre premier. La métrique p-adique associe la proximité à la divisibilité par des puissances de p : plus la différence de deux nombres est divisible par une grande puissance de p, plus ces nombres sont proches pour cette métrique. Cette notion de proximité n'est pas celle de la valeur absolue usuelle, et les propriétés obtenues dépendent du premier p.
Pour l'exemple en base 3, les chiffres 1, 0 et 1 occupent respectivement les positions de valeur 9, 3 et 1. La décomposition correspondante est :
1×32+0×31+1×30=101\times 3^2+0\times 3^1+1\times 3^0=10

Un exemple, pas à pas

On veut lire l'écriture 1013 et vérifier la valeur de l'entier qu'elle représente. Les données sont la base p = 3 et les trois chiffres 1, 0 et 1, lus de gauche à droite.
Le chiffre des unités vaut 1 et contribue pour 1 × 30 = 1.
Le chiffre suivant vaut 0 et contribue pour 0 × 31 = 0.
Le chiffre suivant vaut 1 et contribue pour 1 × 32 = 9.
En additionnant les contributions, on obtient 9 + 0 + 1 = 10. Le contrôle consiste à reconvertir 10 : 10 = 1 × 9 + 0 × 3 + 1, donc l'écriture 1013 est vérifiée.

En pratique

En arithmétique, on choisit un nombre premier p pour examiner les entiers selon leurs divisibilités successives par p. La métrique p-adique devient pertinente lorsque ces congruences comptent davantage que l'écart usuel entre les valeurs.
Pour voir le critère à l'œuvre, comparons 10 et 1 dans le point de vue 3-adique : leur différence vaut 9, qui est divisible par 3 puis par 32, mais pas par 33. Ils sont donc proches pour la métrique 3-adique ; sur la droite réelle, leur distance vaut pourtant 9, tandis que 10 et 9 ne sont séparés que d'une unité.

À ne pas confondre

Un nombre p-adique ne se confond pas avec un nombre écrit en base p au sens usuel. Une écriture finie comme 1013 représente ici l'entier 10, tandis que la construction p-adique autorise des développements infinis vers la gauche et une métrique fondée sur la divisibilité. Le critère qui tranche est donc la structure et la notion de distance considérées, pas la seule présence de chiffres en base p.
Les entiers p-adiques ℤp ne sont pas non plus tout l'ensemble des nombres p-adiques ℚp. Le premier regroupe les écritures sans partie fractionnaire p-adique, alors que le second autorise une partie à droite de la virgule, en nombre fini selon la définition fournie.

Limites et pièges

Le symbole p n'est pas une base arbitraire : dans cette notion, p doit être premier. Employer directement une base composée change le cadre ; il faut alors préciser une autre théorie ou décomposer l'étude selon ses facteurs premiers.
Une écriture p-adique infinie vers la gauche ne doit pas être lue comme une décimale ordinaire prolongée sans fin. Le symptôme est l'emploi de la valeur absolue usuelle pour décider de la proximité. Il faut examiner la divisibilité de la différence par p, puis par p2, p3, et ainsi de suite.
La partie à droite de la virgule obéit à une condition distincte de celle de la partie gauche : la définition donnée autorise une infinité de chiffres à gauche, mais seulement un nombre fini à droite. Une écriture qui inverse cette description ne représente pas le cas annoncé.

Pour aller plus loin

Le prolongement naturel consiste à étudier comment la métrique p-adique transforme la notion de convergence. Une suite peut devenir de plus en plus précise lorsqu'elle stabilise ses chiffres de faible rang, même si ses valeurs ne se rapprochent pas au sens usuel. Cette perspective ouvre vers l'étude des complétions et de l'arithmétique p-adique.
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